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Assemblée générale du 1er décembre 2018

Rédaction du compte rendu : Didier BRÉGEON

 (et Henri DILBERMAN pour le rapport financier)

Présents : Étienne Akamatsu, Valérie Bonnet, Didier Brégeon, Charles Boyer, Karine Cardinal, Emmanuelle Carlin, Jean-Pierre Carlet, Alain Champseix, Benoît Da Silva, Philippe Danino, Henri Dilberman, Julien Fonollosa, Nicolas Forest, Nicolas Franck, Pierre Hayat, Nicolas Janny, Jean-Louis Lanher, Alexandre Lepezel, Nicole Medjigbodo, Jacques Nadal, Simon Perrier, Audrey Pomares, Vincent Renault, Agnès Ribaud, Jean-Pierre Richard, Gérard Schmitt, Patricia Verdeau, Véronique Verdier et Pierre Windecker.

Excusés :Bernard Fischer, Castel Jean, Bertrand Nouailles, Marie Perret, Nathalie Pighetti, Agathe Richard, Jocelyne Sfez.

Président de séance : Gérard Schmitt

 

I. RAPPORT MORAL

En tant que président de séance, Gérard Schmitt rappelle les règles destinées à favoriser la richesse, la diversité et l’originalité des interventions. Pour une discussion constructive entre professeurs de philosophie, chacun doit supposer qu’il est compris par les autres sans avoir à répéter plusieurs fois son propos et ne doit intervenir que pour faire avancer la réflexion sans revenir inutilement sur ce qui a été dit précédemment.

Il donne la parole à Nicolas Franck pour le rapport moral. Celui-ci rappelle notre demande de remise à plat de la réforme du lycée et du baccalauréat en cours. Il insiste sur la situation paradoxale dans laquelle sont placés les professeurs de philosophie qui doivent assurer, en prenant en charge la spécialité « Humanités, littérature et philosophie » (HLP), un enseignement qui n’est pas un enseignement disciplinaire de philosophie. De plus, la DGESCO n’est pas tenue par la préconisation égalitaire du CSP concernant la répartition des horaires entre les professeurs de lettres et de philosophie. Rien n’est acquis sur ce point et tout laisse à penser qu’à cause de cette indétermination, il y aura, au sein de chaque établissement, d’interminables négociations pour répartir les heures d’enseignement. Rien n’est encore publié au sujet des épreuves de spécialités, Nicolas Franck rappelle que nous exigeons pour HLP deux parties disciplinaires distinctes donnant lieu à deux corrections séparées mais nous sommes dans l’expectative et la situation semble nous être défavorable.

Concernant le tronc commun, le programme de notions devrait être maintenu. L’APPEP doit plus que jamais se mobiliser pour un programme de notions en prenant garde que les marges d’interprétation soient les plus faibles possible. Nicolas Franck rappelle que nous avons demandé à être reçus par le groupe d’experts en charge du programme de l’enseignement commun, mais que la présidente du CSP s’est opposée à cette rencontre. L’APPEP va demander à être reçue par le groupe de travail chargé d’établir le programme d’EMC.

De façon plus générale, Nicolas Franck énonce les nombreux obstacles qui vont rendre très difficile, voire impossible, la mise en place de cette réforme. D’abord au sujet du calendrier. Les élèves risquent de déserter les lycées après avoir passé à la rentrée des vacances de Pâques, c’est-à-dire, début mai, leurs deux épreuves de spécialité. Comment imaginer qu’ils continuent d’être assidus alors qu’ils n’auront plus que quatre heures de philosophie et le grand oral à préparer ? Pour beaucoup d’entre eux 92 % du baccalauréat sera déjà joué, quel sera leur degré de motivation quand ils aborderont l’épreuve de philosophie ? La conséquence principale de cette situation concernant notre enseignement risque d’être l’annualisation des services qui va engendrer un déséquilibre des heures dispensées dans l’année. Nicolas Franck constate que les notes des épreuves de spécialités ne pourront pas être prises en compte sur Parcoursup et que laisser les élèves choisir leurs spécialités créera nécessairement des problèmes d’organisation insolubles. Avec 35 élèves par classe pour l’enseignement commun, il y aura inévitablement des suppressions de classes et, par conséquent, de postes d’enseignants.

