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Réunion du bureau national du 16 mars 2019

Présents : Didier Brégeon, Jean-Pierre Carlet, Alain Champseix, Henri Dilberman,Julien Fonollosa, Nicolas Forest, Nicolas Franck, Pierre Hayat, Jean-Louis Lanher, Alexandre Lepezel, Betrand Nouailles, Audrey Pomarès, Marie Perret, Simon Perrier, Vincent Renault, Agathe Richard, Gérard Schmitt, Patricia Verdeau.

Excusés : Valérie Bonnet, Pierre Windecker. 

Rédaction : Alexandre Lepezel.

La réunion débute à 14h15.

 

 

1- La réforme du baccalauréat et du lycée

         

a) HLP

Nicolas Franck rappelle brièvement les recommandations de l’IGEN de philosophie et de lettres et le communiqué de notre association du 8 mars. Il demande au bureau s’il faut un communiqué particulier pour expliquer notre absence la veille, le 15 mars, à la réunion du CSP concernant HLP ou s’il vaut mieux intégrer cette information à d’autres communiqués.

Le Bureau national ne trouve pas utile de faire un communiqué séparé sur cette question. Les adhérents ont été mis au courant de cette absence et de sa raison par un courriel de Nicolas Franck le 13 mars.

Nicolas Franck communique au bureau une information reçue d’un adhérent à l’étranger. À l’occasion d’une réunion sur HLP, où était présent l’Inspecteur général de lettres, a été présenté un exemple de sujet pour l’épreuve que devront passer les élèves renonçant à la spécialité à l’issue de la première. Il s’agissait d’un texte de Paul Valéry, accompagné d’une question de littérature demandant de relever les procédés par lesquels s’exprime la contradiction dans le texte, et d’une question de philosophie demandant d’expliquer et de commenter une phrase du texte. La première question pourrait valoir comme commentaire de français, la seconde comme essai philosophique. Il semble, d’autre part, que les Inspections soient enclines à laisser les professeurs s’emparer du programme et à tirer des leçons de ce qu’ils en auront fait. Dans cet esprit, par exemple, les périodes apparaissant dans le programme ne seraient plus « de référence » mais « centrales ».

La discussion s’ouvre au sein du bureau concernant la spécialité HLP.

Nicolas Forest évoque la charte que le ministère a signée avec des représentants des grandes écoles et de l’université par laquelle les seconds s’engagent à ne pas déterminer de manière stricte les attendus des formations selon les spécialités de l’enseignement secondaire. Il faut, selon lui, s’appuyer sur cette charte pour s’adresser à l’enseignement supérieur et aux chefs d’établissement afin de rendre possible le choix de la spécialité HLP avec d’autres spécialités qui ne sont pas littéraires.

Nicolas Franck affirme qu’il ne faut pas accorder de crédit à cette charte. Alexandre Lepezel ajoute qu’elle peut, au mieux, modérer la détermination des attendus selon les spécialités mais que, pour le reste, elle a tout d’une dénégation. Vincent Renault considère qu’il n’est pas réaliste que les CPGE scientifiques, par exemple, ne recrutent pas leurs élèves selon les spécialités qu’ils auront choisies. Julien Fonollosa avance que cette charte est de nature démagogique car elle réaffirme le principe de libre choix des élèves alors que c’est pratiquement intenable et que toutes les spécialités ne sont pas présentes dans tous les lycées. Nicolas Forest se déclare conscient des limites de cette charte mais il lui semble qu’on doit jouer toutes les cartes à notre disposition pour que la spécialité HLP puisse entrer dans les parcours diversifiés des élèves.

