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Compte rendu du Bureau national du 7 février 2015

 

Rédaction du compte rendu : Bertrand Nouailles

 

Présents : Didier Brégeon, Jean-Pierre Carlet, Didier Carsin, Stéphane Clerjaud, Charles Coutel, Henri Dilberman, Bernard Fischer, Nicolas Franck, Pierre Hayat, Arnaud Lalanne, Jean-Louis Lanher, Bertrand Nouailles, Marie Perret, Simon Perrier, Gérard Schmitt, Patricia Verdeau.

Excusés : Philippe Blanc, Éric Delassus, Frédéric Dupin.

 

Ordre du jour

I- Actions de l’Appep

  1. Suites à donner aux actions entreprises à propos de l’enseignement moral et civique.
  2. Le projet d’un questionnaire visant à faire l’état des lieux de l’enseignement de la philosophie.
  3. Projet d’un questionnaire sur le baccalauréat.
  4. Action pour le rétablissement des dédoublements dans les séries technologiques et de la quatrième heure en terminale S.

II- Organisation de l’Appep

  1. L’accueil des nouveaux adhérents.
  2. Création d’une lettre d’information.
  3. L’Appep sur la toile (site, Facebook, Twitter).

III- Questions diverses

 

Nicolas Franck ouvre la séance du bureau en rajoutant, sur demande, à l’ordre du jour un point sur les ESPÉ.

 

I- Actions de l’Appep

1- Suites à donner aux actions entreprises à propos de l’enseignement moral et civique.

Nicolas Franck ne rappelle pas l’historique de toutes les actions menées ces dernières semaines concernant l’EMC, mais précise trois points : a) il a rédigé un communiqué sur l’EMC qui est destiné à une diffusion très large (grand public et presse notamment), et qu’il soumettra à l’approbation du bureau ; b) le doyen de l’IG de philosophie, Paul Mathias, a répondu à la lettre qui lui avait été adressée par un courriel du 6 février 2015 dans laquelle il ne répond pas à notre demande de soutien des collègues qui demandent à être chargés de l’EMC, mais se contente de dire que l’IG réfléchit à sa position sur ce nouvel enseignement ; c) Nicolas Franck et Marie Perret seront reçus à la DGESCO le mercredi 11 février 2015 et s’adresseront ensuite au doyen des doyens.

Didier Carsin tient à faire part de ses plus grandes réserves concernant l’EMC et l’action menée par l’APPEP pour réclamer son attribution aux professeurs de philosophie pour les classes terminales, en lisant un communiqué.

 

Patricia Verdeau cite l’exemple d’un retour de stage, où le professeur de philosophie a dû mener un travail d’analyse conceptuelle dans un débat qui se passait mal à propos des attentats de Paris pour soutenir le collègue d’une autre discipline.

Gérard Schmitt dit partager toutes les réserves de Didier Carsin, mais diverge quant à l’action à mener. Il rappelle le tort qu’a eu peut-être l’APPEP en ne réclamant pas, à l’époque, les heures d’ECJS. Par ailleurs, si l’intention du ministère est de nous instrumentaliser, les professeurs de philosophie conservent bien une capacité d’action, grâce à laquelle ils peuvent s’emparer des notions de l’EMC pour faire de la philosophie.

Henri Dilberman réagit sur le projet d’une réserve citoyenne, dont il perçoit déjà les dérives à Poitiers, puisqu’une personne souhaitant faire partie de cette réserve, mais ayant peu de connaissances sur la laïcité a sollicité les professeurs de philosophie de l’ÉSPÉ pour avoir quelques lumières. Henri Dilberman ajoute que rien ne bouge à l’ÉSPÉ de Poitiers sur la formation autour de la laïcité, l’ÉSPÉ ayant tendance à confondre laïcité et gestion de l’hétérogénéité des classes ainsi que pratiques de médiation, qu’elle enseigne déjà !

Marie Perret exprime son désaccord avec les analyses de Didier Carsin, en avançant qu’il faut tenir compte du contexte actuel lié aux attentats. Le gouvernement a été amené à clarifier sa position sur le concept de laïcité, qu’il n’est plus question de qualifier (laïcité positive, laïcité ouverte). À ses yeux, l’APPEP ne peut pas laisser passer l’occasion de se positionner sur l’EMC, ne serait-ce que pour éviter deux écueils : le prêchi-prêcha autour de la laïcité d’une part, et le seul enseignement de la laïcité comme fait positif et historique d’autre part. Il faut faire comprendre la laïcité comme un principe et exposer les raisons de sa nécessité.

