Compte rendu de l’AG 2019

Publié le

Rédaction du compte rendu : Alain CHAMPSEIX

Présents : Étienne Akamatsu, Valérie Bonnet, Charles Boyer, Didier Brégeon, Karine Cardinal, Emmanuelle Carlin, Jean-Pierre Carlet, Alain Champseix, Raphaël Chappé, Benoît Da Silva, Henri Dilberman, Julien Fonollosa, Nicolas Franck, Pierre Hayat, France Israël, Jean-Louis Lanher, Alexandre Lepezel, Jacques Nadal, Marie Perret, Philippe Perrot, Nathalie Pighetti, Audrey Pomarès, Hocine Rahli, Vincent Renault, Agnès Ribaud, Agathe Richard, Gérard Shmitt, Philippe Soulier, Véronique Verdier, Pascal Verrier, Pierre Windecker.

Excusés : Philippe Danino, Nicolas Forest, Simon Perrier, Jocelyne Sfez, Patricia Verdeau.

Président de séance : Gérard Schmitt

1. Rapport moral

À l’appui du rapport qu’il a publié dans le numéro d’août-octobre 2019 de L’Enseignement philosophique, Nicolas Franck insiste, à titre de préambule, sur le caractère particulièrement dense, pour l’APPEP, de l’année scolaire précédente dans un contexte très difficile, le ministère allant jusqu’à refuser de discuter — deux courriers sont restés sans réponse malgré les audiences qu’ils sollicitaient — et le CSP pratiquant la politique du secret.

Malgré une telle situation, les résultats obtenus par l’association sont d’autant plus notables. Ils concernent les points suivants.

  1. HLP. On peut considérer comme plutôt satisfaisantes les Recommandations (février 2019) des Inspections générales de lettres et de philosophie compte tenu d’un programme pour le moins problématique. Il est à noter que l’on doit à la seule action de l’APPEP la garantie de la bi-disciplinarité de cette spécialité. Au départ, le cabinet, le ministre, le CSP et le GEPP y étaient opposés. Il est encore trop tôt pour dresser le bilan de l’enseignement dispensé dans ce cadre tant les retours sont contrastés. Une enquête va s’avérer nécessaire. Tout ce que l’on peut avancer d’ores et déjà se ramène à quelques chiffres — le nombre d’élèves ayant opté pour HLP en Première étant sensiblement supérieur à celui des effectifs de la série L à ce même niveau — et quelques observations à propos de la difficulté rencontrée par les élèves à dissocier la philosophie des lettres ou des retards considérables pris par la banque nationale des sujets.
  2. Les programmes de Terminale. Le principe d’un programme de notions a été retenu, leur nombre a été réduit et les couples de notions sont supprimés. On peut relever que toutes les discussions qui se sont déroulées après la publication du premier projet du GEPP ont montré l’impossibilité d’un programme de problèmes. La grande enquête menée par l’APPEP sur les programmes auprès des collègues a joué un rôle décisif tant les réponses ont été nombreuses (plus de 1700) et souvent très détaillées, bien des professeurs de philosophie ayant passé de nombreuses heures à élaborer des contributions riches et instructives. Pour autant, on ne peut que s’inquiéter de l’absence d’un principe d’ordonnancement des notions : le terme de « perspectives », au demeurant proposé par l’APPEP, mais vidé de son sens, n’en tient manifestement pas lieu dans le programme tel qu’il est arrêté. Employé d’une manière passablement confuse, il complexifie le programme et le rend susceptible d’une interprétation délicate et, en tout cas, équivoque.

Dans un second temps, le président sortant attire l’attention de tous sur différentes activités de l’APPEP et quelques aspects de sa vie interne.

Il fait d’abord référence au très grand succès du Prix lycéen du livre de philosophie. Didier Brégeon, qui en est responsable, confirme ce point tout en avouant son inquiétude : que sera son avenir lorsque, du fait de la réforme, il n’y aura plus de Terminale littéraire ? Emmanuelle Carlin signale, toutefois, la participation des classes des autres séries.

Nicolas Franck annonce ensuite la parution très prochaine de la deuxième édition du « Hors-série » intitulé Entrer dans le métier. Destinée aux jeunes collègues, sa version numérique va présenter l’avantage de coûter moins cher que la première édition et, surtout, de permettre une diffusion plus aisée, donc étendue. Jean-Pierre Carlet, en tant que responsable de cet ouvrage, précise que le contenu est considérablement enrichi.