Jean-Pierre Carlet souhaite revenir sur notre revendication de deux programmes séparés. Il se demande si nous avons une chance de la faire aboutir. Nicolas Forest affirme que l’objectif n’est pas tenable car cela reviendrait à faire de la philosophie et des lettres deux demi-spécialités. Il lui semble plus cohérent de réclamer un programme commun à double entrée. Simon Perrier veut souligner une difficulté : en demandant des programmes séparés, nous allons directement à l’encontre de la nature bidisciplinaire de la spécialité, ce qui obligerait le ministère à changer la nature d’un projet présenté comme une innovation féconde. Il est difficile de l’espérer et il faut se demander si nous y gagnerions s’il décidait de faire deux spécialités séparées. Pierre Hayat fait remarquer que le ministère a cédé sur des points importants de structure par rapport à la première présentation de la spécialité HLP : nous avons obtenu des horaires, des épreuves et des corrections séparés. Réclamer des programmes séparés est dans la continuité de notre action de défense de l’enseignement de la philosophie. Nicolas Franck propose que nous travaillions sur une traduction du programme actuel en notions philosophiques. Pierre Hayat approuve la proposition et précise qu’il ne s’agirait pas de se faire les concepteurs d’un programme alternatif mais d’aider les collègues qui prendront en charge cette spécialité l’année prochaine à dispenser un enseignement véritablement philosophique. Les collègues partageraient en ligne  des sortes de « kit de survie », le temps d’obtenir un programme autonome, approprié aux besoin d’un enseignement de la philosophie. 

La proposition est approuvée par le bureau national.

 

b) EMC

Nicolas Franck rappelle les deux revendications principales de l’association au sujet de l’EMC : que la laïcité soit un des deux axes du programme en terminale et que les heures de terminale soient attribuées en priorité aux professeurs de philosophie. Cela a été fort bien reçu par le Conseil des sages de la laïcité lors de la réunion du 12 mars à laquelle nous étions conviés. Le Conseil va adresser au ministre et au CSP un compte rendu détaillé de notre rencontre pour soutenir nos demandes.

Alexandre Lepezel se demande s’il ne faudrait pas que l’Association donne son avis, par voie de communiqué, sur les programmes de Seconde et de Première. Ce serait une manière de montrer que les professeurs de philosophie sont également légitimes pour prendre en charge l’EMC à ces niveaux. Pierre Hayat souligne l’importance intellectuelle de faire de la laïcité le fil rouge de l’EMC de la primaire au lycée. C’est aussi, selon lui, ce qui assure que les professeurs de philosophie prennent toute leur place dans cet enseignement en terminale et dans la formation initiale, notamment des professeurs des écoles. Nicolas Franck déclare que l’enseignement de l’EMC au lycée est un enjeu de lutte et que nous avons besoin, à ce sujet, du soutien de l’Inspection. Il rapporte que l’Inspectrice générale d’histoire-géographie, lors de la réunion du 12 mars, a soutenu notre proposition d’introduction de la laïcité dans le programme de terminale de l’EMC mais qu’elle a ajouté que cela devait donner lieu à un travail interdisciplinaire avec le professeur d’histoire-géographie.

 

c) DGEMC

Marie Perret fait un compte rendu de la réunion au CSP sur DGEMC qui a eu lieu le 14 mars. Après avoir protesté contre la méthode suivie par le CSP, qui a refusé que les GEPP reçoivent les associations, et qui ne nous a auditionnés qu’à la fin du processus, nous avons mis en lumière les confusions de l’architecture du nouveau programme. En effet, alors que le programme actuel saisit les grands enjeux du monde contemporain à partir du droit, le nouveau les en détache pour en faire des « grands débats » censés intéresser davantage les élèves. Nos remarques ont été d’autant plus écoutées que nous étions les seuls à parler de l’objet de la réunion, les autres associations présentes venant défendre un intérêt étroitement disciplinaire. 

 

d) Les épreuves de la série STHR

Concernant les nouveaux sujets de baccalauréat de la série STHR, une commission de suivi a été copilotée par la DGESCO et l’IG. Nicolas Franck rappelle que nous devions être auditionnés par cette commission mais qu’il n’en a rien été. Nous sommes en mars et nous n’en avons toujours aucune nouvelle ; il est maintenant trop tard pour demander un quelconque changement pour la session prochaine du baccalauréat. Nicolas Franck propose donc que nous ne tardions pas à réagir par un communiqué sur ces sujets et par la publication de l’analyse produite par Marie Perret et Valérie Bonnet.