Jean-Louis Lanher abonde dans le sens de Marie Perret en faisant observer que des non-philosophes semblent prendre conscience de l’importance de l’apport d’analyses philosophiques. Toutefois, il met en lumière une contradiction au sein du ministère, qui semble reconnaître la qualité du travail de l’APPEP, mais sans accorder aucun moyen à la philosophie dans la ventilation de la DHG. L’origine de cette contradiction est à chercher dans la situation hégémonique de l’histoire à laquelle le dynamisme de l’Inspection générale de cette discipline n’est pas étranger. Que faire? Faut-il se retirer de l’EMC tant que les clarifications nécessaires n’auront pas été apportées par la ministère? Ce serait nous mettre en extinction. Faut il faire savoir sous quel angle et avec quel questionnement critique nous sommes preneurs d’EMC? Cela ne peut avoir les effets escomptés dans le contexte actuel. La seule voie qui lui paraît praticable est, sur le long terme, de poursuivre la bataille des idées, et, sur le court terme, de persister dans la voie diplomatique adoptée jusqu’ici, pour un traitement philosophique de l’EMC, mais en sollicitant l’intervention de l’Inspection générale et en le faisant savoir, en proclamant notamment qu’il ne fait pas attendre le résultat de la consultation pour agir.

Charles Coutel relève que Didier Carsin et Gérard Schmitt ont raison tous les deux, Didier Carsin en rappelant qu’il ne faut pas oublier les combats fondamentaux de l’APPEP qui portent sur la discipline (et notamment la question des horaires), Gérard Schmitt en soulignant qu’il faut être sensible aux événements et être à leur hauteur. Il importe donc à la fois de critiquer le concept de valeur en le rattachant aux principes dont il découle et en l’ouvrant aux idéaux, et de distinguer, dans les actions à mener, trois niveaux : ce qui se passe devant les élèves, ce qui se passe en formation, et le lobbying nécessaire à entreprendre.

Jean-Pierre Carlet émet l’idée que l’on peut mettre en avant une certaine continuité entre l’ECJS et l’EMC, ce que réfute Didier Carsin, pour qui l’EMC ne propose qu’un contenu vague et imprécis, qui ne peut mener qu’à une sorte de catéchisme sur la laïcité. Il affirme de nouveau la nécessité de revenir à une défense de l’enseignement disciplinaire.

Nicolas Franck intervient pour affirmer que l’action entreprise autour de l’EMC n’est en rien incompatible avec la défense disciplinaire, que l’APPEP mène par ailleurs. Il ajoute que, à la différence de l’ECJS, l’EMC est un enseignement qui aura lieu dans tous les lycées, ce qui pose la question de notre position en ce qui concerne les lycées professionnels. Le ministère est d’ailleurs très ouvert sur ce point, attendant des propositions, car ne sachant pas comment faire ici. Didier Carsin intervient alors pour dire que le ministère sait, mais fait l’ignorant. Nicolas Franck précise que la majorité des cadres du ministère n’ont pas une conception républicaine de la laïcité et que la ministre doit leur donner des gages. À ce titre, on peut tout de même se réjouir que les lignes bougent un peu.

Bernard Fischer approuve la remarque selon laquelle l’EMC et l’exigence d’un retour des dédoublements en séries technologiques ne sont pas contradictoires. Pierre Hayat ajoute qu’il faut partir de ce que nous pouvons et voulons faire. Or l’EMC présente bien la possibilité d’un traitement philosophique, qu’il ne faut du reste pas opposer à l’approche par les historiens. Il est plus judicieux de ne pas se tenir à un « non » ferme et définitif sur l’EMC, mais de montrer en quoi la philosophie peut favoriser une approche sereine et réfléchie sur la laïcité.

Patricia Verdeau revient sur la question des lycées professionnels : c’est une occasion de rendre présente la philosophie là où elle n’est pas, mais elle n’est pas favorable à un horaire hebdomadaire. Des interventions régulières et groupées pourraient être plus riches. Gérard Schmitt rappelle que le débat sur l’introduction de la philosophie en lycée professionnel a déjà eu lieu au sein de l’APPEP à la fin des années 1990. S’il n’y a aucune raison de principe pour s’y opposer, ce sont les modalités pratiques qui bloquent : une détérioration des services, la problématique des stages qui viennent interrompre l’année scolaire notamment. Gérard Schmitt se pose également la question de savoir comment les professeurs de philosophie seront accueillis par les collègues. Arnaud Lalanne va dans le sens de Patricia Verdeau : il faudrait penser des interventions ponctuelles. Nicolas Franck remarque que les représentants du lycée professionnel dans la conférence des associations sont très favorables à la philosophie.

