Commission nationale de suivi de l'enseignement de la philosophie

Les réunions inter-académiques

 
 

On lira ci-dessous les comptes rendus des réunions inter-académiques tenues à Lyon le 20 novembre et à Paris les 26 et 27 novembre 2001. Ils émanent, pour le premier, de la régionale de Clermont, pour le deuxième de celle de Caen et pour le troisième de celle de Rouen.

 

Réunion du 20 novembre au lycée du Parc à Lyon

Réunion du 26 novembre au lycée Jeanson de Sailly à Paris

Réunion du 27 novembre au lycée Jeanson de Sailly à Paris

 


Compte-rendu d'une réunion avec la commission de suivi

 

Par Mme Astier-Vezon (Régionale Clermont-Ferrand)

Composé de 22 personnes, le groupe d'enseignants de philosophie réuni le 20 novembre 2001 dans la salle 522 du Lycée du Parc (Lyon) a débattu de cinq points relatifs à l'application du programme 2001 : 1/ horaires ; 2/ questions dites d'approfondissement ; 3/ liste de notions ; 4/ liste des auteurs, et ; 5/ actions d'harmonisation par les moyens évoqués en séance plénière par M. Pariente.
Sur tous ces points, le *Groupe 522* a été unanime à constater l'extrême difficulté qu'il y a à appliquer, dans l'état, le nouveau programme.

1/ Tout d'abord, force est de constater l'inadéquation du volume horaire aux ambitions du programme. Celui-ci comporte 36 notions en TL, 24 en TES et 23 en TS.
En TL, il y a donc plus de notions à traiter que de semaines scolaires, ceci sans compter les devoirs surveillés, les restitutions et corrigés de devoirs, la préparation des oeuvres destinées aux oraux du second groupe du baccalauréat, etc. Le défi du programme est difficile à relever. Il serait impossible à tenir s'il fallait en outre travailler les questions d'approfondissement.
En TS, l'inadéquation est plus criante encore puisqu'il faut traiter un nombre de notions équivalent à celui des TES avec un horaire inférieur d'un quart. On voit mal, dans ces conditions, comment il serait possible de traiter les questions d'approfondissement. En conséquence, le *Groupe 522* exprime unanimement sa *plus vive hostilité* à la réduction du volume horaire en série S et L, considérant le rétablissement de l'ancien horaire comme une condition essentielle de la bonne application du programme.

2/ Les questions d'approfondissement sont impraticables pour des questions d'horaire (cf. 1/), et plus fondamentalement, pour des raisons philosophiques. Elles substituent en effet l'approche historique des notions à leur compréhension philosophique. Or, les enseignants de philosophie ont-ils qualité et compétence à donner des cours d'histoire, fût-ce d'histoire des idées ou des sciences ? Les questions d'approfondissement sont en outre superflues, tout professeur abordant les Droits de l'Homme dans son cours sur le droit ou la révolution galiléenne dans ses cours d'épistémologie. De fait, aucun des enseignants du *Groupe 522* n'a traité ces questions devenues facultatives depuis la rentrée. Ils sont unanimes à demander l'abrogation des questions d'approfondissement sans réintégration dans la liste des notions, qui
est suffisamment étendue.

