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Rapport moral 2016-2017

Comme les précédentes, l’année 2016-2017 fut chargée et je tiens à remercier les membres du Bureau national, sans qui l’APPEP ne pourrait mener à bien aucune de ses activités.

Les actions de l’association

Le numéro hors-série Professeur de philosophie, entrer dans le métier

Ce numéro a été largement distribué l’année dernière et a atteint la majorité des collègues stagiaires. Il a été plus difficile de joindre les contractuels recrutés en cours d’année, le Ministère ayant refusé de nous aider à contacter nos nouveaux collègues. La distribution a reposé sur le travail des Régionales, ce qui a permis un premier contact de leurs responsables avec les nouveaux arrivants. Là où les Régionales de l’APPEP n’existent plus ou n’ont plus aucune activité, nous sommes passés par des adhérents ou des stagiaires qui furent d’efficaces relais. Les messages de remerciements reçus des lecteurs de ce numéro confirment le bien-fondé de cette initiative. Nous disposons d’exemplaires pour en offrir aux stagiaires et contractuels des deux années à venir.

Le questionnaire et le rapport sur le Baccalauréat

Nous avons publié en janvier le deuxième rapport sur le baccalauréat depuis que nous avons décidé de renouer le fil de la tradition, instaurée par Anne Souriau, d’un questionnaire sur l’examen.

Il n’y a pas lieu de répéter les leçons et les propositions tirées du dépouillement du questionnaire. Retenons seulement que nos collègues, aussi attachés au baccalauréat soient-ils, jettent sur son déroulement un regard critique. Il nous faudra dans les mois qui viennent prendre appui sur ce travail considérable, pour lequel il faut remercier Pierre Hayat, afin de prendre part au débat qui s’annonce sur la réforme du Baccalauréat. Il revient aux Régionales de relayer auprès des autorités académiques les demandes et les propositions de l’APPEP, ce qu’elles ont très largement fait cette année. Merci à leurs présidents.

L’Inspection générale de philosophie ne souhaite toujours pas nous recevoir afin que nous lui présentions ce rapport et ses propositions. En revanche, nous avons été reçus par une mission de l’Inspection générale chargée d’une étude sur les examens et par le cabinet de la Ministre.

Le questionnaire sur la session 2017 est plus resserré : il n’est pas utile de reposer certaines questions structurelles, pour lesquelles les réponses des années passées sont sans ambiguïté, et nous ne voulons pas, par une longue série de questions, lasser la patience de nos collègues. Ceux-ci sont d’ores et déjà plus nombreux à y répondre avec sérieux et précision, ce qui accroîtra sa représentativité et sa crédibilité.

La réforme de l’épreuve dans la série STHR

L’APPEP a été consultée par la DGESCO et l’Inspection générale sur de nouvelles épreuves proposées aux élèves de la série STHR (Sciences et technologies de l’hôtellerie et de la restauration), série en pleine rénovation. Si nous nous réjouissons d’être ainsi associés à une redéfinition de l’épreuve, nous regrettons l’urgence qui nous a été imposée, alors qu’elle aurait très aisément pu être évitée. Nous regrettons également que les associations professionnelles (APPEP et ACIREPh), consultées avant les syndicats, ne l’aient pas été en même temps, ce qui aurait permis un travail plus constructif et plus transparent. Nous craignons surtout que la définition d’une nouvelle épreuve de composition n’alourdisse le travail des élèves et de leurs professeurs, et contredise le but affiché d’adapter les épreuves. Nous devons être vigilants à ce que cette nouvelle épreuve ne soit pas étendue aux autres séries sans un bilan auquel l’APPEP demande à être associée. Ces transformations en catimini ne sont pas à la hauteur de la demande massive des professeurs de philosophie de revoir l’épreuve en séries technologiques.

La pétition relative à la liberté pédagogique des professeurs

Après avoir reçu un IPR honoraire pour l’écouter sur une lettre ouverte adressée à l’Inspection, l’APPEP a décidé de signer la pétition que ce même IPR a lancée au printemps, car elle la considère comme le révélateur d’une défiance regrettable qui s’est installée entre l’Inspection générale et la profession.

Il est grand temps que les fils d’un dialogue véritable avec l’Inspection générale soient renoués. Nous espérons que la nomination d’un nouveau doyen à la rentrée prochaine le permettra.

