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Bureau national du 29 septembre 2018

 

Rédaction du compte-rendu : Alain CHAMPSEIX

 

Présents : Valérie Bonnet, Jean-Pierre Carlet, Alain Champseix, Stéphane Clerjaud, Henri Dilberman, Bernard Fischer, Nicolas Forest, Nicolas Franck, Pierre Hayat, Jean-Louis Lanher, Bertrand Nouailles, Marie Perret, Simon Perrier, Audrey Pomarès, Agathe Richard, Gérard Schmitt, Patricia Verdeau, Pierre Windecker.

Excusés : Didier Brégeon, Alexandre Lepezel.

 

Pour des raisons bien évidentes, c’est la question de la réforme qui a été abordée en premier.

 LA RÉFORME

Nicolas Franck signale deux nouveautés.

1. Denis Kambouchner a fait savoir qu’il n’avait pas été mis au courant de la lettre adressée à la présidente du CSP (Conseil supérieur des programmes) annonçant notre décision de ne pas participer à la réunion qu’elle sollicitait le 5 octobre entre elle, les associations et le groupe d’experts à propos des programmes de la spécialité HLP. Il nous demande, malgré tout, de revenir sur notre décision. La majorité du bureau fait valoir que cette réunion est d’autant plus sans objet qu’aux arguments qui ont été évoqués dans la lettre (pourquoi discuter d’un programme qui ne nous est pas communiqué à l’avance malgré la réception qui a été faite des éditeurs ? pourquoi être contraint de répéter ce qui a déjà été exposé en juin ?), s’ajoute le fait que la réunion envisagée aura lieu le matin et que la dernière réunion du groupe d’experts avant la remise de la version finale du projet de programme se tiendra l’après-midi. On imagine mal qu’une quelconque modification puisse être apportée, sur un sujet si sérieux, en un laps de temps aussi bref. Dans ces conditions, le Bureau National réitère sa décision de ne pas prendre part à cette rencontre.

2. Le magazine L’Étudiant vient de faire savoir que le ministère envisageait une modification du calendrier du baccalauréat. La réforme ayant pour ambition, à la différence de ce qui se pratique jusqu’à présent, de faire entrer les résultats de l’examen terminal dans les processus d’admission dans le supérieur, l’épreuve de philosophie aurait lieu plus tôt que ce qui était initialement envisagé afin qu’elle puisse être prise en compte dans Parcoursup. Faudrait-il s’en réjouir si cette information était avérée ? Oui, en un sens, car son isolement en fin d’année serait ainsi rompu, mais, d’une part, les élèves n’auraient plus que six mois pour préparer l’épreuve (si l’on enlève les vacances) et, d’autre part, l’on voit mal comment un gouvernement pourrait se permettre de laisser dans la nature les lycéens à partir du mois de mai. On passe ainsi d’une très mauvaise solution à une autre solution, qui est également mauvaise. Mal conçue, cette réforme est décidément mal engagée.

Une question se pose donc : que faire ?