3/ Quant à la liste des notions, les enseignants du *Groupe 522* doutent de la faisabilité du programme tant en ce qui concerne les notions elles-mêmes que *leur mise en couple ou en série*. Ils constatent que les *principes* du programme affirment le caractère facultatif de ces regroupements notionnels. A quoi bon alors les maintenir ? Ils sont superflus.
Les notions sont parfois redondantes et de nature à introduire la confusion dans l'esprit des élèves. Ainsi, en L, on traite de la *raison* et du *raisonnement* comme s'il s'agissait de deux notions distinctes. Si certaines notions sont redondantes, d'autres ont disparu qui sont pourtant centrales. Sans la médiation de la notion d'*autrui*, comment évoquer la *morale*, le *langage*, le *désir*, le *droit*, le *devoir*, voire le *sujet* ?
Paradoxalement, la *mise en couple ou en série* de certaines notions accroît, à l'encontre de l'objectif recherché, l'indétermination du programme. Pour n'en donner qu'un exemple, associer la technique à l'art et au beau interdit-il de donner à l'examen un sujet portant sur le rapport de la technique au travail ou à la morale ? Nullement puisque : a/ le programme affirme le caractère facultatif des couplages, et ; b/ on saurait difficilement faire un cours sur le travail sans en questionner le rapport à la technique ou un cours sur la technique sans en questionner le rapport à l'éthique. Renforcé par la tendance des manuels à suivre l'ordre de présentation du programme, la *mise en couple ou en série* des notions habitue les élèves à penser celles-ci d'après un certain angle qui pourrait fort bien ne pas être celui de l'examen. Il rend par là-même le programme plus illisible et les sujets plus imprévisibles. Le *Groupe 522* est unanime à suggérer d'abroger les couplages pour rendre leur autonomie aux notions.

4/ Quant à la liste des auteurs, les enseignants du *Groupe 522* sont unanimes à approuver la proposition de M. Pariente de revenir à la disposition de l'ancien programme qui consiste à désigner, par un système d'astérisques, une quinzaine de philosophes dont les uvres doivent être privilégiées pour les oraux du second groupe. Ils estiment que ce dispositif est plus apte à lever l'indétermination du programme et à assurer la réussite des candidats que le couplage des notions. Tout en approuvant ce principe, un professeur a cependant suggéré le recours à des caractères gras plutôt qu'à des astérisques. Les autres lui ont répondu que cette substitution n'était pas typographiquement correcte..

5/ Les enseignants du *Groupe 522* ont unanimement approuvé les deux autres solutions proposées par M. Pariente pour réduire l'indétermination du programme : la relance des actions de formation continue et l'usage de fiches d'orientation. Ils jugent ces deux idées excellentes pourvu qu'elles présentent un caractère indicatif, réfléchissant plutôt que déterminant, et qu'elles préservent ainsi la liberté essentielle à l'enseignement de la philosophie. Ils souhaitent que les actions de formation continue impliquent des universitaires,
gage du sérieux et de la rigueur des formations.

En conclusion, les enseignants de philosophie du *Groupe 522* jugent le programme inapplicable dans l'état. Ils affirment la nécessité de quatre mesures pour en assurer la faisabilité :
1/ Rétablissement des horaires en TL et TS ;
2/ Abrogation des questions d'approfondissement ;
3/ Découplage systématique des notions rendues à leur autonomie ; suppression des notions
superflues et rétablissement des notions centrales ;
4/ Harmonisation accrue des enseignements par le recours *réfléchissant* à la formation continue et à des documents d'orientation.

Télécharger le texte du compte-rendu au format pdf


Bref rapport sur la réunion inter-académique du 26 novembre à Jeanson de Sailly.

 

Etaient présents : Paris, Caen et Tours. Une centaine de collègues en tout.

Voici l'essentiel de ce qui a été dit :
Dans son introduction, (de 10 à 11) M. Pariente nous a proposé 4 questions à débattre en 3 sous commissions. Il a rappelé la possibilité d'écrire à la DESCO ou à l'adresse suivante : commission.philo@ldt.proto.education.gouv.fr Ceci présente l'avantage de la rapidité et l'assurance d'une distribution simultanée à tous les membres de la commission.

Voici ces questions :

1 Les questions d'approfondissement : qui les a appliquées ? Qui y a renoncé, pourquoi ? Faut-il les maintenir ? Ou les supprimer ? Si c'est le cas, ne faut-il pas envisager de réintroduire comme notions ce qui apparaît sous la forme de questions dans le programme actuel ?
2 La liste de notions : la liste actuelle est-elle satisfaisante ? Y a-t-il des notions à réintroduire, qui manquent dans le programme actuel ? S'il faut resserrer le programme, comment faut-il le faire ? Une diminution arithmétique suffit-elle ? Qu'est-ce qu'alléger un programme ?
3 Ne convient-il pas de mettre des astérisques pour les auteurs qui peuvent être présentés à l'oral ? éviter ainsi que les correcteurs puissent se trouver dans la situation de noter un candidat, souvent faible de surcroît, sur un texte qu'ils ne connaissent pas.
4 Pour lutter contre l'indétermination, plutôt que d'imposer des mesures contraignantes dans le programme, accompagner sa mise en oeuvre par un dispositif de formation continue, l'organisation d'échanges entre les collègues sur une notion, des fiches bibliographiques et des fiches d'orientation.