Colloques

Il y eut, cette année encore, deux journées d’étude de l’APPEP. La première, sur l’EMC, présentait l’originalité d’être organisée en commun avec l’Association des professeurs d’histoire-géographie. Elle a confirmé la complémentarité de nos deux disciplines et a déjoué les tentatives de les mettre en concurrence. Merci à Marie Perret d’avoir pris la responsabilité de son organisation en partenariat avec Marc Charbonnier. Il nous faut toutefois ici exprimer le regret que la captation vidéo de la journée, souhaitée et réalisée par l’APHG, n’ait finalement pas été mise en ligne.

La seconde était destinée à tirer un premier bilan de la « réflexion sur l’enseignement de la philosophie aujourd’hui et demain » engagée depuis l’année dernière. Cette journée, qui a réuni une cinquantaine de collègues, a été un franc succès. Les actes en sont publiés sur le site. Elle a mis en évidence le travail accompli par l’Association et la nécessité d’une évolution de notre enseignement, dans la continuation de ce qui le caractérise. Elle sera suivie d’une série de propositions que nous formulerons lors de l’AG du 2 décembre prochain.

Le Prix lycéen du livre de philosophie

En novembre 2016, le Prix fut remis à son premier lauréat, Frédéric Worms. Conformément à ce qui nous avait été proposé en juillet, cette cérémonie fut organisée au Ministère de l’Éducation nationale, en présence de la ministre et d’élèves. Cette reconnaissance de l’institution, également marquée par l’inscription du Prix sur la liste des « actions éducatives » du Ministère, est bienvenue, mais elle reste purement symbolique : l’aide matérielle promise n’est jamais venue.

Le Prix poursuit sa tranquille croissance et conquiert lentement son autonomie : le nombre de participants est passé de 300 à 750. Localement, des initiatives s’organisent autour de lui : lectures, rencontres, conférences, émissions de radio locales, etc. Ce succès confirme qu’il était judicieux de limiter la sélection à trois livres, au lieu de cinq la première année.

Soutien aux professeurs de philosophie marocains

À la suite du mouvement de protestation engagé par l’Association marocaine des enseignants de philosophie contre la réorientation de l’enseignement de la philosophie au Maroc, je suis entré en contact avec Abedelkarim Safir, son président, et l’APPEP a apporté un soutien résolu à nos collègues marocains. Grâce au travail efficace et précis de Mahjouba Mounaïm, nous avons traduit et publié les nombreux communiqués de l’AMEP. Nous poursuivrons dans les mois qui viennent nos échanges avec nos collègues marocains, notamment sur des questions pédagogiques.

Lien avec les associations et organisations professionnelles

L’APHG, qui devait cette année assurer le secrétariat de la Conférence, ne l’a pas réunie.

L’APPEP s’est associée au front intersyndical et interassociatif, constitué il y a quelques années à l’initiative de Simon Perrier, pour demander par une lettre à la ministre en janvier dernier, et par une pétition largement signée au moment du baccalauréat le rétablissement du dédoublement dans la voie technologique.

L’élection présidentielle

Face à des projets incertains concernant l’éducation et l’enseignement de la philosophie, le BN a décidé d’interpeller les candidats. Plutôt que de leur adresser un questionnaire écrit, il a préféré demander à les rencontrer avant le premier tour de l’élection présidentielle. Cette solution a l’avantage de permettre une discussion, mais elle est chronophage. Les forces du BN n’étant pas infinies, il était impossible de rencontrer les onze candidats. Nous avons donc limité nos demandes de rencontre aux candidats soutenus par des partis, ou à des personnalités inscrites de longue date dans le paysage politique, à l’exception de la candidate du Front national, parti politique que le Bureau se refuse à mettre sur le même plan que les autres.

Au lendemain du premier tour, l’APPEP a estimé qu’elle ne pouvait rester silencieuse, se refusant à voir dans la présence du Front national au second tour de l’élection présidentielle une simple péripétie de la vie politique française. Si j’en crois les messages reçus, cette décision inhabituelle a été largement approuvée par les adhérents de l’Association. Certains se sont étonnés de cette initiative, attendant de l’APPEP une neutralité qui n’est exigible que des institutions.

Les médias de l’association

Le site

Sa rénovation a enfin été entreprise. Sept prestataires ont été contactés sur la base d’un cahier des charges. Après examen des devis reçus, le Bureau a retenu celui qui lui semblait le plus propre à répondre aux besoins et aux moyens de l’Association. La nouvelle maquette transforme considérablement l’apparence du site et met en évidence la richesse de son contenu. L’accès aux anciens articles de la revue est enfin efficient, l’adhésion en ligne est de nouveau possible et la page d’accueil rend mieux compte de la multiplicité des activités de l’Association. Certaines informations et certaines ressources seront dorénavant réservées aux adhérents : par exemple des cours ou des corrigés de dissertation. Une lettre d’information sera créée. Nous espérons que cela suscitera des adhésions.