Il mentionne, également, la grande réussite des « 24 heures de la philosophie » orchestrées par Julien Fonollosa dans l’académie de Lyon. Cet exemple ne demande qu’à être suivi.

Il rappelle, d’autre part, les raisons qui ont motivé le bureau national dans sa décision de ne pas déclarer existantes des Régionales qui n’avaient plus de réalité effective. Outre qu’il n’y a rien à perdre et tout à gagner à prendre le parti de la vérité, mieux vaut encourager, ainsi, les initiatives que d’aucuns pourraient prendre afin de les réactiver. Jean-Louis Lanher se demande si ce ne serait tout de même pas un moindre mal qu’un correspondant existe quand une régionale régulière ne peut être constituée. Alain Champseix lui répond que l’expérience apprend que les correspondants ne sont jamais joints par les membres locaux de l’Association et que leur seule présence tend à laisser croire qu’il n’y a rien à faire puisqu’une instance est censée exister.

Le président attire l’attention de l’assemblée sur la faible activité d’Appepliste. Certes,  elle ne saurait se transformer en assemblée générale permanente alors que tous les adhérents n’en sont pas membres, il serait bon qu’elle soit comme une instance de consultation. Afin que le plus grand nombre puisse y prendre part — elle compte tout de même 269 inscrits, mais un nombre excessivement limité d’intervenants —, des sujets de discussion pourraient être proposés sous condition de modération.

Il signale aussi un changement de calendrier envisagé par le BN : l’assemblée générale n’aurait plus lieu en décembre comme depuis un certain nombre d’années, mais en juin afin, notamment, de mieux tenir compte des AG des Régionales qui se réunissent généralement au printemps. Le Comité national, par contre, se tiendrait en décembre. Cette perspective est approuvée par tous à la condition que cette réunion ait lieu une semaine avant l’épreuve de philosophie au baccalauréat. Une conséquence s’ensuit : le Bureau national, qui va être élu vers midi, sera à renouveler au bout de six mois. Rendez-vous est donc pris pour juin 2020 avec de nouvelles élections.

Pour ce qui est du site, enfin rénové, Nicolas Franck lance un appel pressant aux présents pour qu’ils suggèrent dans les délais les plus brefs les modifications qui permettraient de le rendre à la fois plus clair, incisif et agréable. Il donne des exemples.

Il sollicite également un volontaire qui se chargerait de la présence de l’APPEP sur Twitter, média moderne incontournable. Un suivi régulier et systématique s’avère nécessaire.

En conclusion, Nicolas Franck signale le grand succès du colloque « Droit et philosophie » qui s’est tenu le 12 octobre à la rue d’Ulm et dont les actes seront publiés en janvier. Non seulement il a réuni soixante participants, mais il a permis de lever bien des obstacles à la possibilité de la création d’une spécialité « droit-philosophie ». Il nous apprend, également, que la Conférence des associations de professeurs spécialistes a obtenu une audience au ministère le 13 décembre. Il convient de saluer l’action tenace de Marie Perret, vice-présidente de l’APPEP, tant elle a œuvré à la cohésion de la Conférence et à la réussite de cette initiative. Le président de l’APPEP sera par ailleurs invité le 17 janvier 2020 par Les Rencontres philosophiques de Monaco à une table ronde sur le thème : « L’enseignement de la philosophie en France aujourd’hui et demain ». Il insiste enfin sur la nécessité de relancer une réflexion sur la dissertation et, plus généralement, sur la nature de l’enseignement de la philosophie tout en tenant compte de son histoire. L’APPEP a un peu délaissé ces questions depuis les analyses de Jean Lefranc et Bernard Fischer.

Le rapport moral est adopté à l’unanimité.