Julien Fonollosa fait part de l’efficacité du nouvel exercice de composition : en rendant explicite le travail progressif d’interrogation du sujet, les questions ont permis à ses élèves de mieux comprendre ce que l’on attendait d’eux et d’accomplir en conséquence de véritables progrès. Marie Perret soutient que, de la même façon que les élèves en série technologique ont le choix de mener l’explication d’un texte en suivant les questions ou en ne les suivant pas, il faut que les élèves de la série STHR aient le choix, face à un sujet qui est une question, de le traiter comme une composition ou comme une dissertation. Julien Fonollosa répond qu’il lui paraît difficile, au baccalauréat, de proposer une « dissertation pure » et un sujet qui peut être traité comme une composition ou une dissertation. Il faudrait alors, outre le sujet d’explication de texte, deux sujets de composition / dissertation. Vincent Renault fait remarquer que les questions de composition sont très déterminées et qu’elles imposent un plan ; elles ne sont valables et utiles que par rapport à un contenu de cours particulier. Si l’on veut éviter cette détermination du cours par les questions de l’exercice, il faut que ces dernières restent formelles. Marie Perret répond que, justement, le groupe qui travaille sur ces sujets ne veut pas que les questions soient formelles.

Il est décidé que Marie Perret et Valérie Bonnet renverront leur analyse au bureau pour une dernière relecture et des amendements si besoin.

 

e) Les actions à prévoir lors de la session 2019 du baccalauréat

Nicolas Franck déclare qu’il est probable que, lors de cette session du baccalauréat, on assiste à des appels à la grève, à la surnotation ou à la rétention des notes. Nous aurons une vision plus précise de la situation lors de la réunion du Comité national, le 25 mai.

Pierre Hayat propose que nous envoyions un courrier au ministère, à la DGESCO, à l’Inspection générale et à tout interlocuteur utile, afin de demander qu’il soit prévu au minimum une heure de discussion collective entre professeurs de philosophie lors des réunions d’entente. Nicolas Franck propose d’associer la Conférence des présidents des associations de professeurs spécialistes à cette démarche.

Ces propositions sont approuvées par le bureau national.

Nicolas Franck communique au bureau une information reçue d’un correspondant : l’épreuve de philosophie dans les centres étrangers aura lieu, non plus le premier, mais le troisième jour des épreuves du baccalauréat, ce qui diminue encore les délais de correction. Notre association doit avoir une réaction à ce sujet. Plus généralement, une note sur le désengagement de l’AEFE est prévue dans le prochain numéro de la revue.

D’autre part, Nicolas Franck informe le bureau qu’à l’occasion de la session 2019 du baccalauréat, une expérimentation de dématérialisation des copies sera menée pour deux épreuves dans une quinzaine d’académies. Vincent Renault précise que, dans un tel dispositif, toutes les opérations de correction sont potentiellement surveillées. Il faudra signaler ce fait à nos collègues.

 

 

2- Les CPGE

Vincent Renault expose ce que pourraient être les positions et les propositions de l’APPEP à propos des CPGE, sujet d’intérêt pour notre association à trois titres : tout d’abord, en raison de la présence importante, en comparaison d’autres disciplines, de la philosophie dans les différentes filières (elle est présente dans les trois filières, même si c’est par l’intermédiaire d’un professeur de lettres dans la plupart des classes scientifiques) ; ensuite, afin de répondre au besoin des collègues d’une clarté sur les critères de recrutement en CPGE ; enfin, parce que la réforme en cours exige d’être prêts à se positionner sur ses éventuelles suites, concernant les classes préparatoires. 

À partir de ces constats, il précise quelles pourraient être les grandes lignes d’une politique de l’association sur ce sujet.

Avant tout, il semble important de rappeler l’attachement de l’APPEP au principe même des CPGE.