Simon Perrier souhaite faire un certain nombre de mises au point : a) il ne croit pas que le ministère cherche à nous instrumentaliser – il semble plus vrai de penser qu’il marche à tâtons ; b) Si l’on peut distinguer les principes et les valeurs, cela ne doit pas disqualifier les valeurs – il importe bien de les prendre en charge ; c) Simon Perrier rappelle aussi que l’APPEP a conduit des actions en faveur de l’ECJS ; d) il faut demander pour les lycées professionnels un statut d’intervenants ponctuels ; e) la vertu de la philosophie est de procéder à des clarifications conceptuelles sur des notions avec lesquelles elle est familière depuis longtemps – notamment la religion et l’idée de croyance.

Jean-Louis Lanher souligne l’importance de défendre l’idée d’une philosophie générale, tandis qu’Henri Dilberman met en garde sur le choc que pourront avoir les professeurs de philosophie en allant dans les lycées professionnels.

Charles Coutel rebondit sur la pertinence de l’idée d’une philosophie générale qui pourrait permettre de repenser l’idée de tronc commun. Il revient sur la distinction principe/valeur en précisant qu’un principe n’est que la cristallisation d’un problème, qu’il importe d’éclairer les principes par les problèmes dont ils émanent, et que le propre d’un discours républicain est bien de revenir à ses principes.

Didier Carsin met en garde contre le fait que les paroles du ministère ne sont que des paroles. Il faut attendre les écrits. Il faudra aussi surveiller si la mise en place de l’EMC dans les lycées professionnels ne se fait pas seulement à moyens constants. Enfin, Didier Carsin observe de nouveau que pas une mesure parmi les onze du ministère n’engage des créations d’heures d’enseignement disciplinaire et souhaite que le bureau en fasse part aux représentants du ministère. Pierre Hayat rappelle que l’APPEP continue à demander des heures d’enseignement en philosophie.

 

Nicolas Franck soumet le communiqué à destination de la presse et du grand public à l’approbation du bureau, qui procède à quelques ajustements formels. Cela donne lieu à de nouveaux échanges sur l’EMC. Didier Brégeon confirme que dans son établissement rien n’est prévu au niveau de la DHG pour l’EMC. Stéphane Clerjaud remarque que les textes officiels ne sont pas encore publiés, ce qui explique pourquoi rien n’est prévu dans les DHG. Arnaud Lalanne donne l’exemple de son établissement de campagne, dans lequel il va de soi que l’EMC est attribué aux professeurs d’histoire-géographie. L’autonomie des établissements va jouer de toute façon à plein, ajoute Didier Carsin. Enfin, Simon Perrier attire de nouveau l’attention sur la mesure mettant en place des réserves citoyennes, face à laquelle l’APPEP doit être extrêmement réservée.

 

2- Le projet d’un questionnaire visant à faire l’état des lieux de l’enseignement de la philosophie.

Nicolas Franck passe au point deux de l’ordre du jour, concernant le projet d’un questionnaire visant à faire l’état des lieux de l’enseignement de la philosophie – projet qui pour le moment est au point mort depuis que l’APPEP a demandé à ce que l’ensemble des syndicats participent à sa rédaction, et non pas seulement l’APPEP, l’Acireph et le groupe philosophie du snes.

 

3- Projet d’un questionnaire sur le baccalauréat.

Nicolas Franck passe donc au questionnaire sur le baccalauréat, et il remercie Pierre Hayat de s’être chargé de sa rédaction. Il rappelle que ce questionnaire a pour but de vérifier que le baccalauréat se passe bien et de donner l’occasion aux correcteurs d’exprimer leur sentiment. Il a pour vocation de devenir une habitude annuelle. La discussion s’engage d’abord sur la longueur excessive du questionnaire, qui pose des problèmes pratiques pour sa diffusion. Stéphane Clerjaud soumet alors l’idée qu’un certain nombre de questions peuvent être renseignées par les responsables des Régionales – idée qui est accueillie favorablement. Gérard Schmitt tient à faire savoir que durant de très nombreuses années, le compte rendu du questionnaire était publié dans la revue, mais la pratique du questionnaire avait été abandonnée devant le taux très faible de retour.