Il convient, tout d’abord, d’insister sur la nécessité de la présence de la spécialité HLP (« Humanités, lettres et philosophie ») dans tous les établissements. Le ministère doit être pris au mot : les humanités modernes sont censées jouer un rôle central dans la formation des lycéens et leur préparation de nombreuses études supérieures. Pour cette raison, la spécialité HLP doit présenter un spectre de recrutement bien plus large que l’actuelle filière L bien que celle-ci, déjà, n’ait jamais été confinée à la seule préparation des études littéraires ou philosophiques. Toute la question est donc de savoir si le ministère s’en tiendra à son projet actuel : faire en sorte que les établissements proposent des bouquets de spécialités qui ne reconstituent pas les filières actuelles. Jean-Pierre Carlet fait remarquer que bien des lycées, pas seulement techniques, ont décidé de ne pas proposer aux élèves cette spécialité qu’ils pourront suivre en se rendant dans un établissement proche. Agathe Richard voit là une remise en cause du principe républicain d’égalité. Personne ne songe à lui donner tort. Nicolas Forest pose alors une question de fond : est-il possible d’œuvrer en même temps en faveur de cette spécialité et de s’opposer à la réforme ? Plusieurs estiment que ce n’est pas contradictoire et qu’il faut avoir « deux fers au feu », pour reprendre l’expression de Pierre Windecker. En effet, des pans entiers du projet demeurent inacceptables, voire insupportables, comme le passage de trois spécialités en Première à deux en Terminale avec la mise en concurrence des disciplines qu’il suppose ou un nombre d’élèves excessif par professeurs. Ainsi, un enseignant qui n’aurait que des divisions de tronc commun, devrait assumer des classes à 35 élèves, composées sans discernement, au nombre de 4 pour les agrégés et de 5 pour les certifiés. Ils pourraient donc aisément avoir 140 élèves dans le premier cas et 175 dans le second tout en sachant que deux heures supplémentaires ne pourront être refusées en sus. Sait-on ce qu’est enseigner ? Sait-on ce qu’est le suivi des élèves afin de leur permettre de progresser ?

La possibilité d’adresser une lettre aux collègues avec copie pour les recteurs et les médias est alors envisagée. Elle aurait pour fonction d’insister sur la nécessité que la spécialité HLP puisse être offerte à tous les élèves de Seconde dans tous les établissements. Plusieurs objections sont alors présentées. D’une part, il est difficile de promouvoir un enseignement dont on ignore tout quant au contenu. Certes, comme le fait remarquer Pierre Windecker, on pourrait assumer le programme – si c’en est un – qui aurait « fuité ». Il suffirait de considérer que ce qui est présenté de manière historique pourrait être traité selon un esprit qui ne le serait pas strictement. C’est ainsi que le « pouvoir de la parole » serait susceptible d’être appréhendé ab initio à partir de l’Antiquité, mais avec une exigence universelle n’excluant pas les approches modernes. Il reconnaît, toutefois, que cette perspective est trop dépendante d’une pensée, d’une conception des choses particulière, ce qui ne convient pas à la nature d’un programme censé prêter à une approche philosophique. D’autre part, il est bien difficile de se prononcer sans connaître la nature des épreuves envisagées et sans avoir la garantie qu’une partie philosophique est bien prévue dans cet enseignement. Jean-Louis Lanher propose de réfléchir à la rédaction d’un argumentaire pour aider les collègues à défendre l’ouverture d’une spécialité HLP dans leur établissement. L’idée serait d’en démontrer la pertinence aux autres disciplines. Il fait état, à titre d’exemple, d’un argumentaire de l’Apses qui avait été communiqué aux membres du bureau par Nicolas Forest, dans lequel cette organisation défend l’ouverture de la spécialité Histoire géographie sciences politiques géopolitique mais explique aussi sur quelles bases un binôme pourrait être envisagé avec la philosophie. Nicolas Forest explique ce point de vue. Le bureau estime que la rédaction d’un tel argumentaire, en elle-même intéressante, ne correspond pas aux nécessités de l’urgence présente et qu’il faut d’abord faire comprendre dans les établissements l’apport essentiel des humanités à la culture générale. Des bruits courent qui laissent entendre, qu’ici ou là, HLP pourrait être assurée en son entier par les seuls professeurs de lettres. Ne sont-ce que des bruits ? On doit avoir à l’esprit que les professeurs de lettres sont bien plus nombreux que les professeurs de philosophie, ceux-ci comptant pas moins de 10 % de contractuels dans leurs rangs et, selon un tropisme bien connu, il sera tentant pour la DGESCO et les établissements de laisser absorber HLP par les seules lettres. Le projet de lettre est donc abandonné. Mais, comme il n’est pas permis de ne pas soutenir la spécialité HLP, ne serait-ce, aussi, que pour garantir la possibilité d’une présence nettement significative de la philosophie dans les établissements, il est décidé de publier un communiqué qui en présentera la nécessité de principe. Simon Perrier accepte de se charger de la rédaction de sa première mouture.