Après les réunions en groupe d'une trentaine de collègues de 11 heures à 13 heures, compte-rendu en début d'après midi du travail des groupes.

M. Pariente résume les points qui ont largement obtenu l'assentiment de la majorité des présents :
1. Protestation contre la réduction horaire en L et en S et à propos de l'inéquité de la situation faite au S (horaire ne permettant pas d'assurer l'enseignement du programme, seuils de dédoublement de facto appliqué de façon variable selon les classes parfois dans un même lycée).
2. Rejet des questions d'approfondissement
3. Rejet net de la partie des principes et des motifs.
4. Demande en faveur d'une lisibilité du programme de notions qui soit clairement organisé.
5. Demande du retour des notions suivantes : autrui, la religion, la justice.
6. Assentiment plutôt global en faveur du retour des astérisques (n'est-ce cependant une demi-mesure ? de la défiance à notre égard ? soit un auteur est un " classique " soit il ne l'est pas et il ne faut pas l'introduire. L'oral est maïeutique, il ne s'agit pas d'érudition universitaire. Les auteurs introduits sont souvent plus accessibles, sinon tels Wittgenstein ce sont " ailleurs " des classiques etc.).
7. Discussions à l'égard des fiches d'orientation.

L'essentiel des discussions informelles à porté sur :
1. La colère de nombreux collègues relativement au " passage en force ". Rappel à été souvent fait des résultats de la consultation.
2. L'ambiguïté de la situation présente eu égard aux sujets du bac. M. Château, Inspecteur Général, a longuement défendu l'idée selon laquelle il fallait considérer toutes les notions du programme comme des notions en tant que telles même si elles sont formulées dans des couples ou en triolets. Ce qui donne en L : 39 notions. Quid alors d'un sujet sur la technique a-t-il été fait remarquer si la " maîtrise de la nature " ne peut donner occasion à un sujet ? Quid d'un allègement dans ces conditions ?
3. La question des fiches d'orientation. Il a été fait remarquer combien cela, comme en Français, présentait le danger de réintroduire la détermination refusée dans les " questions d'approfondissement " et d'ossifier la philosophie en terminale. Ces fiches risquent de servir de canevas aux manuels, aux annabacs, aux élèves avides de cadres, aux IUFM et même aux collègues manquant de temps et allant au plus pressé. D'où dans quelques années, assez vite, un programme réel derrière le programme légal. M. Pariente a répondu qu'il s'agirait d'un travail demandé aux collègues et qui ne constituerait que des suggestions. Il a alors été demandé que les conditions de la pluralité et du renouvellement de ces documents soient assurées dans les procédures.

 

Réflexions personnelles :

Sur les questions d'approfondissement, les motifs et les principes. L'affaire, du côté de la commission semble entendue. Reste à savoir quand et comment les décisions seront prises. M. Pariente a expliqué qu'il s'agirait de remettre des suggestions au GEPES présidé par M. Fichant et que celui-ci prendrait les décisions. Un représentant du ministre interrogé a évoqué l'indécision présente sur la procédure choisie : laisser encore pour un an les questions facultatives, proposer dès l'année prochaine des décisions de détail, une refonte d'ensemble ? Nul ne sait. M. Pariente a évoqué l'urgence pour statuer sur les questions.

Sur la partie des notions. Le boomerang du côté conservateur risque de nous donner un programme alphabétique ou de nouveau surchargé de notions. Il y a là un retour aux problèmes posés par le programme tout de même pléthorique et amorphe de 73 auquel il faudra bien que tous réfléchissent posément. Conserver sélectivement certains couples voire certains triolets particulièrement bien formulés ne serait-il plus sage ?

