?

Aide à la visualisation


Visualisation

Plein écran :
F11


Taille des caractéres

Augmenter :
Ctrl (pomme) (+) +

Diminuer :
Ctrl (pomme) (+) -

Communiqué sur l’avenir de l’enseignement de la philosophie au lycée et à l’université: se préparer à une mobilisation

Rumeurs alarmantes sur l’avenir de l’enseignement de la philosophie au lycée et à l’université :

se préparer à une mobilisation

De nombreux médias se font l’écho d’un projet de réforme du lycée qui conduirait à un affaiblissement sans précédent de l’enseignement de la philosophie au lycée, et, par voie de conséquence, dans le Supérieur.

Aurait ainsi été fixée une liste de neuf couples de « disciplines de spécialité », dans laquelle la philosophie n’apparaîtrait qu’une seule fois, associée aux lettres. Comme le démontre l’APPEP dans le courrier qu’elle a adressé le 10 janvier au président Mathiot, ce dispositif aurait pour effet mécanique de marginaliser l’enseignement de la philosophie au lycée.

Les médias évoquent par ailleurs l’hypothèse d’un horaire de philosophie en classe terminale inférieur à 4 heures pour tous les élèves. Or c’est le seuil en deçà duquel l’enseignement de la philosophie ne peut être à la hauteur de son ambition, comme l’APPEP l’a récemment rappelé.

On parle même d’un « horaire universel du pauvre » de… 2 heures par semaine ! Les conséquences seraient catastrophiques pour tous, comme le savent les professeurs qui subissent aujourd’hui un tel horaire en séries technologiques. Une telle décision reviendrait à liquider l’enseignement de la philosophie en lycée, qui jouit pourtant d’un ancrage historique et d’une reconnaissance des élèves et du public.

Les élèves ne pourraient bénéficier d’un horaire décent de philosophie qu’au prix d’un choix difficile dans un dispositif complexe de « tronc commun », « majeures » et « mineures », où s’empileraient des programmes différents et où les disciplines seraient mises en concurrence.

Cette mise en concurrence est confirmée par le nouveau dispositif d’orientation Parcoursup, qui ne devrait prendre en compte que les disciplines « majeures » et celles qui seront évaluées en contrôle continu.

De telles orientations vont à l’encontre de ce qui était envisagé par la mission Mathiot lors de l’audition de l’APPEP. Et lors de l’audience qu’il avait accordée à l’APPEP, le ministre de l’Éducation nationale avait exprimé sa volonté de renforcer l’enseignement de la philosophie et non de le menacer.

C’est pourquoi l’APPEP espère que les rumeurs rapportées par la presse sont sans fondement.

L’APPEP a fait, dans son dernier rapport sur le baccalauréat et dans sa contribution adressée à la mission Mathiot, des propositions raisonnables d’amélioration de l’enseignement de la philosophie et des épreuves du baccalauréat. Elle demande que celles-ci soient prises en compte par la mission Mathiot.

Elle rappelle son opposition ferme et résolue à toute mise en concurrence des disciplines, des lycées et des universités. Une telle mise en concurrence est préjudiciable à tous.

L’enquête menée par l’APPEP à l’occasion de la session 2017 du baccalauréat, à laquelle plus de 500 professeurs de philosophie ont participé, a mis en évidence l’intensité de leur engagement professionnel, et leur détermination à défendre cet enseignement rigoureux et libre, qui favorise l’esprit critique et la formation du jugement. Il est plus que jamais indispensable.

Si les rumeurs alarmantes sur la mise en concurrence des disciplines et la marginalisation de l’enseignement de la philosophie étaient confirmées, l’APPEP se mobilisera avec toutes celles et tous ceux qui, grâce à la présence forte de cet enseignement, du lycée à l’université, rendent la philosophie populaire.

Paris, le 14 janvier 2018