2. Rapport financier

Henri Dilberman, trésorier national, commence par annoncer deux bonnes nouvelles : les comptes sont excédentaires et le nombre de nouveaux adhérents (62) dépasse celui des démissions et décès (56). Toutefois, 16 adhérents parmi les 40 nouveaux en 2017-2018 n’ont pas renouvelé leur adhésion en 2018-2019 sans que l’on puisse expliquer cette labilité relative. Au total, l’APPEP compte à l’heure présente 443 membres, avec 254 actifs et 189 honoraires. Le point le plus négatif est le nombre en baisse d’abonnés à la revue (51 % des nouveaux adhérents ne s’abonnent pas). L’excédent est dû à une baisse du coût de revient de la revue (modification du procédé d’impression) et à un montant des dons remarquable (2 000 €). Les généreux donateurs sont vivement remerciés. C’est donc essentiellement la baisse des abonnements qui rend malgré tout fragile l’équilibre financier. Faut-il envisager une légère hausse des cotisations demande Henri Dilberman ? Quoi qu’il en soit, l’Association doit veiller à ne pas céder à l’éventuelle tentation de se mettre en déficit. Il précise également qu’il passera le relais à Audrey Pomarès à partir du prochain exercice. Il lui souhaite bonne chance et lui témoigne de toute sa gratitude d’accepter de se présenter en vue de lui succéder. Nicolas Franck, avant de remercier le trésorier pour son travail précis et efficace, signale l’intention des éditions Delagrave de demander une publicité dans L’Enseignement philosophique et évoque les sollicitations d’un portail américain (EBSCO) qui envisage de référencer les articles parus.

Les commissaires aux comptes — Emmanuelle Carlin et Castel Jean (excusé) — donnent quitus au rapport financier. Celui-ci est adopté à l’unanimité moins une voix (un refus de prise de part au vote). Les deux commissaires aux comptes sont reconduits dans leurs fonctions à l’unanimité.

3. La revue

Gérard Schmitt dit se réjouir du nombre important d’articles qui sont proposés en vue d’une publication tout en souhaitant qu’on fasse en sorte d’élargir le vivier des auteurs. Il estime aussi que la Revue s’est considérablement améliorée au fil des années. Il ne cache pas, en revanche, son inquiétude au sujet de son avenir, lequel lui paraît compromis, d’une part parce que du fait de la baisse régulière d’année en année du nombre des abonnés, le moment approche où l’existence d’une revue imprimée ne se justifiera plus, d’autre part, parce que la question de sa succession comme secrétaire de rédaction chargée de la composition de la Revue se pose désormais avec acuité.

Pierre Hayat demande alors si une édition en ligne ne serait pas aussi satisfaisante. Gérard Schmitt lui répond que l’on risquerait de perdre considérablement en qualité, rappelant que les textes actuellement publiés dans la Revue font l’objet d’un traitement professionnel et sont soumis à des procédures de correction minutieuses, ce qui s’observe rarement sur les publications qu’on trouve exclusivement en ligne.

4. Élection du Bureau national

Le dépouillement a été assuré par Didier Brégeon et Alexandre Lepezel.

Résultats :

87 votants; 5 bulletins nuls.

Valérie BONNET : 81 voix, réélue

Didier BRÉGEON : 78 voix, réélu

Karine CARDINAL : 71 voix, élue

Jean-Pierre CARLET : 71 voix, réélu

Alain CHAMPSEIX : 76 voix, réélu

Benoît DA SILVA : 70 voix, élu

Henri DILBERMAN : 80 voix, réélu

Julien FONOLLOSA : 74 voix, réélu

Nicolas FOREST : 57 voix

Nicolas FRANCK : 76 voix, réélu

Pierre HAYAT : 78 voix, réélu

France ISRAEL : 72 voix, élue

Jean-Louis LANHER : 69 voix, élu

Alexandre LEPEZEL : 76 voix, réélu

Bertrand NOUAILLES : 77 voix, réélu

Marie PERRET : 81 voix, réélue

Audrey POMARÈS : 80 voix, réélue

Vincent RENAULT : 71 voix, réélu

Agathe RICHARD : 67 voix, réélue

Gérard SCHMITT : 80 voix, réélu

Jocelyne SFEZ : 72 voix, élue

Patricia VERDEAU : 56 voix

5. Examen des motions

Les motions, préparées par le Bureau national, établissent les axes principaux de l’action de l’APPEP pour un an. Elles indiquent ce que celle-ci exige en priorité afin que l’enseignement de la philosophie occupe la place qui lui revient dans l’intérêt des élèves. Nicolas Franck précise qu’elles reprennent, en l’occurrence, l’essentiel de ce qui a été adopté tout au long de l’année, mais que leur examen relève de la seule et totale souveraineté de l’assemblée générale.

L’élaboration de leur forme définitive telle qu’elle a été publiée sur le site résulte de très nombreux débats dont voici la substance.