 

LE QUESTIONNAIRE SUR LA SESSION 2018 DU BACCALAURÉat

Audrey Pomarès, qui s’en est chargée, et Nicolas Franck annoncent que 105 réponses sont parvenues. C’est très nettement insuffisant et très inférieur aux années précédentes, mais très compréhensible : l’enquête sur la réforme a pris le devant de la scène tant pour les professeurs de philosophie dans leur ensemble que pour les membres de l’Appep. Comme, toutefois, il serait regrettable de renoncer à cet outil, il est décidé d’opérer une relance et de repousser la date limite de réponse au 31 octobre. Elle avait été fixée au 15 auparavant.

 

LA NOUVELLE Épreuve en sérBie STHR

Nicolas Franck passe la parole à Valérie Bonnet et Marie Perret qui ont fourni un gros travail d’analyse de cette nouvelle épreuve. En guise d’introduction, il rapporte les paroles d’un professeur qui a répondu au questionnaire sur le baccalauréat : « Nos élèves ont le sentiment qu’ils ont été pris pour des enfants. », tout en rappelant que la situation actuelle ne satisfait personne. Il ne s’agit donc pas de la défendre.

Les deux collègues précisent que l’affaire est de tout premier plan parce que la réforme des épreuves de la série STHR a pour vocation à être étendue à toutes les séries technologiques en 2021, à l’occasion de la première session du nouveau baccalauréat. Marie Perret indique d’emblée qu’elles se sont heurtées à un problème de méthode tant il leur aurait paru plus judicieux de réfléchir aux programmes avant de s’inquiéter des épreuves. Les points qui leur ont paru les plus critiques sont les suivants :

– les questions sont souvent très difficiles et peu claires dans leur formulation, car elles font appel à des distinctions conceptuelles pas nécessairement vues dans l’année ;

– la double question qui prend la place de la troisième question pour l’explication de texte présente une articulation peu nette ;

– la question d/est ambiguë : s’agit-il de développer une réponse ou de reprendre la liste des réponses pour les hiérarchiser ? Une note de l’Inspection Générale à ce propos ne permet pas de trancher. Ce point n’est cependant pas sans conséquence sur l’évaluation étant donné que le travail fourni n’est pas le même dans l’un et l’autre cas.

 

Il faudrait donc, au moins, que les questions soient simplifiées et il conviendrait de s’interroger sur les repères. S’ils sont trop nombreux, ils risquent de saturer le programme et de passer devant les notions.

Pierre Hayat insiste sur la qualité de ce travail et la nécessité de ne pas se laisser enfermer dans une réunion de travail en novembre à l’invitation du doyen Frank Burbage, en l’absence de l’organisation d’une consultation de l’ensemble de la profession, étant données l’importance et la difficulté de la question. Il n’est pas possible de se contenter de recueillir l’avis des seuls professeurs de la série STHR aussi précieuse soit leur contribution. Le Bureau national s’accorde pour demander l’organisation d’une consultation dans toutes les académies par l’Inspection et un prolongement de la phase expérimentale en 2020 par la DGESCO.

 

LA BROCHURE D’ACCUEIL « ENTRER DANS LE MÉtier »

Le hors-série de L’Enseignement philosophique de 2016 a été unanimement apprécié pour sa qualité, mais sa diffusion n’a pas été telle qu’elle aurait pu et dû être. Tous les stagiaires et les contractuels, à qui elle est pourtant destinée, n’ont pu en bénéficier.

Il est convenu de créer une nouvelle brochure qui, cette fois, serait numérisée : l’obstacle de la diffusion pourrait ainsi être surmonté.

Jean-Pierre Carlet accepte de se charger de sa conception et précise les attendus :

– il faut faire appel à la contribution de toutes les bonnes volontés pour proposer des articles ;

– il faudra limiter le nombre et la longueur des articles théoriques et privilégier les témoignages.

