La philosophie est populaire dans les magazines, les émissions de radio et de télévision. Les discussions à visée philosophique se multiplient à l’école primaire. Mais au lycée, le lieu institutionnel de son enseignement, elle est affaiblie : les élèves ont moins d’heures de cours en série scientifique, travaillent dans des conditions plus difficiles dans les séries technologiques, et les effectifs de la série littéraire stagnent.

Ce besoin de philosophie s’est accentué après les attentats de 2015, qui ont révélé une carence en matière de critique, de conceptualisation et de hiérarchisation des connaissances. Il revient aujourd’hui aux professeurs de philosophie de montrer ce que l’exigence philosophique apportera demain aux élèves.

L’APPEP a engagé, dans ses Régionales et ses Commissions, une réflexion renouvelée sur l’enseignement de la philosophie aujourd’hui et demain pour l’ajuster aux conditions du temps présent. Ce colloque a pour objectif de poursuivre ce travail en l’ouvrant à tous les professeurs de philosophie. Il fera donc une large place à la discussion et aux échanges.

La matinée sera consacrée à une réflexion sur le problème et la problématisation. Nous savons la difficulté de nos élèves à élaborer des problèmes. Cela conduit les commissions d’entente du Baccalauréat à se satisfaire de ce que le candidat rencontre, à un moment donné de son travail dissertatif, un « moment problématique », fût-ce en conclusion, sans attendre de lui qu’il le formule dès l’introduction pour travailler ensuite à sa résolution. Ce pis-aller signifie que les professeurs de philosophie ont, de fait, renoncé au modèle de la dissertation tout en continuant à s’en réclamer officiellement. Sans préjuger des solutions possibles, on se demandera de quelle façon notre enseignement est lié à la position de problèmes.

L’après-midi fera place à des questions plus générales. Puisque nous constatons de plus en plus souvent que, sous la forme des « discussions à visée philosophique », il est demandé à des professeurs qui n’ont aucune formation philosophique d’aborder des questions philosophiques, nous devons montrer que le cours de philosophie a un contenu et ne se réduit pas à un art de l’interrogation, de l’argumentation et de l’échange. Après une mise en perspective des problèmes rencontrés aujourd’hui par le cours de philosophie, la première table ronde entreprendra donc de répondre à la question : « Quelles connaissances pour l’enseignement de la philosophie en classe terminale ? » Une seconde table ronde tirera les leçons de la journée, en abordant le thème : « Le travail des élèves : exercices et évaluation ». 

 

Programme

 

10 h Ouverture, Nicolas Franck, président de l’APPEP.

 

Première partie : le problème du problème

10 h 15 Vincent Citot, ÉSPÉ de Paris, Problème philosophique et enseignement de la problématisation.

10 h 45 Philippe Danino, Lycée Buffon, Paris, Le problème philosophique en question : penser et produire l’obstacle.

11 h 15 Discussion.

11 h 30 Frédéric Worms, ENS-Ulm, Les questions vitales de la philosophie et leur enseignement aujourd’hui.

12 h-12 h 30  Discussion.

 

Deuxième partie : Le cours de philosophie et le travail avec les élèves

14 h Nicolas Piqué, ÉSPÉ de Grenoble, Le cours de philosophie au péril du constructivisme.

14 h 30 Discussion.

 

14 h 45 Table ronde : Quelles connaissances pour l’enseignement de la philosophie en classe terminale ? modératrice, Marie Perret, Lycée Richelieu, Rueil-Malmaison.

Didier Brégeon (Lycée Henri-Cornat, Valognes), Comment concilier l’exercice réfléchi du jugement et la transmission d’une culture philosophique initiale ?

Alain Champseix, Lycée Maurice-Genevoix, Ingré, Que peut apporter l’enseignement de la philosophie aux lycéens ?

Jean-Pierre Carlet, (ÉSPÉ de Grenoble), De la consistance de notre discipline : mettre en avant nos outils que sont les « repères » des programmes actuels.

 

15 h 30 Discussion.

16 h Pause.

 

16 h 15 Table ronde : Travail des élèves, exercices et évaluation, modératrice, Marie Perret, Lycée Richelieu, Rueil-Malmaison.

Valérie Bonnet, Lycée Grand-Air, Arcachon, De la difficulté du travail et de l’évaluation en série technologique.

Jean-Louis Lanher, Lycée du Parc, Lyon, L’œuvre suivie.

Pierre Windecker, Lycée Édouard-Branly, Nogent-sur-Marne, Évaluation et notation : des critères ou des principes ?

17 h Discussion.

17 h 45 Conclusion.

 

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