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Motion adoptée par les membres des jurys de baccalauréat, juillet 2018

Juste avant les délibérations portant sur les épreuves du premier groupe, les Régionales de l’APPEP et de l’APSES ont mis au point le texte suivant. Il a notamment été repris par l’ensemble des professeurs de philosophie de l’académie qui étaient restés en contact après la commission et de nombreux professeurs d’autres disciplines. Tous ont concouru, malgré des délais très courts à l’organisation du vote de la motion.

78 commission ont ainsi pu être consultées, soit près de 1000 correcteurs du bac toute discipline confondue.

Les résultats furent les suivants :

77,28% des suffrages exprimés favorables à la motion

1,62% contre

20,79% qui ne se prononcent pas

A ces résultats, il conviendrait d’ajouter ceux de nombreux centres situés en dehors de l’académie. Ils se sont joints au mouvement dénommé « Bac avec motion ».

On peut donc considérer que cette motion dépasse de beaucoup ses initiateurs : elle est désormais la motion de l’ensemble des professeurs de l’académie et, même, au-delà.

Cette initiative a également reçu le soutien des instances régionales du SNES, du SNALC et de la CGT Educ’action.

Chaque responsable de vote – 78 en tout – adresse une copie de la motion avec les résultats de la commission dont il était membre au ministre de l’Education Nationale.

Les médias locaux, qui avaient déjà beaucoup relayé les actions des professeurs de philosophie, et certains nationaux sont informés.

 

Motion adoptée par les membres des jurys de baccalauréat 2018

Les membres des jurys du baccalauréat déclarent qu’ils ne peuvent accepter la mise en oeuvre de plusieurs principes mis en avant par le projet de réforme du baccalauréat et du lycée.

Ils concernent les points suivants.

1) Les disciplines enseignées, au lieu d’être considérées comme complémentaires les unes des autres, sont envisagées comme concurrentes. L’abandon d’une organisation en séries risque de ne plus permettre d’envisager une cohérence entre les enseignements.

2) Les élèves seront contraints de choisir en cours d’année de Première d’abandonner une des trois spécialités en lesquelles ils sont engagés.

3) On renonce à un enseignement commun sur tout le territoire au profit d’orientations locales dépendant de la taille des lycées et des bassins. Quelle égalité entre un élève d’une grande vill pouvant choisir un établissement en fonction de telle ou telle spécialité et un autre d’une ville moyenne qui dépend d’un seul lycée ? Et, même au sein d’un bassin (ensemble de plusieurs établissements), tout élève est-il réellement en mesure de se rendre dans un lycée qui n’est pas celui de son secteur ?

4) De nouvelles spécialités aux contours disciplinaires flous. Comment admettre que les disciplines en spécialité ne soient pas reconnues dans leur identité propre avec des programmes et des épreuves nationales ?

5) Le calendrier envisagé pour le baccalauréat, avec des épreuves disséminées sur plusieurs mois, est ingérable.

6) Le remplissage des classes de tronc commun avec des effectifs excessifs et des élèves aux parcours et motivations hétérogènes serait anti-pédagogique et représenterait en même temps des conditions de travail plus difficiles encore que ce qu’elles sont actuellement pour des enseignants moins nombreux.

Les choix d’orientation précoces, l’affaiblissement de la transmission des savoirs disciplinaires, le renforcement de la place de l’évaluation, le renvoi aux arbitrages locaux de l’offre proposée dans chaque lycée, produiront à coup sûr un accroissement considérable des inégalités géographiques et sociales entre les élèves.

Les professeurs, membres des jurys du baccalauréat 2018, demandent donc au moins une remise à plat d’une réforme insuffisamment pensée, effectuée dans la précipitation et contre l’avis du Conseil Supérieur de l’Education.