Motion 1 : Les programmes de philosophie

Les discussions les plus fournies ont porté sur l’absence de principe d’ordonnancement des notions dans la voie générale. Les « perspectives » envisagées dans le nouveau programme n’en constituent pas un puisqu’elles s’appliquent à toutes les notions. Étienne Akamatsu s’en réjouit au nom de la liberté pédagogique nécessaire du professeur. On lui rétorque, comme Philippe Soulier, que l’ordonnancement de 1973 n’était pas prescriptif. Mais s’il n’est pas prescriptif, en quoi peut-il être nécessaire ? Plusieurs intervenants, comme Pascal Verrier ou Jean-Pierre Carlet font remarquer que l’absence d’un ordonnancement devrait logiquement conduire à dresser une liste alphabétique des notions, mais, en ce cas, l’unité de l’enseignement de la philosophie serait perdue de vue et insaisissable par le public. Or un programme est comme une interface entre celui-ci et le travail des professeurs. Certes, ces derniers montrent que la réflexion sur les notions communes rompt avec la doxa, mais c’est pour mieux montrer les enjeux qui se cachent en elles. Alors qu’Agathe Richard précise qu’un programme d’enseignement de la philosophie doit « parler » à tous et, notamment, aux parents et aux élèves, Valérie Bonnet ajoute qu’une structuration du programme est notamment précieuse pour les professeurs débutants. Pour aller dans ce sens, Alain Champseix insiste sur l’équivoque du nouveau programme qui suppose, en l’absence de perspectives structurantes, un lien systémique et immanent entre les notions. Or, outre que tout professeur de philosophie ne partage pas ce point de vue, on peut penser que le risque est grand de transformer la philosophie en une science à part qui ne pourrait concerner que des spécialistes. Il s’ensuivrait, alors, que l’absence de détermination du programme irait à l’encontre du principe même d’un programme de notions. N’est-ce pas ce à quoi le texte officiel conduit finalement en évoquant « les relations essentielles » que celles-ci « entretiennent entre elles » ?

Mais, si finalement, un quasi-consensus se dégage à propos du principe d’un programme ordonné de notions, Jean-Pierre Carlet faisant remarquer que les critiques de l’APPEP ne portent pas sur les perspectives, mais sur le fait que ces perspectives n’encadrent rien et Pierre Hayat relevant que leur présentation est très sophistique, il faut reconnaître que tout le monde n’est pas d’accord sur le lien entre le programme et les sujets d’examen. Sa structuration, nécessaire et souhaitable, doit-elle servir de principe à la constitution des sujets et, donc, à la restriction et de leur nombre et de leur champ de définition ? Plus d’un, comme Marie Perret ou Valérie Bonnet, font valoir que ce serait un moyen de prévenir la rédaction de sujets trop éloignés du travail de l’année quand d’autres craignent que le cours soit alors orienté par la perspective principale de l’examen. En l’absence de proposition alternative, la motion proposée est adoptée avec 2 abstentions et 2 votes contre. Il est décidé que la réflexion devra se poursuivre.

Motion 2 : Les épreuves

Il est essentiellement question des épreuves dans la voie technologique. Pascal Verrier s’étonne que l’on puisse parler de « dissertation aidée ». Karine Cardinal précise qu’il s’agit simplement de soutenir quelque peu le travail d’élèves pour qui le passage à l’écrit est difficile. Certes, l’expérimentation en série STHR laisserait entendre que les candidats réussissent mieux ce genre d’épreuve, mais ceux de cette série ne sont guère représentatifs de ceux des autres séries technologiques car, en général, ils ont plus de facilités. C’est alors que Marie Perret rappelle que l’Association a obtenu que ces questions aient un caractère optionnel alors qu’au départ était envisagée une « composition », distincte du travail dissertatif. Un peu auparavant, Vincent Renault avait lui-même souligné que la demande faite par l’APPEP de rendre optionnelles ces questions montrait assez qu’elle ne les considérait pas comme évidemment bienvenues.

Cette motion qui insiste notamment sur le caractère inadmissible d’une dissertation dite « sur corpus » pour les épreuves de la voie générale, même à titre de simple possibilité, est adoptée à l’unanimité.