 

Il fait ensuite quelques suggestions de thématiques : la philosophie et ce qui n’est pas elle (on peut penser par exemple à des témoignages à propos du rapport avec d’autres disciplines : droit, histoire, SVT, littérature, SES, etc.), questions de pédagogie (la dissertation, l’étude suivie d’une œuvre, exemples d’exercices fructueux), le type de parole mobilisée dans le cours (se situer par rapport à la classe : qu’est-ce que parler à ?), l’usage des références philosophiques, religieuses, historiques (pourquoi ? jusqu’à quel point ? comment ? Éviter la connivence alors qu’une référence n’est pas nécessairement connue…).

Marie Perret insiste sur l’intérêt d’un certain pragmatisme : comment concevoir une leçon ? comment envisager la progression sur l’année (et pourquoi ? dans quelle mesure ?) ? comment répondre à certaines questions-types des élèves sur la pensée des bêtes, le relativisme ou la science ? Pierre Hayat ajoute cette interrogation parfois délicate des lycéens : « Mais où voulez-vous en venir ? » Il précise encore qu’il est bon d’expliquer qu’un cours peut avoir des objectifs multiples et ne pas concerner les élèves indifféremment. Patricia Verdeau évoque également le choix de l’œuvre à étudier de manière suivie quand Marie Perret rappelle le besoin de traiter de la prise de notes.

 

 

LE PRIX LYCÉen du livre de philosophie

 Le prix 2018 sera remis à Francis Wolff le 23 novembre dans l’amphi « art déco » du lycée Paul-Bert, Paris, XIVe arrondissement. Il couronne son ouvrage Il n’y a pas d’amour parfait. À l’occasion, le lauréat donnera une conférence intitulée : « Qu’est-ce qu’un être humain ? »

Il est à noter que les éditions Fayard viennent de procéder à une réédition qui mentionne très visiblement le prix et fait figurer le logo de l’Appep en quatrième de couverture.

Le succès du prix est considérable : 60 nouveaux lycées sont déjà inscrits dès septembre et les éditeurs sont souvent surpris du nombre de réimpressions qu’ils doivent effectuer.

Il semble préférable d’écarter le partenariat qui est souvent proposé à l’Appep, car il est bon de garder le principe de la relation professeurs à professeurs qui préside à cette initiative.

Il est, par contre, logique de solliciter le ministre et l’Inspection générale pour la remise du prix et de le faire connaître à la presse.

Pour la responsabilité de l’organisation, Nicolas Franck passe le relais à Didier Brégeon à partir de cette année.

 

LE SITE

 Il va enfin être disponible malgré les atermoiements indéfiniment répétés infligés par l’entrepreneur requis. Nicolas Franck en fait la présentation. Il comportera un accès exclusif pour les adhérents d’une part et pour les abonnés à la revue de l’autre. Cette nouvelle possibilité exige que l’on fixe une date à partir de laquelle les adhérents qui n’auront pas renouvelé leur cotisation se verront refuser l’accès au site. Ce sera le 1er mars.

 

 

ÉPILOGUE

Kylix, Grèce (vraisemblablement Athènes), environ 500 av. J.-C.

 

Pour montrer toute sa gratitude à Bernard Fischer qui quitte le Bureau National après vingt-neuf ans de présence active – il fut même vice-président et longtemps trésorier – les membres de ce dernier ont tenu à lui offrir, en guise d’hommage, un kylix athénien du début du Ve siècle avant Jésus-Christ. À l’occasion de ses remerciements, il a insisté sur ce que l’investissement pour l’Appep lui avait apporté, même professionnellement, dans son rapport avec ses classes. Il souhaite que les professeurs de philosophie ne perdent pas de vue ce que signifie pour eux appartenir à un corps et, s’il regrette de partir à un moment où l’enseignement de la discipline est mis en cause, ce n’est pas sans espoir qu’il considère l’avenir de l’association. Il adresse à tous ses encouragements.

Pour de toutes autres raisons qui tiennent à la multiplicité de ses implications, Stéphane Clerjaud, président de la Régionale de Strasbourg, se voit dans la nécessité, non sans regrets, de prendre congé du B.N.. Il laisse un bon souvenir à tous.