Didier Brégeon fait état que dans son académie, la réunion d’entente s’effectue avant la remise des copies, tandis qu’à Orléans-Tours elle s’organise l’après-midi du jour même de l’épreuve, ce qui n’empiète pas sur le temps de correction, fait observer Simon Perrier. Enfin, Arnaud Lalanne fait porter à la connaissance de tous les tentatives réitérées du rectorat de Bordeaux de supprimer la réunion d’harmonisation.

Le débat s’engage ensuite sur la question 3 de la partie IV, qui s’enquiert de savoir si les collègues souhaitent savoir ou pas les motifs qui ont présidé aux choix des sujets. Simon Perrier et Jean-Pierre Carlet s’opposent fermement à la présence de cette question dans le questionnaire, arguant que demander l’exposé des motifs c’est nécessairement orienter la compréhension des sujets et donc orienter leur correction. Simon Perrier insiste sur le fait qu’une telle question entre en contradiction avec l’esprit du programme, puisqu’elle oriente vers un traitement défini à l’avance des sujets. Gérard Schmitt intervient pour souligner que les rapports de ceux qui testent les sujets sont tenus secrets (Bernard Fischer confirme également le devoir de confidentialité des collègues), que l’exposé public des motifs présidant aux choix des sujets risque de rendre particulièrement difficile le travail des commissions d’élaboration, et qu’il y a de toute façon des consignes officielles, que l’administration ne fera que rappeler pour justifier le choix des sujets. Charles Coutel rappelle à la prudence, car le choix des sujets est un point névralgique, et il remarque une antinomie possible entre la demande de rendre publics les motifs qui ont présidé le choix des sujets et l’organisation des réunions d’entente. Car si les motifs sont exposés, y a-t-il encore lieu de chercher à s’entendre sur les sujets et les traitements possibles dont ils peuvent faire l’objet ?

Face à toutes ces objections, Pierre Hayat maintient l’idée qu’il s’agit ici d’un questionnaire, qui s’adresse à nos pairs, et qui cherche à recueillir leurs avis. Il s’agit ensuite de rendre public l’avis des collègues et d’en discuter. Par ailleurs, demander les motifs qui président au choix des sujets ne revient pas à orienter la compréhension et le traitement des sujets.

Charles Coutel suggère que c’est l’expression « exposer les motifs » qui fait problème, car c’est une expression juridique, qui masque un arrière-plan normatif. Marie Perret fait remarquer qu’en toute rigueur, les collègues des commissions d’élaboration des sujets proposent des sujets, et que c’est aux inspecteurs, à l’universitaire et aux recteurs qu’il revient de choisir. Si l’on maintient la question, c’est donc à ces derniers de dire les motifs du choix.

Nicolas Franck clôt le débat en disant qu’il n’y a pour le moment pas d’urgence pour trouver un consensus sur ce point.

 

4- Action pour le rétablissement des dédoublements dans les séries technologiques et de la quatrième heure en terminale S.

Le bureau doit examiner deux motions portant sur le dédoublement en séries technologiques et sur l’établissement de la 4e heure en série scientifique. Vu l’heure, Nicolas Franck propose que cet examen se fasse par internet sur la liste « bureau ». Cette proposition est acceptée.

 

II- Organisation de l’Appep

 1- L’accueil des nouveaux adhérents.

Nicolas Franck demande des précisions sur l’accueil des nouveaux adhérents. Bernard Fischer lui répond très précisément : un courrier leur est envoyé, et s’ils s’abonnent à la revue, les numéros de l’année en cours leur sont envoyés. Nicolas Franck suggère qu’il faut les inscrire d’office sur l’appepliste (en leur laissant alors le soin de se désinscrire s’ils le veulent), et prévenir systématiquement les présidents des Régionales afin que ces derniers puissent les contacter.

 Nicolas Franck annonce que c’est maintenant Jean-Pierre Carlet qui assume la responsabilité de la Brochure d’accueil, destinée aux nouveaux collègues entrant dans le métier. Ce dernier a trois textes en sa possession, sur l’autorité, sur l’explication de texte et sur la laïcité. Il attend une contribution sur la dissertation et une autre sur les exercices. Il aimerait aussi pouvoir mettre dans la brochure un texte sur l’importance d’un programme de notions, un texte sur l’usage des exemples, et un texte sur l’articulation entre l’enseignement en séries générales et l’enseignement en séries technologiques.