D’autre part, sur le plan du recrutement en CPGE, l’association pourrait avoir à déterminer sa position sur plusieurs points. Tout d’abord, se pose la question de l’importance à donner au doctorat pour enseigner en CPGE. Sur ce point, il faut noter que même si le doctorat donne une légitimité pour l’enseignement dans le supérieur, il ne faudrait pas que des agrégés non docteurs soient pénalisés par une absence de doctorat due à leur entrée dans la carrière enseignante. Et il reste essentiel que les principales qualités requises soient celles qui le sont déjà dans l’enseignement philosophique en Terminale. Se pose également la question du rôle de l’avis du chef d’établissement dans le recrutement. Officiellement, cet avis n’est pas pris en compte, mais il semblerait que cela soit moins vrai pour certains lycées des grandes villes.

Sur cette question du recrutement, Vincent Renault affirme qu’il y a de bonnes raisons de rester attachés au modèle actuel de recrutement sous l’autorité de l’IGEN, mais que ce modèle renforcerait sa légitimité en rendant ses procédures encore plus claires pour les candidats aux postes. De là découlent plusieurs propositions : a) qu’un rapport annuel soit rédigé sur la manière de recruter de la part des Inspections générales et que ces informations ne soient pas seulement données en réponse aux questions des syndicats ; b) que des précisions soient données sur les raisons pour lesquelles un candidat n’est pas retenu, par exemple pour la deuxième fois ; c) que la clarté soit faite sur les postes effectivement vacants ; d) enfin, que les nominations se fassent sur un poste et non pas sur un établissement.

Le troisième sujet sur lequel notre association pourrait se pencher, éventuellement de concert avec d’autres associations de professeurs, concerne le programme très lourd des classes préparatoires scientifiques et économiques et commerciales (2eannée), du fait de son changement annuel. On pourrait par exemple envisager, pour les prépas EC, un programme qui reste constant ou qui ne change que par moitié.

Enfin, l’association pourrait demander une plus forte présence des professeurs de philosophie en BTS, voire en DUT.

Sur ces diverses questions, l’association pourrait envisager une consultation de ses membres, qu’ils soient ou non actuellement professeurs en CPGE.

Nicolas Franck remercie Vincent Renault pour la qualité de son exposé. Il faut, selon lui, rappeler l’importance de la philosophie dans les filières sélectives, dans l’enseignement supérieur. C’est un champ où nous devons accroître notre présence. Il propose également que notre association s’adresse à l’Inspection générale afin que cette dernière rende publiques et aisément accessibles les procédures et les exigences du recrutement en CPGE. Il propose enfin que l’association demande la parité entre les lettres et la philosophie dans les CPGE scientifiques. Pierre Hayat souligne l’aspect à la fois historique et actuel de cette dernière revendication.

Ces propositions sont approuvées par le bureau national.

Marie Perret demande ce qu’il en est de la fusion des CPGE dans les universités. Vincent Renault répond que s’il en était beaucoup question il y a une dizaine d’années, leur création est apparemment moins d’actualité.

 

 

3- Les Régionales

Alain Champseix fait le point sur la vie des Régionales et annonce qu’il y a de nouveaux représentants pour les régionales de Reims et d’Aix-Marseille et qu’une Régionale s’est formée dans l’académie de Lille.

 

 

4- Le hors-série Entrer dans le métier

Jean-Pierre Carlet informe le bureau que tout est en place pour la sortie du hors-série : un comité de lecture a été constitué et des contributeurs se sont engagés à rendre des articles pour le mois de mai. Il fait un appel aux témoignages sur l’entrée dans le métier.

 

 

5- Questions diverses

Nicolas Franck évoque le sujet du nouveau site internet de l’association. Étant donné le retard qu’il a pris, le prestataire a proposé un rabais sur le prix. Le résultat qu’on peut aujourd’hui consulter est très satisfaisant mais nous n’avons toujours aucune date précise pour la livraison. Nicolas Franck demande au bureau s’il faut continuer malgré tout avec ce prestataire.

Le bureau affirme qu’il faut poursuivre avec lui.

La réunion prend fin à 17h15.