Nicolas Franck rajoute que nous manquons de soutien de la part de nos collègues du Supérieur et des classes préparatoires, la plupart d’entre eux pensent que quatre heures de philosophie seront suffisantes pour les bons élèves qui choisiront une hypokhâgne.

Cette présentation du rapport moral se termine par l’évocation du Prix lycéen du livre de philosophie qui connaît un succès grandissant avec plus de 70 lycées engagés pour la nouvelle édition. Nicolas Franck se réjouit également de l’augmentation sensible des postes aux prochains concours. Il annonce le projet d’un deuxième numéro du hors-série Entrer dans le métier rédigé à l’intention des jeunes collègues débutant dans le métier. Il regrette le retard pris par la mise en place du nouveau site internet.

Dans la discussion qui suit, Philippe Danino se demande comment la DGESCO peut continuer à parler du choix par les élèves de leurs spécialités alors que chacun sait que cela ne pourra pas être le cas pour des raisons d’organisation interne aux lycées. L’offre des spécialités, fixée par les recteurs, variera d’un lycée à l’autre en fonction des « ressources disponibles ». Il déplore la perte à prévoir du nombre de postes. Patricia Verdeau s’inquiète des conséquences de l’annualisation des services à partir de son expérience à l’ÉSPÉ de Toulouse et dénonce le souci d’abord économique d’une telle réforme. Simon Perrier souligne que la spécialité HLP sera à la merci de l’autonomie des établissements et des contraintes locales, rien ne pouvant garantir l’équité que nous souhaitons. De plus, la perte de la Terminale L aura de graves conséquences sur les départements de philosophie qui recrutent en majorité en série L.

Alexandre Lepezel insiste sur la difficulté à mobiliser les collègues ; celle-ci est liée à la complexité des enjeux et à la difficulté de dire ce que nous voulons. L’APPEP, qui n’a pas d’abord choisi de s’opposer frontalement à la réforme, adopte une position mesurée qui ne favorise sans doute pas une mobilisation plus importante. Alexandre Lepezel nous invite à définir plus clairement les raisons de notre contestation. S’agit-il maintenant d’une remise en cause de la réforme ou plutôt de ses modalités d’application ? Véronique Verdier ne s’étonne pas du manque de réactivité des collègues des autres disciplines car ils ont cru, parce que nous avions obtenu quatre heures en tronc commun, que nous étions avantagés alors qu’en réalité, nous sommes, avec la perte des heures en L et la mise en place du contrôle continu, les grands perdants de cette réforme. Jean-Pierre Richard souhaite la reconstitution de la « classe de philosophie » et Alain Champseix soutient qu’il est possible de mobiliser les collègues des autres disciplines contre les programmes de spécialités tels qu’ils ont été présentés et qui imposent aux enseignants des contenus qu’ils n’ont pas choisis. Pour Pierre Windecker, le compte n’y est pas mais il se place dans une perspective d’avenir où beaucoup de modifications sont toujours possibles ; il faut continuer à faire des propositions. Nicolas Janny insiste pour encourager notre action sur la fragilité d’un gouvernement dont nul ne peut savoir s’il sera toujours là dans quelques mois.

