Commission nationale de suivi
de l'enseignement de la philosophie

 

COMPTE RENDU DU RAPPORT D'ETAPE

 

M. Pariente a remis la version définitive du rapport d'étape élaboré par la Commission de suivi. Le compte rendu qui suit résume les points essentiels de ce rapport.

Le rapport rappelle les conditions dans lesquelles la Commission a travaillé : réunions régulières, rencontres avec des professeurs (6 rencontres ayant réuni plus de 450 professeurs) ; le rapport tient compte aussi du courrier envoyé par des collègues à une adresse électronique. Certains points évoqués, par exemple l'exposé des motifs du nouveau programme ou le sujet de la dissertation, n'ont pu être, faute de temps, abordés. Le rapport insiste en revanche sur un point qui n'est pas de la compétence de la commission : les horaires. Il demande le retour à la précédente grille horaire dans son intégralité et insiste en particulier sur le cas de la série S dont l'horaire actuel ne permet pas d'accomplir la tâche d'enseignement attendue.
Les problèmes relevant de la compétence de la Commission peuvent être présentés sous quatre rubriques.

1. Les questions d'approfondissement.
Ces questions, rendues facultatives pour l'année 2001-2002, sont récusées par la grande majorité des collègues à cause de leur caractère plus idéologique que philosophique.

2. Les notions.
La présentation des notions manifeste dans le programme actuel un caractère équivoque certain : certaines notions sont isolées, d'autres articulées (par deux ou par trois). Mais le texte précise en même temps que l'articulation des notions entre elles relève "des choix philosophiques et pédagogiques de l'enseignant". Il y a là une divergence entre la liberté pédagogique reconnue pour l'articulation des notions et la présentation de certaines notions déjà articulées. Il serait souhaitable de clarifier ce point.
Si les collègues souhaitent en général un allègement du programme, ils font en même temps remarquer que cet allègement ne saurait se faire, au risque d'être illusoire, au détriment de l'"organicité" du programme. Il est en effet peu réaliste de supprimer certaines notions (ex. : autrui) qu'un professeur ne peut pas ne pas rencontrer dans le développement de son cours lorsqu'il aborde par exemple la question du droit ou celle de la conscience. On regrette aussi la suppression de certaines notions (ex. : la passion) très présentes chez certains auteurs du programme.
Les collègues ne contestent pas le fait qu'il faille introduire une certaine détermination dans le programme, mais cette détermination ne doit pas se faire à l'encontre de la liberté de réflexion. La détermination est, en fait, à penser essentiellement pour les sujets de baccalauréat : faire en sorte qu'aucun élève et aucun professeur ne soient surpris par les sujets de l'examen.

3. Les auteurs .
Vu l'allongement de la liste des auteurs, les collègues sont sensibles au fait qu'un élève puisse présenter un auteur mal connu de l'examinateur et puisse par conséquent passer l'oral de contrôle dans de mauvaises conditions. Dans cette perspective, et sous réserve que cette mesure ne soit valable que pour les seules épreuves orales du baccalauréat, ils accepteraient que le choix des auteurs d'oral se fasse sur une liste restreinte (ce qui laisse entière latitude pour étudier les auteurs de la liste dans le cours).

4. Les actions d'accompagnement.
Ces actions d'accompagnement ou de formation continue devraient porter sur l'évaluation et la notation des copies, la rédaction de fiches bibliographiques ou de fiches d'orientation au sujet d'auteurs ou de notions, l'initiation à des auteurs au programme. Ces actions devraient par ailleurs permettre d'apaiser les tensions et favoriser le développement d'un sens commun philosophique.

Conclusion : recommandations de la Commission :
La Commission propose les recommandations suivantes :
1 - suppression définitive des questions d'approfondissement ;
2 - lisibilité et faisabilité du programme plus grandes en renonçant à toutes les associations de notions, en éliminant les redondances entre notions voisines et en reprenant des notions absentes, mais indispensables pour l'équilibre du programme ;
3 - liste restreinte d'auteurs pour les seules épreuves orales du baccalauréat (ce qui n'interdit nullement l'étude des autres auteurs en cours d'année) ;
4 - extension des actions de formation continue.
La Commission souhaite, pour ramener la confiance, qu'un signal fort soit donné aux collègues pour la rentrée 2002. Il faudrait en particulier mettre en uvre les points 1 et 4 et retenir du point 2 l'idée d'un programme de notions non articulées.

Compte rendu rédigé par Bernard Fischer