Association des
professeurs de philosophie
de l'enseignement public
RAPPORT MORAL 2005/2006
DOSSIERS ET ACTIONS
La question des horaires
L'horaire des classes de la série S continue de faire
l'objet de traitements divers selon les établissements.
Nos tentatives pour obtenir un texte parfaitement explicite, garantissant
nationalement les 4 heures professeur sont restée vaines.
Le projet de réforme de la série SMS envisage une
réduction de l'horaire de philosophie, malgré les
promesses de la DESCO de ne pas procéder à un changement
dans ce domaine. En accord avec les autres associations de spécialistes
intervenant dans cette série, nous avons rappelé
qu'une rénovation et une promotion de la série SMS
ne sauraient passer par la diminution de l'horaire de l'enseignement
philosophique qui permet aux élèves d'élaborer
une réflexion critique sur les pratiques médico-sociales.
Les postes aux concours
Le processus de diminution des postes offerts aux concours
de recrutement des professeurs s'est poursuivi cette année.
Les arguments avancés par le ministère (baisse des
effectifs lycéens, report des départs à la
retraite des professeurs) ne sont pas entièrement convaincants
le désir d'économie budgétaire prime
sur le souci d'efficacité pédagogique. Si toutes
les disciplines sont atteintes, la philosophie se trouve en position
particulièrement difficile : la prolongation de la suppression
du CAPES interne pour les sessions de 2007 et 2008, la réduction
des postes au CAPES externe à une trentaine mettent en
danger les préparations dans bien des départements
de philosophie des universités et menacent de décourager
les étudiants de se lancer dans la voie de l'enseignement
philosophique.
En association avec la CNARELA (Coordination nationale des associations
régionales des
enseignants de langues anciennes) et d'autres associations nous
avons signé une pétition contre la suppression des
postes dans toutes les disciplines concernées. Mais la
demande d'audience au Ministère est restée sans
réponse.
La correction des épreuves du baccalauréat
La fin de l'année scolaire a largement été
occupée par la question du raccourcissement des délais
de correction de l'épreuve de philosophie, notamment dans
les Académies de Paris, Créteil et Versailles. Nous
sommes intervenus auprès de l'Inspection et des recteurs
pour protester contre cette situation et réclamer des délais
plus conformes à une bonne évaluation.
Contacts
Dans le souci d'oeuvrer en commun pour le développement
de l'enseignement philosophique nous avons rencontré des
représentants du groupe philosophie de S.N.E.S et des délégués
du syndicat F.O. Nous avons constaté une grande convergence
de vue sur les sujets suivants : postes aux concours, conditions
de correction du baccalauréat, défense de l'heure
de première chaire et du décret de 1950.
La rencontre avec M.Souchet (doyen) et M.Poirier, de l'inspection
générale de philosophie a permis d'effectuer un
tour d'horizon des problèmes concernant notre discipline.
Malgré une grande convergence de vues, nous avons malheureusement
constaté une grande difficulté à influencer
les décisions ministérielles.
Mais sur le dossier de la rénovation de la série
L, des divergences sont apparues aussi bien avec les syndicats
qu'avec l'inspection générale.
Une lettre a été adressée aux directeurs
des départements de philosophie des Universités,
pour rendre manifeste, en philosophie, la solidarité du
Second degré et du Supérieur et proposer des collaborations.
Cette lettre était accompagnée de l'envoi du numéro
1 (56e année) de la revue. Nous avons reçu quelques
réponses trop peu nombreuses qui, malgré
les intérêts communs, témoignent que cette
solidarité de nos degrés d'enseignement n'est pas
perçue avec acuité par tous.
Dans un souci d'ouverture internationale, le président
a participé à un colloque franco-espagnol sur la
laïcité, organisé par le lycée français
d'Alicante et l'université de cette ville. Des échanges
sur la situation de l'enseignement philosophique en Espagne et
en France permettent d'espérer des contacts réguliers.
Nous avons reçu une demande de collaboration de la part
de l'équipe de Coopération Linguistique et Educative
de l'Ambassade de France à Lisbonne. Plusieurs lycées
portugais ouvrent en septembre 2006 des sections européennes
de langue française (enseignement d'une matière
en français en plus des cours de langue française).
Parmi les établissements, certains ont désigné
la philosophie comme discipline d'enseignement qui sera dispensée
en français et c'est la raison pour laquelle notre aide
a été sollicitée. Nous leur avons adressé
un certain nombre d'exemplaires du numéro de la revue consacré
aux « Réflexions sur l'enseignement de la philosophie
». Il est heureux de constater que « l'exception française
» peut faire des émules et il est souhaitable de
perpétuer cette collaboration.
Notre participation à la Conférence des présidents
d'associations de spécialistes s'est poursuivie ; mais
il semble que l'activité de la Conférence se soit
ralentie cette année.