Sur les fiches d'orientation. Il y a eu souvent mention faite à la nécessité d'homogénéiser l'enseignement philosophique. Qu'en penser ? Ces fiches verront-elles le jour ? Quelles que soient les procédures choisies, cela me semble une mauvaise idée. Les dérives semblent évidentes. N'est-ce pas aux concepteurs du programme de faire leurs choix et de constituer un véritable " sens commun " pour la réflexion critique ?

Je ne saurais trop inciter les collègues à envoyer leurs réflexions à propos en particulier des 4 questions et d'autres choses à l'adresse indiquée.

 

Franck Lelièvre.
Secrétaire de la Régionale de Caen.
Professeur au Lycée Charles de Gaulle à Caen.
franck.lelievre@wanadoo.fr.

Télécharger le compte rendu au format pdf


COMPTE-RENDU DE LA REUNION INTER-ACADEMIQUE DU 27.11.2001 AU LYCEE JANSON DE SAILLY

 

Cette réunion était composée de collègues des académies de Créteil (32 collègues), Lille( ?), Rennes(18) et Rouen(16). La délégation de Créteil comprenait visiblement un certain nombre de membres de l'ACIREPH.

Première étape

M PARIENTE a présenté les questions auxquelles la commission de suivi souhaitait que les collègues répondent :
1- Les questions d'approfondissement : sont-elles appliquées ? faut-il les maintenir ? ou les supprimer ?
2- Si c'est le cas, ne faut-il pas envisager de réintroduire comme notions ce qui apparaît sous la forme de questions dans le programme actuel ? par exemple, la religion, la justice
3- Y a-t-il des notions à réintroduire, qui manquent dans le programme actuel ? M PARIENTE commente : il est très difficile de déterminer ce que pourrait être un programme allégé.
4- Ne convient-il pas de mettre des astérisques pour les auteurs qui peuvent être présentés à l'oral (15 à 20 auteurs) ? pour éviter ainsi que les correcteurs puissent se trouver dans la situation de noter un candidat sur un texte d'un auteur qu'ils ne connaissent pas.
5- " La commission pense qu'il ne faut pas toucher à la liberté de réflexion à la fois des élèves et des enseignants ", précise M PARIENTE. Ainsi " la détermination ne doit pas se faire par des mesures contraignantes dans le programme, mais par des actions de formation continue et des documents d'accompagnement (cela ne doit avoir aucun caractère directif, mais seulement incitatif) " Qu'en pensent les collègues ?

M PARIENTE précise pour terminer que ces questions n'excluent pas d'autres questions que les collègues pourraient souhaiter voir traitées. Avant de séparer la salle en trois groupes, M PARIENTE laisse la parole à trois personnes. J'interviens et je m'adresse avant tout au représentant du ministère présent, M BLANCHARD. Je lui déclare que je ne suis pas venu là pour discuter seulement, lui rappelle qu'il y a eu une consultation nationale ouverte à tous les professeurs et que le programme a été appliqué malgré elle. Je lui dis que , comme beaucoup de collègues présents, j'attends du ministère un véritable geste, une véritable modification de la situation : pour apaiser la situation, pour lever la confusion, pour être crédible, le ministère doit s'engager à suspendre l'application du programme à la rentrée 2002, afin qu'il y ait un nouveau programme de notions et d'auteurs. C'est l'essentiel de mon propos.
Je souligne aussi le caractère inacceptable des motifs et des principes qui commandent ce programme et qu'il convient de prendre en compte l'avis des collègues à ce sujet.