Vincent Renault déplore la dégradation du métier d’enseignant ; nous sommes de plus en plus occupés à des activités diverses et administratives qui nous détournent de notre mission première. Karine Cardinal note la difficulté pour les professeurs de philosophie qui devront intervenir en classe de seconde pour convaincre les élèves de choisir HLP. Pierre Hayat explique que la difficulté à mobiliser est liée au fait que ce que nous gagnons est visible, 4 heures en tronc commun, alors que ce que nous perdons est moins visible. La disparition de la terminale L, qui n’est pas compensée par HLP, va en réalité nous faire perdre beaucoup plus que l’heure gagnée en Terminale S. Trop peu se rendent compte de la perte que cela représente pour la philosophie. Nicolas Franck ajoute que nous n’avons pas assez anticipé cette disparition de la Terminale L et que nous avons argumenté tardivement pour sa défense. Dans le hors -série Entrer dans le métier, rien n’est dit sur l’apport de la Terminale L pour notre enseignement. Jean-Pierre Carlet justifie cela par le fait que personne n’aurait pu imaginer que les séries disparaîtraient, mais il précise qu’en fait, étant donné les spécialités que pourront choisir les élèves, les séries seront dans l’ensemble reconstituées, seule la série L ne trouve aucun équivalent dans la réforme à venir.

Le rapport moral est adopté à l’unanimité.

 

II. RAPPORT FINANCIER

La parole est donnée à Henri Dilberman, trésorier de l’Association, qui présente le rapport financier portant sur l’exercice du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018[1].

Il souligne tout d’abord les points suivants : les nouvelles adhésions se maintiennent à un haut niveau pour la quatrième année consécutive. Cependant, le nombre d’adhérents est en légère baisse (437 contre 451) car le nombre de démissions et de décès demeure toujours supérieur à celui des nouvelles adhésions (54 contre 40). La proportion de collègues honoraires baisse légèrement : cela traduit, entre autres raisons, une plus grande fidélisation des nouveaux adhérents de l’année 2016-17 (13 démissionnaires « seulement »). En effet, lors du précédent exercice, c’était près de la moitié (20) qui n’avaient pas renouvelé leur adhésion. Malheureusement, il y a moins d’abonnés à l’Enseignement philosophique, et parmi les 40 nouveaux adhérents, on note 16 non-abonnés (soit 40 %), soit beaucoup plus que l’année dernière, certes exceptionnelle à ce point de vue.

Bien sûr, le reflux de nos abonnés payants a une conséquence mécanique sur nos recettes. Néanmoins, il faut faire la part d’une remarquable initiative de Gérard Schmitt, secrétaire de rédaction de la Revue, et plus précisément chargé de la composition : il a négocié avec l’imprimeur le passage à l’impression numérique, procédé plus avantageux pour un tirage modeste que l’ancien, l’impression offset, qui n’a de sens économique que pour des tirages nettement plus importants que le nôtre. D’ores et déjà, il en résulte une réduction sensible du coût d’impression, environ 500 €pour cet exercice et, nous l’espérons du moins, plus de 2 000 € pour le prochain exercice !

Malgré notre déficit chronique, nos tarifs étaient remarquablement stables depuis des années ; aussi avons-nous pris cette année la décision d’une très légère augmentation de nos tarifs, soit 50 centimes pour l’abonnement, auxquels vient s’ajouter une augmentation identique de la cotisation de l’adhésion. La modicité de cette hausse s’explique en partie par la générosité du très grand nombre de nos adhérents (199) qui ont opté pour le tarif de soutien.

Nos dépenses sont cette année presque sans commune mesure avec celles de l’année dernière, si bien que nous n’avons pas eu à puiser dans nos réserves. C’est – outre des frais d’impression de notre revue à la baisse – qu’il n’y a pas eu de dépenses exceptionnelles ; en particulier nous n’avons pas eu à organiser deux comités pour un seul et même exercice. De plus, nos collègues du BN, en particulier ceux des académies éloignées de Paris, ont tous, ou presque tous, consenti de sérieux efforts pour limiter leurs frais de déplacement.

Henri Dilberman souligne le paradoxe suivant, qu’il explique par différents artifices purement comptables : contrairement à ce que semble indiquer le chiffre brut, nos recettes sont en réalité en hausse. C’est remarquable, étant donné la baisse des abonnements à notre revue.

Henri Dilberman veut surtout retenir de cet exercice trois points qui suscitent son optimisme : l’impression de la revue coûtera nettement moins cher désormais, les dons de nos collègues ont très fortement augmenté (l’introduction d’un tarif de soutien a été un succès), le flux de nouveaux adhérents se maintient, même s’il ne suffit pas tout à fait à assurer l’équilibre démographique de notre association.