VIE DE L'ASSOCIATION
Après avoir uvré, bien des années, pour
tenir avec rigueur la trésorerie de l'association, Claude
Brochard a souhaité donner sa démission. Nous devons
le remercier chaleureusement pour tout le travail accompli. Bernard
Fischer s'est proposé pour le remplacer et prendre en charge
la trésorerie, s'il est élu à la prochaine
assemblée générale.
Gérard Schmitt a pris la succession d'Anne Souriau à
la rédaction de la revue. Améliorer la lisibilité
et la présentation ainsi qu'élargir le contenu constituent
les projets que le bureau souhaitait mettre en uvre. Pour diverses
raisons, certains collègues, adhérents à
l'association, ne s'abonnent pas à la revue. Il faut leur
rappeler que la revue est à la fois une source irremplaçable
d'informations sur notre métier et sur l'activité
de l'association et le moyen de diffuser le travail de recherche
philosophique accompli par les collègues.
Le comité a approuvé l'ouverture d'Appepliste à
tous les adhérents. Il serait souhaitable que cette liste
puisse devenir un vrai forum de discussion, de débats et
de propositions au sein de l'association.
Le renouvellement du bureau national s'opère régulièrement
par de nouvelles candidatures c'est encore le cas cette
année. Ce processus est heureux, parce qu'il témoigne
que les « bonnes volontés » acceptant de se
consacrer au bien commun n'ont pas disparu. Mais il reste des
motifs d'inquiétude : s'il faut souligner le dynamisme
de certaines régionales, d'autres sont toujours «
en sommeil », voire disparaissent. L'accroissement du nombre
de nos adhérents doit être l'affaire de tous et s'apparente
à la tâche de Sisyphe.
AVIS DE TEMPETE
Si les années électorales sont, en général,
assez peu propices aux grandes réformes, il faut s'attendre,
pour l'avenir, à l'ouverture de chantiers qui peuvent modifier
considérablement les conditions de l'enseignement philosophique
:
La rénovation de la voie L : des projets sont à
l'étude et après notre rencontre avec l'inspection
générale, nous sommes assez inquiets. D'après
le doyen (M.Souchet), les inspections des autres disciplines critiquent
notre horaire de 8h. L'introduction de la philosophie en première
L, pour "compenser" une perte éventuelle en terminale
est inacceptable. Si nous ne sommes pas hostiles en principe à
cette introduction, elle doit être mûrement réfléchie
quant à son horaire et à son contenu. Le danger
d'un "émiettement" de l'enseignement philosophique
et d'un alourdissement des services doit être sérieusement
envisagé. De plus, cette rénovation de la voie L
ne saurait s'effectuer sans repenser l'ensemble des filières
(voir l'éditorial du n° 5, 56e année de la revue)
La remise en cause du décret de 1950 et la disparition
de l'heure de première chaire contribueraient également
à l'alourdissement de nos tâches.
Si l'on songe à ouvrir le recrutement des classes préparatoires
ce qui est un bien , celles-ci sont l'objet de critiques
renouvelées et le projet de leur intégration à
l'université ressurgit. Il n'est pas sûr que l'enseignement
philosophique y soit gagnant.
La persistance d'un faible recrutement aux concours d'enseignement
obère l'avenir.
Enfin, la mise en application du nouveau programme des classes
technologiques ne règlera pas tous les problèmes
posés par l'enseignement philosophique dans ces séries.
Nous avons demandé à l'Inspection générale
d'organiser des stages ou des rencontres entre les professeurs
pour réfléchir aux modalités pratiques de
cet enseignement.
LA PHILOSOPHIE DANS LA CITE
La France est-elle encore « une nation de philosophes
», comme un vieux cliché le laissait entendre ? Les
grandes figures tutélaires ont disparu (Derrida, Deleuze,
pour ne citer qu'eux) et la presse mais elle n'est pas toujours
clairvoyante déplore souvent le « silence des
intellectuels ». Pourtant, ceux qui fréquentent les
bonnes librairies peuvent constater qu'il se publie beaucoup d'ouvrages
de philosophie (même si la quantité n'est pas un
gage de qualité !), des revues de vulgarisation rencontrent
un écho certain et des hebdomadaires consacrent encore
des pages à la philosophie.
Mais pour qu'il y ait encore des lecteurs avertis, rien ne saurait
remplacer un enseignement rigoureux de la philosophie dans notre
système scolaire : c'est ce que l'APPEP souhaite défendre
devant les pouvoirs publics et l'ensemble des citoyens.
Je tiens à remercier l'ensemble du bureau pour la tâche
collective accomplie.
Edouard Aujaleu
Président de l'APPEP
14 août 06
