APPEL pour l'enseignement de
la philosophie
Motion du bureau national de
l'APPEP
Le samedi 25 mars 2006
À trois mois seulement des concours, pendant les congés
de noël et alors qu'ils étaient depuis longtemps inscrits
et engagés dans une difficile préparation annuelle,
les étudiants candidats aux concours externes de recrutement
de professeurs de philosophie ont appris que le peu de place
offert à ces concours serait diminué cette année
de 39% pour le capes et de 36% pour l'agrégation. Qu'on
en juge : 47 postes offerts à l'agrégation de philosophie
soit le chiffre le plus bas en 20 ans ; 30 postes au CAPES, soit
8 fois moins qu'il y a dix ans. Une telle politique, indifférente
à la réalité des besoins à long terme
contribuera mécaniquement à l'aggravation de la
précarité dans l'Education nationale. Le Ministère
de l'Education Nationale a, certes, habitué de longue date
les étudiants de toutes les disciplines à une absurde
politique de recrutement à court terme (ainsi diminue-t-on
les postes offerts au moment même où les besoins
vont augmenter, du fait de départs massifs à la
retraite dans les années à venir) et n'a jamais
honoré la promesse souvent réitérée
d'un recrutement pluriannuel. Mais, s'agissant de la philosophie,
c'est une autre perspective qui se fait jour : celle d'un processus
continu de diminution qui menace l'existence même d'un enseignement
philosophique aussi bien à l'université que dans
l'enseignement secondaire, une spécificité française
dont notre République a pourtant su longtemps s'enorgueillir.
Comment la diminution brutale des postes offerts au recrutement
ne découragerait-elle pas les étudiants à
moins de trois mois des épreuves ? Comment ne dissuaderait-elle
pas les futurs étudiants en philosophie de persévérer
dans cette discipline ? Comment ne conduirait-elle pas à
la disparition de départements de philosophie dans certaines
universités, compromettant par là-même l'égalité
des chances au concours ? Consciente de la menace qui pèse
sur l'enseignement de la philosophie en France et attachée
à son existence, l'APPEP demande aux autorités compétentes
de revenir sur une décision qui contredit les fins et les
objectifs que la République doit se donner dans l'Education
Nationale pour rester elle-même.
Votée à l'unanimité