Bien que nous soyons encore en déficit de plus de 600 €, ce qui n’est pas négligeable vu la taille moyenne de notre association, nous pouvons donc espérer parvenir bientôt à l’équilibre financier, et d’ores et déjà nous n’avons pas eu à puiser dans notre épargne. Henri Dilberman remercie les adhérents de l’Association pour leur générosité, et le Président Nicolas Franck ainsi que les autres membres du BN, les deux secrétaires de la Revue et enfin son prédécesseur, Bernard Fischer pour leurs heureuses initiatives et leur prudence financière.

Henri Dilberman rappelle que la générosité des collègues, sous forme de don, est toujours la bienvenue et conclut son exposé par les mots suivants : « il ne faudra pas, bien sûr, relâcher cet effort ! »

Gérard Schmitt tient à préciser que le mérite du passage à un procédé d’impression plus économique revient en grande partie à M. Sadois, qui s’occupe de la photocomposition de notre revue. Il enchaîne en faisant un bref rapport sur l’état de la Revue, qui est très satisfaisant si l’on prend en compte la quantité et la qualité des articles proposés à la publication ainsi que le travail du comité de lecture, mais en revanche plutôt préoccupant si l’on considère le nombre des abonnés.

Nicolas Franck lit ensuite le rapport des commissaires aux comptes avec l’accord d’Emmanuelle Carlin, Castel Jean étant absent. Tous les documents nécessaires à la mission de contrôle ont été fournis, ils louent la qualité et le sérieux du travail de gestionnaire d’Henri Dilberman qui s’acquitte de cette tâche fastidieuse de manière remarquable. Les deux commissaires aux comptes déclarent la trésorerie saine et donnent quitus au trésorier.

Le rapport financier est adopté à l’unanimité.

Nicolas Franck annonce que nous pouvons maintenant contacter par leur adresse tous les lycées. Il suggère de rendre plus actifs les comptes Tweeter et Facebook qui permettent d’engager des discussions. Les comptes Enseigner la philosophie et Les profs de philo contre la réforme du lycée rencontrent un vif succès. Nicolas Franck fait part de l’initiative de Bernard Fischer d’éditer un troisième volume des articles de Jean Lefranc publiés dans la Revue dans la collection DidacPhilo dirigée par Frédéric Cossutta.

 

III. ÉLECTION DU BUREAU

À l’issue du dépouillement effectué par Simon Perrier et Étienne Akamatsu, les résultats du vote sont proclamés. Sont élus membres du Bureau National :

Valérie Bonnet                                        84 voix

Didier Brégeon                                        85 voix

Jean-Pierre Carlet                                  84 voix

Alain Champseix                                    85 voix

Henri Dilberman                                    85 voix

Julien Fonollosa                                     83 voix

Nicolas Forest                                         83 voix

Nicolas Franck                                        84 voix

Pierre Hayat                                            83 voix

Jean-Louis Lanher                                 84 voix

Alexandre Lepezel                                  84 voix

Bertrand Nouailles                                 84 voix

Marie Perret                                            84 voix

Simon Perrier                                          84 voix

Audrey Pomarès                                     83 voix

Vincent Renault                                      85 voix

Agathe Richard                                       83 voix

Gérard Schmitt                                       85 voix

Patricia Verdeau                                     82 voix

Pierre Windecker                                   83 voix

 

IV. PROJET D’UN NOUVEAU HORS-SÉRIE « ENTRER DANS LE MÉTIER »

Gérard Schmitt ouvre la séance de l’après-midi et laisse la parole à Nicolas Franck pour présenter le projet de rédaction d’un nouvel hors-série Entrer dans le métier. Nicolas Franck préfère éviter le terme « brochure » pour lui préférer celui de « Hors-série » dont l’édition est prévue pour la rentrée 2019. Il s’agira d’une édition entièrement électronique, il n’y aura donc pas de tirage « papier ».