 

2- et 3- Création d’une lettre d’information et L’Appep sur la toile (site, Facebook, Twitter).

Nicolas Franck en vient aux problèmes de dysfonctionnement de la liste de diffusion « APPEPliste », qui ne peuvent être réglés qu’en changeant d’hébergeur. Seules deux offres conviennent, celles de Google et de Yahoo. Les deux permettent d’éviter toute manipulation aux abonnés d’appepliste lors du changement, d’accéder aux archives des discussions et de faire la distinction entre « répondre à tous » et « répondre à l’expéditeur ». Le bureau donne mandat à Nicolas Franck pour procéder au changement d’hébergeur.

Une lettre d’information sera créée aussitôt que le module qui en permettra la gestion automatique sera mis à jour. 

Nicolas Franck informe le bureau qu’un site d’information portant sur l’éducation (www.vousnousils.fr) souhaite passer un partenariat avec l’APPEP. Il s’agirait que le logo de leur site s’affiche sur le site internet de l’APPEP, en échange de quoi www.vousnousils.fr référencerait l’APPEP, se ferait l’écho de ses activités et souhaiterait avoir accès à des fiches pédagogiques. Après une discussion pour savoir si ce partenariat s’établissait sur la base d’une convention écrite ou pas, il est convenu que Nicolas Franck se contentera de demander un engagement de leur part par courriel.

Simon Perrier continuera à s’occuper de la page « Facebook » de l’APPEP, tandis que Nicolas Franck propose d’ouvrir un compte « Twitter » afin que l’association soit plus visible.

 

III- Questions diverses

Le bureau examine le dernier point à l’ordre du jour, qui a été rajouté : la situation dans les ÉSPÉ. Charles Coutel nous informe que se mettent en place deux systèmes de référent sur la laïcité : un référent propre aux rectorats et un référent propre aux ÉSPÉ, avec le risque qu’ils puissent entrer en contradiction. Il importe que l’APPEP fasse un travail de lobbying pour influer sur la formation des formateurs, et plus généralement dans la formation.

Patricia Verdeau nous informe que l’ÉSPÉ de Toulouse réfléchit aux questions relatives à la laïcité aux cours de réunions en partenariat avec le rectorat.

Marie Perret se pose la question de savoir sur quels critères sont choisis les mille formateurs auxquels fait référence le ministère. Patricia Verdeau évoque la nécessité d’un équilibre entre professeurs du second degré et universitaires. Charles Coutel nous informe qu’il y aura 50 formateurs par académie (70 pour Versailles et Créteil), qui se réuniront huit fois deux jours. Charles Coutel estime que nous avons là l’opportunité de mener un travail d’influence pour que ce soit des collègues philosophes « de terrain » et non seulement des universitaires qui interviennent dans ces stages de formation.

Henri Dilberman fait part de la situation peu favorable à l’ÉSPÉ de Poitiers, où la laïcité ne fait l’objet d’aucune formation véritable. Il serait peut-être opportun que l’APPEP envoie un courrier au directeur de l’ÉSPÉ de Poitiers pour s’inquiéter de cet état de fait.

Le bureau s’achève sur la décision de la date du prochain Comité : 30 mai 2015.

 

 


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Communiqué lu par Didier Carsin: Concernant l’enseignement moral et civique, on ne sait pas exactement comment il sera mis en place, mais on peut au moins savoir ce qu’en attend la ministre et dans quel cadre il doit s’inscrire.

          Il faut lire attentivement l’annonce des onze mesures du plan « Laïcité et transmission des valeurs républicaines » qu’elle a annoncées le 22 janvier. Y a-t-il une seule mesure parmi elles destinée à renforcer l’enseignement des disciplines ? Aucune ! Rien n’est prévu pour les disciplines d’enseignement, même pas pour le français qui est la seule discipline mentionnée par la ministre.

          Pas une heure de plus, alors que les réformes qui se sont succédé ces dernières années n’ont cessé d’en supprimer.