M BLANCHARD répond qu'il faut en effet prendre vite une décision , que les échéances électorales ne pèsent pas cependant tant que cela, que le personnel du ministère ne changera pas complètement, qu'il y aura probablement une certaine continuité etc
Mrs CHATEAU et PARIENTE confirment que les travaux de la commission peuvent se poursuivre dans la durée.
Des interventions de collègues de l'ACIREPH : " nous ne sommes pas là pour enterrer le programme, ce n'est pas le but de ces réunions, il s'agit de l'expérimenter, de partir du terrain ; pour cela, il faut du temps, on ne peut pas juger maintenant, il faut attendre la fin de l'année scolaire "

2- Deuxième étape

Les trois groupes de travail se forment. Je suis dans le deuxième qui est celui qui a abordé le plus de questions, le seul groupe en tout cas à avoir abordé la question des motifs du programme. Il vote sur la quasi-totalité des questions abordées.

Vote 1 : question de fait : qui pratique les questions d'approfondissement, en totalité, seulement en partie, ou pas du tout ?
Personne (pas même la collègue de l'ACIREPH présente) ne les pratique en totalité. Seule une infime minorité de collègues les pratique partiellement ; l'écrasante majorité des collègues ne les pratique pas du tout.

Vote 2 : question de droit : qui est pour leur maintien ? ou pour leur suppression ?
Une écrasante majorité vote pour leur suppression, une seule personne pour leur maintien, quelques abstentions.

Concernant la liste des notions, de nombreux collègues déplorent l'absence de notions comme la justice, la religion, le vivant, autrui, l'imagination, la métaphysique, la perception, le jugement
Leur absence pose des problèmes. Beaucoup disent que la réduction du nombre de notions n'est pas nécessairement synonyme d'allègement : moins il y a de notions, moins un programme est élémentaire, exigeant un approfondissement difficile de la part des élèves (comme en classes préparatoires). Il y a en outre le problème de la confection des sujets de bac : les sujets doivent porter explicitement sur des notions du programme (difficile de faire beaucoup de sujets simples avec très peu de notions et avec par exemple " sciences de la nature et sciences de l'Homme ")
Un collègue souligne que la réduction du nombre des notions peut justifier pour le ministère la réduction des horaires.
Beaucoup rappellent que les notions n'ont jamais été des têtes de chapitre.

Vote à une écrasante majorité pour que des astérisques soient ajoutés au nom de 15 à 20 auteurs pour l'oral du bac.

Enfin écrasante majorité de voix pour la suppression des motifs du programme. Les raisons invoquées : refus de voir un programme de philosophie se mesurer aux médias si souvent cités dans son préambule, refus de voir l'exercice de la réflexion philosophique réduit à l'apprentissage de techniques d'argumentation rhétoriques, rejet de la notion méprisante de " nouveaux publics " qui laisse entendre que les élèves d'aujourd'hui ne seraient plus aptes à la réflexion philosophique. " Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée "

3- Troisième étape

L'après midi, il y a à nouveau séance plénière. On écoute le rapport des trois groupes de travail. Le premier est fait par une collègue de l'ACIREPH qui omet de mentionner le vote qui a eu lieu concernant les questions d'approfondissement dans son groupe, et présente ses options minoritaires comme si elles étaient à égalité avec celles de la majorité des collègues. Elle va jusqu'à déclarer qu'il y a eu consensus sur la nécessité de " déterminer " le programme. De nombreux collègues protestent et désavouent ce rapport. La rapporteuse insiste sur le caractère objectif de son rapport. Un collègue propose alors aux collègues présents comme lui dans ce groupe de travail de lever la main, s'ils ne reconnaissent pas comme lui le rapport et l'objectivité du rapport : une forte majorité de collègues lèvent la main
Les deux autres rapports ne sont pas contestés.

Après ces rapports, M PARIENTE reprend la parole. La question des couplages de notions est alors réévoquée. M CHATEAU explique que la deuxième version du programme ­celle qui est en vigueur- précise bien que les couplages ne sont pas obligatoires. De nombreux collègues soulignent que les choses ne sont pas si claires et que les notions sont bien présentées couplées (et même en triolet). Un collègue déclare qu'il serait simple de présenter la liste des notions en supprimant tous les " et " et les virgules, en les alignant les unes après les autres (et non plus à côté) : cela éviterait toute ambiguité. Sa proposition est approuvée par d'autres collègues.