Jean-Pierre Carlet est le responsable de cette édition, il en précise les principes :

Il faut rester au plus près des collègues débutants. Trop d’articles du précédent Entrer dans le métiermenaient des analyses trop générales ; il faut favoriser des approches concrètes à partir de situations réelles de cours. Chacun est appelé à partager son expérience.

Jean-Pierre propose quelques pistes possibles :

– Ce qu’a pu signifier : entrer dans le métier de professeur de philosophie ?

– Comment abordons-nous une classe en début d’année ?

– Comment présentons-nous le programme aux élèves ?

– Comment enseignons-nous les méthodes de la dissertation ?

– Comment procédons-nous pour la lecture d’une œuvre suivie ?

– Comment favorisons-nous la prise de parole ?

– Comment distinguons-nous des moments entre la transmission d’un contenu disciplinaire et la participation des élèves ?

– Comment répondons-nous aux objections des élèves sur la possibilité d’un enseignement de la philosophie ?

– Quel usage faisons-nous de nos références ? Quelle place prennent-elles dans la construction d’un cours ? La façon d’exploiter des œuvres littéraires, artistiques ou cinématographiques est également suggérée.

– Comment travaillons-nous en collaboration avec d’autres disciplines ?

Jean-Pierre Carlet lance un appel à tous pour des articles sobres et brefs (de 4 à 6 pages).

 

V. EXAMEN DES MOTIONS

Nicolas Franck engage l’examen de ces motions en rappelant qu’elles annoncent l’orientation à venir de l’APPEP. [Les motions adoptées ont été publiées ici]. 

 

1. La réforme de l’enseignement de la philosophie

Motion 1, sur HLP

Cette motion est l’occasion d’une longue discussion. Pierre Windecker, à la suite des interventions de Didier Brégeon et de Nicolas Forest, suggère qu’elle soit dissociée en deux motions distinctes. L’une portant sur la contestation du projet de réforme et l’instauration d’une spécialité HLP qui ne remplacera en aucun cas la Terminale L, spécialité dont Jean-Louis Lanher constate qu’elle fait intervenir des professeurs de philosophie et de lettres sur des objets communs sans être ni un enseignement de philosophie ni un enseignement de lettres au sens du tronc commun ; l’autre sur nos exigences concernant les conditions d’enseignement de cette spécialité. Pour résoudre cette difficulté et pour que ces deux positions n’apparaissent pas contradictoires, Alexandre Lepezel propose de maintenir une seule motion en prenant bien soin de les distinguer par cette articulation : « Dans le cadre de l’application éventuelle de cette réforme », ce qui permet selon les mots de Pierre Hayat de faire apparaître dans une même motion nos critiques structurelles, immédiatement suivies de nos demandes structurelles. Vincent Renault conclut ainsi que cette motion implique deux niveaux d’analyse qui ne sont pas contradictoires. La critique de principe de la spécialité HLP n’empêchant pas la demande des meilleures conditions pour son enseignement par des professeurs de philosophie.

Cette motion est adoptée à l’unanimité moins quatre abstentions.

Motion 2, sur l’enseignement commun

Simon Perrier dit craindre l’obligation faite au professeur de définir pour l’année un thème dirigeant l’étude des notions. Les notions ne sont certes heureusement pas à étudier comme autant de cours séparés, mais leur lecture selon un thème annuel serait très contraignante voire réductrice. C’est le thème qui deviendrait l’objet du cours. Il est rejoint par Étienne Akamatsu qui précise qu’il ne faut rien céder devant ce qui pourrait menacer ce programme de notions. L’idée évoquée de revendiquer explicitement la possibilité pour un professeur de lier ses notions à un thème d’étude est rejetée. Chacun s’accorde à souhaiter que les exercices de la dissertation et de l’explication de texte soient définis dans le programme de la façon la plus précise qui soit, de manière à limiter la marge d’interprétation qui pourrait rendre confuse nos exigences et différer d’un professeur à l’autre. Cette motion est adoptée à l’unanimité moins deux abstentions.