          Rien pour l’enseignement, mais tout pour les « valeurs » ! Trois cents heures seront ainsi consacrées à l’enseignement moral et civique dans le cadre du « parcours citoyen » que chaque élève devra désormais effectuer depuis le cours préparatoire jusqu’à la terminale. L’EMC n’est qu’une pièce d’un dispositif beaucoup plus vaste destiné à « faire vivre et à transmettre la laïcité ». Dans ce dispositif, il est d’abord question, – c’est la mesure 1 –, de former dans un premier temps sur deux jours 1000 formateurs sur la laïcité et l’enseignement moral et civique afin qu’ils répondent aux « besoins de formation et d’accompagnement de leurs pairs ». Désormais, « la capacité à expliquer et faire partager les valeurs de la République »  sera évaluée systématiquement dans les concours de recrutement. Faudra-t-il dorénavant que les futurs enseignants se conforment à un message politique pour être admis ? Je ne vais pas citer toutes les mesures de ce plan ; elles sont pour une part grotesques et pour d’autres très inquiétantes. Je m’arrêterai à la mesure 5 où il est question de mettre en place dans chaque académie « une réserve citoyenne d’appui aux écoles et aux établissements, sur le modèle de la réserve citoyenne de la Défense ». Seront sollicitées pour participer à cette réserve « les personnes désireuses d’apporter leur concours aux missions de l’Ecole, les bénévoles d’associations partenaires ». Cette réserve peut ainsi être constituée par des parents, des personnalités, des professionnels des médias, des associations d’éducation populaire de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, les uns et les autres pouvant ainsi se servir de l’école pour y professer leurs opinions. À leur initiative, des « débats » pourront être organisés à l’intérieur des établissements. Les enseignants et leurs élèves seront ainsi assistés de tous les côtés pour la bonne cause.

          Les annonces du ministère de l’Éducation Nationale sont claires : l’enseignement moral et civique qui sera assuré par les enseignants se situe dans ce cadre. Si l’on en juge par les propos de Monsieur Lussault, actuel président du Conseil Supérieur des programmes dans l’interview qu’il a donnée en janvier au café pédagogique, il n’est pas question de faire de l’EMC « une matière froide » comme l’instruction civique. L’EMC ne doit pas reconduire ce qui se faisait en ECJS. Je cite ses propos : « Le programme d’EMC doit être renforcé par des pratiques. Il doit impliquer les élèves. Les questions de tolérance, d’égalité des sexes ou sociales doivent être abordées à partir de leur vécu. L’école doit se saisir de la question de la croyance. C’est nécessaire pour aborder le complotisme ». Dans le même esprit, le préambule qui précède les 11 mesures du plan « Laïcité et transmission des valeurs » déclare ; « L’École est et sera en première ligne, avec fermeté, discernement et pédagogie, pour répondre au défi républicain… ».

          Visiblement, le ministère de l’Éducation Nationale n’est pas sur la même longueur d’onde que les professeurs de philosophie de l’APPEP.

          On a déjà un avant-goût de la manière dont il met les enseignants en première ligne, comme en témoignent les sanctions scandaleuses prises récemment contre deux enseignants pour ne pas avoir eu l’attitude jugée « conforme » lors des discussions qu’ils ont eues avec leurs élèves après les attentats des 7 et 8 janvier (et alors que le ministère demandait expressément aux enseignants d’organiser des discussions avec les élèves). J’ai particulièrement apprécié l’excellent communiqué de l’APPEP sur cette question.

          Non, les enseignants ne sont pas des missionnaires, la laïcité n’a rien à voir avec cette forme d’endoctrinement. En leur demandant de se mobiliser de cette manière, le ministère les expose à toutes sortes d’incidents et de conflits, et à toutes sortes de sanctions arbitraires.

          Je pense qu’il est préférable de revenir à ce qui nous unit tous, la défense de l’enseignement public, la défense et la promotion de l’enseignement de la philosophie. Nous ne pouvons nous satisfaire sur ce point des vagues recommandations adressées par le ministère aux recteurs pour les inciter à favoriser les dédoublements de philosophie dans les séries technos. Ces dédoublements existent encore dans un certain nombre de lycées. La baisse des DHG et le nouveau système d’attribution des horaires qui découle de l’application du nouveau décret organisant les services, risquent fort de les faire disparaître.

          Il me paraît donc important de reprendre le combat unitaire qui avait été entrepris pour exiger le rétablissement national de ces dédoublements, ainsi que celui de la 4e heure de philosophie en Terminale scientifique. Retour au compte rendu…