Motion 3 : Les sujets

La discussion a abouti à la suppression d’une demande de textes « simples » à expliquer car, comme le fait remarquer Vincent Renault, un tel adjectif peut engendrer des interprétations diverses, contestables et arbitraires. Alain Champseix note, pour sa part, que le reproche que l’on pouvait faire au texte de Leibniz donné à la dernière session n’était pas qu’il était compliqué, mais qu’il était tout simplement non conforme puisqu’il supposait la connaissance de la doctrine de l’auteur et, même, quelque chose comme une connaissance de la controverse qui opposa ce philosophe à Descartes.

La motion est adoptée à l’unanimité moins une voix (une abstention).

Motion 4 : La « spécialité » Humanités, littérature et philosophie

Le débat a été riche et animé. Si certains sont opposés au principe même d’une telle spécialité comme étant contraire à l’indépendance propre à la philosophie, d’autres insistent sur le fait que, malgré tout, de nombreux professeurs de philosophie parviennent à conduire un enseignement intéressant et, donc, sans doute, profitable. Cela tient à ce qu’il n’est pas impossible de faire de la philosophie à partir de repères culturels. C’est ce que proposait entre autres et en son temps le projet Beyssade comme le fait remarquer Jean-Louis Lanher. Aussi Pierre Windecker défend-il l’idée selon laquelle c’est moins la spécialité qui est en cause que son programme qui devrait être revu. Nombreux sont ceux qui le rejoignent sur ce point et font notamment observer que le programme est trop littéraire alors que des notions comme celles que l’APPEP avait proposées auraient davantage permis une approche croisée des disciplines même si l’on peut se réjouir, malgré tout, dit Alexandre Lepezel, que la distinction institutionnelle des lettres et de la philosophie ait été préservée. La confusion du programme conduit même à des « activités » scolairement monstrueuses. Dans tel établissement, indique Emmanuelle Carlin, la philosophie est considérée comme ce qui traite du racisme, de l’égalité hommes/femmes ou de la pollution. Alain Champseix, de son côté, s’émeut que les épreuves de la spécialité HLP telles qu’elles viennent d’être précisées par l’Inspection générale (novembre 2019) demeurent si floues et soient définies négativement par opposition à la dissertation qui, à l’encontre, pourtant, de ce que ne cessent de dire les professeurs de philosophie à leurs élèves, est considérée comme relevant d’une « rhétorique canonique » — le terme de « dissertation » étant même mis entre guillemets (« Attendus pour la question de réflexion philosophique », épreuve de Première, sujet 0 n° 2) — et moins « brève » et moins « libre » que « l’essai » — lui-même mis entre guillemets (« Attendus » à propos de l’épreuve en Terminale). On ne peut ainsi que s’étonner de la contradiction entre des textes officiels puisque la dissertation, tout comme l’explication de texte, est considérée comme essentielle pour l’enseignement de la philosophie dans le programme publié au Bulletin officiel. Il n’est guère difficile de comprendre, dans ces conditions, pourquoi la différence entre lettres et philosophie n’est pas claire dans une telle « spécialité ». Alexandre Lepezel fait également observer que les épreuves dans d’autres spécialités – Histoire-géographie-géopolitique notamment – ne sont pas mieux définies quand Karine Cardinal précise qu’une telle imprécision est inévitable dans la mesure où l’on envisage des épreuves d’une durée d’une heure. Quel travail formateur peut-on demander aux élèves en un laps de temps aussi court ? C’est un peu en guise de conclusion que Nicolas Franck propose que l’APPEP conduise une enquête sur HLP telle qu’elle est pratiquée. Laissons la parole aux professeurs !

La motion est adoptée avec un refus de vote, 4 abstentions et un vote contre.

Motion 5 : La voie technologique

Pierre Hayat insiste sur la nécessité de réintroduire la demande de l’APPEP. Condamner les candidats à ne choisir qu’entre deux sujets à la différence de ceux de la voie générale n’est ni justifié ni juste.

La motion est adoptée à l’unanimité.

Motion 6 : L’EMC — Appel à contribution

On a notamment insisté sur la possibilité, offerte par cet enseignement, d’une intervention des professeurs de philosophie dans la formation des enseignants au sein des INSPE. Ceux-là, en effet, ont à y être préparés.

La motion est adoptée à l’unanimité.