Des collègues reviennent sur le caractère scandaleux des motifs du programme et insistent sur la nécessité de les retirer. Il est ainsi déclaré qu'on peut admettre qu'à titre privé, M RENAUT considère que la société est formidable " société démocratique dont la dynamique ne cesse de se développer sous nos yeux secteur par secteur " (sic), mais que ce genre de profession de foi n'a pas à commander un programme de philosophie et à être imposée aux professeurs.
Par ailleurs, le souci du préambule de niveler la pensée des grands auteurs et de réduire leur philosophie au point de vue d'un " interlocuteur " à égalité avec n'importe quel camarade de classe, apparaît inacceptable.

Le représentant du ministère (ce n'est plus M BLANCHARD) souligne au passage que les professeurs de philosophie n'ont pas été exposés depuis longtemps à une réforme de leur programme. On lui répond qu'ils avaient approuvé le programme DAGOGNET à une large majorité et que le ministère avait préféré suivre l'avis négatif du CNP, présidé par Luc FERRY.

Une collègue de l'ACIREPH déplore les faibles notes de philosophie au bac qui sont dues en partie, selon elle, à l'indétermination de l'ancien programme (celui de 73). On lui fait remarquer que s'il s'agit avant tout de faire du chiffre et de dévaloriser complètement le bac , il suffit d'introduire des épreuves à barème totalement contraires aux exigences de notre enseignement. On souligne par ailleurs le discrédit dont souffrent les disciplines dont la vocation essentielle est de donner des points au bac (cas de l'EPS, de quelques options)

Des collègues soulignent que les difficultés des élèves ne viennent pas du programme de philosophie mais surtout des conditions de son apprentissage. La question du rétablissement des horaires en TL et TS est cruciale.
Ici le représentant du ministère rétorque qu'il n'y peut rien, qu'il y a une politique générale et qu'il faut que des heures soient dégagées pour les TPE, l'ECJS C'est pour cela qu'il est impossible de rétablir les anciens horaires.

Avant que la réunion ne s'achève, je reviens à la charge sur la question des échéances et m'adresse au représentant du ministère : il faut un geste du ministère, nous ne sommes pas venus pour discuter une fois de plus, il y a eu la consultation qui s'était déroulée dans des conditions exemplaires de transparence, elle prime sur les réunions inter-académiques qui n'ont réuni qu'une partie des professeurs ; il faut la respecter, il ne s'agit pas de l'enterrer, le ministère doit faire un geste, ne pas laisser les choses traîner en longueur et montrer qu'il est vraiment prêt à entendre les professeurs en suspendant l'arrêté de publication de ce programme pour la rentrée 2002 au début de cette année (janvier 2002), afin qu'il y ait vraiment un nouveau programme de notions et d'auteurs, sans les motifs et les principes de l'actuel programme.

Réponse du représentant du ministère : si on suspend le programme actuel, on reviendra à la première version du programme RENAUT ou à celui de 73, ce n'est pas possible. D'autre part, ajoute-t-il, les syndicats d'enseignants ont approuvé ce programme au CSE en 2000.

Je lui rétorque que cela est inexact ; que les syndicats n'ont pas tous approuvé ce programme et que lors du CSE de mai 2001, la majorité des organisations syndicales a voté contre le programme (16 voix pour, 12 voix contre) après 20H, alors que le quorum n'était plus atteint.

Le représentant du ministère : les représentants syndicaux n'avaient qu'à être là, le quorum était atteint en début de séance. Il ajoute qu'il y a un syndicat qui avait d'abord voté pour en 2000, qui a voté contre en 2001 (il parle du SNES)

Je réponds qu'on n'aborde pas une question importante après 20H et que le vote aurait sans doute été différent , s'il s'était passé plus tôt (je rappelle que les représentants FO sont tous restés jusqu'au bout, NDLR)

Après ce dernier échange, la séance est levée. Voilà l'essentiel de ce que j'ai retenu de cette journée.

 

Didier Carsin, professeur de philosophie au lycée Claude Monet du Havre, Académie de ROUEN

Télécharger ce compte rendu au format pdf