Le site doit être livré progressivement durant le mois d’août afin que Valérie Bonnet et moi-même puissions le prendre en main. Il sera pleinement opérationnel courant septembre. Cette rénovation représente un investissement financier substantiel pour l’Association. J’espère qu’après une inévitable période de rodage, il remplira pleinement sa fonction. Il ne doit pas seulement permettre une meilleure communication de l’Association, mais d’offrir des ressources réservées aux adhérents.

La revue

Le Comité de lecture, très efficacement dirigé par Bertrand Nouailles, reçoit de plus en plus d’articles, signe de la vitalité de la Revue. Un numéro thématique annuel, avec appel à contributions, sera dorénavant réalisé.

Afin d’améliorer les finances de l’Association, il serait bon d’offrir la possibilité à des éditeurs ou certaines institutions de publier un encart publicitaire dans les pages de la Revue.

La liste

Si l’appepliste remplit parfaitement sa fonction de communication de l’information et de discussion sur des questions d’actualité, elle ne se prête guère aux partages d’expériences pédagogiques. Pour le permettre, il convient d’envisager la création d’une seconde liste, également réservée aux adhérents, consacrée à de tels échanges et aux demandes informelles de collègues préparant leurs cours, afin de ne pas encombrer les boîtes aux lettres des 220 abonnés à l’appepliste.

Projets et perspectives

Les 24 heures de la philosophie

L’APPEP lance, à partir de l’année 2017-2018, les 24 heures de la philosophie. Ce concours proposé aux lycéens est organisé librement par chaque Régionale, en respectant un cadre fixé nationalement. L’objectif est de donner une visibilité à la philosophie scolaire et au travail des Régionales, mais également de rapprocher les professeurs du Secondaire et du Supérieur, ainsi que les lycéens et les étudiants. Le Bureau national se tient à la disposition des Régionales ou des adhérents qui souhaiteraient organiser ce concours l’année prochaine.

La réforme du baccalauréat et celle du Lycée

Le projet du gouvernement de « simplifier et muscler » l’examen reste encore flou. Une chose semble certaine : la limitation des épreuves finales à quatre disciplines, les autres étant évaluées en contrôle continu. L’APPEP est opposée à ce projet, considérant que le contrôle continu conduit à des diplômes d’établissement et que les épreuves terminales constituent un horizon régulateur qui détermine le travail de l’année. Les errements que nous pouvons tous constater dans le contrôle continu organisé en langues vivantes, dans lequel les professeurs définissent les épreuves et les barèmes, et adaptent trop souvent la notation en fonction des pressions de leur hiérarchie ou des parents d’élèves, doivent servir de leçon. Et l’on ne comprend pas de quelle simplification il serait question quand on voit la désorganisation des cours induite par l’organisation des seules épreuves de langues.

Cette réforme du Baccalauréat s’inscrira dans une réforme plus générale du Lycée et des procédures d’admission dans l’enseignement supérieur, dont nous ne savons encore rien, mais dont on peut craindre qu’elle ne renforce la modularité des enseignements au Lycée.

L’action de l’APPEP dans l’année qui s’ouvre sera de tout mettre en œuvre pour maintenir l’épreuve terminale de philosophie, de veiller au maintien d’un examen national et anonyme et de faire valoir nos besoins horaires ainsi que la nécessité de la philosophie en EMC.

Il est donc plus important que jamais que l’APPEP renforce sa présence pour peser dans les débats à venir, qu’elle soit davantage à l’écoute des collègues et sache s’adresser à tous.

La réflexion sur l’enseignement de la philosophie aujourd’hui et demain

Après une année de travail du BN, des Régionales et des adhérents, après le colloque du 10 juin dernier, cette réflexion nécessaire et féconde se poursuivra jusqu’à l’AG du 2 décembre prochain, qui sera amenée à définir les propositions de l’APPEP.

 

Je veux adresser tous mes remerciements aux adhérents de l’Association, qui, par leur travail et leur engagement, contribuent à faire vivre l’APPEP. Les impulsions données par le Bureau national resteraient vaines si elles n’étaient relayées par les membres de l’APPEP. Le renforcement de notre action, la prise en compte des demandes des professeurs de philosophie dépendent étroitement de notre activité et de notre capacité à susciter de nouvelles adhésions.

Nicolas FRANCK

Président de l’APPEP

14 août 2017