Motion 7 : Spécialité droit-philosophie

Alexandre Lepezel demande : qui enseigne le droit dans le secondaire ? Nicolas Franck répond que plusieurs professeurs sont déjà formés : ceux qui sont en charge jusqu’à présent des DGEMC sont souvent titulaires d’une licence de droit, ou diplômés d’un I.E.P. comme l’exigent les textes. De plus, la DGESCO continue à proposer des programmes de formation en vue de l’obtention de diplômes universitaires en ce domaine. Alain Champseix, qui emprunte l’habit de l’avocat du diable, fait remarquer que le droit n’est pas une discipline qui existe en tant que telle dans l’enseignement secondaire. Pierre Hayat lui rétorque qu’il y a bien une spécialité « histoire des arts » qui n’a pas d’équivalent dans le tronc commun. Nicolas Franck met alors en perspective une telle proposition. Il convient, tout d’abord, de rappeler que Jean-Michel Blanquer avait en son temps plaidé pour l’introduction de l’enseignement du droit au lycée. Ensuite, les universitaires commencent à admettre le principe d’une telle évolution, ainsi que le colloque organisé par l’APPEP l’a particulièrement montré. Une certaine connaissance du droit doit faire partie de la culture commune et constituer un des éléments de la citoyenneté. Autrement dit, on peut apprendre du droit et tirer profit de cet enseignement sans se destiner à une carrière juridique. Pierre Windecker se demande alors s’il ne serait pas bon de faire le lien entre la philosophie et le droit par le biais de la notion de « grands enjeux du monde contemporain », mais comme cela reviendrait à offrir la possibilité d’une association du droit à d’autres disciplines que la philosophie comme l’observe Alexandre Lepezel, il est décidé de conserver le titre de cette spécialité, à titre provisoire tout du moins.

La motion est adoptée à l’unanimité.

Motion 8 : Les contractuels

Tous déplorent la situation matérielle et morale des contractuels ainsi que leur nombre. Alexandre Lepezel explique qu’il est impossible de faire comme si ces personnels n’avaient pas une expérience professionnelle et, donc, les considérer sur le même plan que les étudiants qui se présentent à un concours de recrutement. Il est, par conséquent, nécessaire d’augmenter le nombre de places aux concours afin de diminuer leur nombre et de prévoir pour eux, en même temps, des épreuves spécifiques avec une préparation qui le serait tout autant. Jean-Louis Lanher ajoute que les collègues en question sont souvent très diplômés. Un échange a lieu sur l’opportunité d’envisager un concours ou, plutôt, des épreuves spécifiques. C’est, alors que Nathalie Pighetti « met les pieds dans le plat » : si nous demandons un recrutement spécifique par concours nous risquons d’encourager le gouvernement à recruter des contractuels en officialisant de fait une nouvelle voie d’accès à l’enseignement tout en sachant que les concours spécifiques sont en réalité défavorables aux contractuels. Mal préparés, ils ont peu de temps pour s’y consacrer réellement. Ne vaudrait-il pas mieux s’en tenir à la seule exigence d’une augmentation de postes aux concours quitte à titulariser tous les contractuels comme le souhaite Pascal Verrier ? Alors que Philippe Soulier écarte une telle solution en laissant entendre qu’elle reviendrait à briser l’unité du corps enseignant et soutient, ainsi, la nécessité d’envisager un concours avec épreuves spécifiques plutôt qu’un concours spécifique, Pierre Hayat fait remarquer que ce n’est pas à l’APPEP d’apprendre au ministère ce qu’il a à faire en matière d’emploi des contractuels. C’est à lui d’envisager, renchérit Agathe Richard, un plan pluriannuel de résorption des contractuels. Dans ces conditions, la motion est à entendre comme une proposition de mesure provisoire, faute de mieux.

Elle est adoptée à l’unanimité moins deux voix (refus de prise de part au vote).

Motion 10 : Les conséquences de la réforme sur les conditions de travail des professeurs de philosophie

Examinée dans un ordre différent de celui de la présentation définitive, cette motion est adoptée à l’unanimité.

Les motions 9, 11 et 12

L’heure déjà très tardive ne permet pas leur examen. Nicolas Franck demande à l’assemblée d’autoriser la discussion de leur version définitive par le nouveau Bureau national tout en précisant que chacun peut communiquer son avis par voie électronique. Cette proposition est approuvée sans difficulté.

Il est près de 18 heures lorsque l’Assemblée générale est déclarée close. Chacun est remercié pour sa présence.