 

2. Conditions de l’enseignement de la philosophie dans les séries technologiques et dans l’EMC

Motion 3, sur la philosophie en séries technologiques

Malheureusement la réforme ne change rien aux conditions de l’enseignement de la philosophie en séries technologiques. Il est rappelé l’exigence de l’APPEP qu’aucune modification des épreuves ne doit se faire sans une large consultation des professeurs. La question du coefficient de l’épreuve est posée, si chacun reconnaît que, pour l’enseignement commun du baccalauréat général, 8 %, c’est trop faible.

Simon Perrier pense que dans les séries technologiques, vouloir rehausser notre coefficient pourrait rendre nos conditions de travail plus difficiles. La faiblesse du coefficient lui est toujours apparue au contraire une condition plutôt favorable dans ces classes. Pour espérer un effet, espoir incertain, il faudrait d’ailleurs élever ce coefficient presque au rang des matières principales, ce qui serait absurde[2].

Cette motion est adoptée à l’unanimité moins une abstention.

Motion 4, sur l’EMC

Nous rappelons notre attachement à l’enseignement moral et civique, le caractère non disciplinaire de cet enseignement ne pose pas de problème puisqu’il s’ajoute à l’enseignement disciplinaire.

Cette motion est adoptée à l’unanimité moins deux abstentions.

 

3. Conditions d’exercice du métier

Motion 5, sur les conditions de travail des enseignants

L’avis est unanime pour craindre une détérioration générale de nos conditions d’enseignement. La motion place le ministère devant toutes ses contradictions.

Cette motion est adoptée à l’unanimité.

Motion 6, sur les postes en philosophie

Tout le monde se félicite de l’augmentation sensible des postes à tous les concours en 2019. L’année scolaire prochaine sera particulière puisque l’enseignement de spécialité HLP en Première s’ajoutera à celui des Terminales actuelles. Mais est exprimée la crainte d’une baisse des postes importante dans les années à venir.

Cette motion est adoptée à l’unanimité.

 

4. Organisation de l’examen et de l’année scolaire

Motion 8, sur la place de la philosophie dans le baccalauréat

Cette motion est adoptée à l’unanimité moins une abstention.

 

5. Un lycée concurrentiel et désorganisé

Motion 9, sur le contrôle continu

Cette motion est adoptée à l’unanimité.

Motion 10, sur un lycée concurrentiel

Cette motion est adoptée à l’unanimité moins une abstention.

Motion 11

Cette motion est adoptée à l’unanimité moins une abstention.

Conclusion, motion 12

Cette motion est adoptée à l’unanimité moins une abstention.

 

L’Assemblée générale donne mandat au Bureau national pour examiner la motion 7 sur la formation initiale et continue. Patricia Verdeau se charge d’en rédiger la première mouture.

 

Nicolas Franck annonce que le colloque qui devait être consacré à Georges Canguilhem ne pourra se tenir au printemps prochain comme prévu. Il est en effet impossible d’accéder aux archives des œuvres de Canguilhem et nous ne trouvons pas d’intervenants assez compétents. Notre réflexion devait porter sur ce qu’est devenu l’enseignement de la philosophie à la lumière de ce qu’en a fait Georges Canguilhem. Il est cependant question d’organiser un après-midi avec Camille Limoges, co-éditeur des Œuvres complètes de Georges Canguilhem.

Nicolas Franck nous propose d’envisager la création d’une spécialité « Droit-Philosophie », il a l’intention d’organiser un colloque qui réunirait des professeurs de droit et de philosophie en septembre 2019.

La séance est levée à 17 h 45.

 

[1].  Ce rapport financier a été publié dans le numéro 4 de la 68eannée (juin2018-août 2018) de L’Enseignement philosophique, p. 74-80.

[2]. Précisons que Simon Perrier, parti à 17 h 30, n’a pas pu participer au débat et au vote de la motion 8 qui reprend la même idée d’un coefficient plus élevé.