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Conférence des présidents d’associations de spécialistes — Activités en 2007

Outre la réflexion et la réaction sur la réforme des IUFM, la Conférence a été particulièrement active en cette année électorale. Tous les candidats importants ont été contactés et nous avons pu obtenir trois rendez- vous.

Le 28/03, la Conférence s’est rendue au siège du PS où nous avons été reçus par M. Yannick Trigance, en l’absence de Mme Claude Roiron, déléguée à l’éducation de Ségolène Royal qui participait à un meeting à Tours avec la candidate. Etaient présents Maryse Bernard et Josiane Druon de l’APV, Mireille Ko de la CNARELA, Emmanuèle Blanc de l’APFLA, Claude Lobry et Paul-André Bucher de l’APCEG, Romain Vignest de l’APL, Bernard Capdupuy de la SLNL et Philippe Blanc de l’APPEP.

Après une brève présentation de la conférence et de ses activités (j’ai surtout insisté sur la communauté de point de vue concernant la qualité de l’enseignement qui réunit  nos diverses associations), chacun a pu s’exprimer face à un interlocuteur  délibérément orienté dans une perspective de type « psychosociopédagogique », légèrement amendée par la thématique très actuelle du « retour à l’autorité ». M. Trigance a précisé les quatre axes de la politique éducative de la candidate socialiste :

–  la réussite pour tous

–  la préparation à la vie professionnelle

–  la dimension citoyenne

–  la formation des personnels

Il a beaucoup insisté sur le fait que tout parcours éducatif devait avoir une finalité professionnelle, mais lui a finalement substitué  celle « d’intégration sociale » lorsque nous lui avons signalé qu’à nos yeux c’était la formation de la personne et du citoyen qui devait primer dans l’enseignement scolaire. A ce propos Romain Vignest a rappelé notre attachement à la dimension culturelle de l’enseignement et notre vigilance face à toute dérive utilitariste dont la menace est devenue quasi-permanente depuis quelques années, en particulier sous l’impulsion du ministère Allègre.

Pour répondre aux questions pressantes de Paul-andré Bucher, M. Trigance a confirmé le retour des 5000 postes supprimés par le ministère actuel, le retrait des décrets « de Robien », en particulier la suppression de la bivalence et des mentions complémentaires au CAPES ; également la confirmation  de la suppression de l’apprentissage à 14 ans et la mise sous contrôle du MEN de la formation professionnelle. En ce qui concerne  le recrutement, il sera fait appel aux étudiants qui perçoivent une allocation autonomie pour pallier à la pénurie.

Au détour de l’intervention de Bernard Capdupuy faisant part de son regret que l’expérience pédagogique efficace et fructueuse des professeurs de terrain soit systématiquement écartée au profit de la mise en œuvre de techniques pédagogiques issues des sciences de l’éducation, j’ai rappelé une revendication constante de la Conférence, à savoir que les associations soient consultées, à titre d’expert dans les instances chargées des programmes et des méthodes propres à chaque discipline. Notre interlocuteur nous a assuré que tous les professeurs seraient consultés selon le principe de « démocratie participative » cher à la candidate ; il n’a donc guère été sensible à la dimension représentative des associations qui est un élément déterminant de leur légitimité .

Romain Vignest et Emmanuéle Blanc ont fait état de la situation calamiteuse qui, à tous niveaux, caractérise la  maîtrise de la langue et de la littérature françaises par les élèves ; il est urgent de mener une réflexion générale sur les méthodes d’apprentissage et la qualité des contenus qui conduise à un enseignement du français qui  soit réellement profitable à tous .

Mireille Ko a présenté la CNARELA comme une association qui souhaite démocratiser l’enseignement des langues anciennes, sans en rabattre sur les exigences propres de cet enseignement. Ce qui est utile aux élèves et surtout en ZEP c’est une formation précis et rigoureuse ; la CNARELA déplore le statut d’option accordée à ces disciplines qui favorise l’élitisme social et fragilise leur existence même. Il est scandaleux que l’option « découverte professionnelle », qui n’est pas une discipline, soit proposée en concurrence avec le grec. La CNARELA est attachée au statut de professeurs de lettres classiques car les trois disciplines (grec, latin, français) sont étroitement liées et contribuent à la transmission d’une véritable culture littéraire à laquelle tous les élèves doivent pouvoir accéder.

Maryse Bernard et Josiane Druon ont défendu la qualité de la formation générale en lycée professionnel ; menacée par la formation en alternance, elle demeure un gage de réussite future pour des élèves déjà en difficultés sur ce terrain.

Claude Lobry a soulevé le problème de l’augmentation de la violence chez les élèves, en particulier au collège ; celle-ci est liée pour lui à la faiblesse de l’enseignement élémentaire qui, tant au niveau des contenus que des exigences d’apprentissage, ne donne aux élèves aucunes bases solides sur lesquelles ils puissent compter pour progresser ou pour tirer pari de ce qu’ils ont appris.

La Conférence a été reçue par Jean-Pierre Chev ènement le17/04 dans ses bureaux rue de Bourgogne ; étaient présents Bernard Capdupuy (SLNL), Romain Vignest (APL), Yves Savattier (APCEG) et Philippe Blanc (APPEP) ; l’entretien s’est déroulé de manière très cordiale, aucun point de réel désaccord n’est apparu avec notre interlocuteur avec lequel nous partageons les principes fondamentaux de l’enseignement républicain. Par rapport aux  inquiétudes qu’avait fait naître la rencontre au PS avec Yannick Trigance, M. le Ministre nous a assuré qu’il userait de toute son influence pour appuyer nos positions auprès de la candidate socialiste et en particulier pour que soit reconnue auprès des instances éducatives la place incontournable de la Conférence compte tenu de sa représentativité et de ses compétences .

La Conférence a été reçue le 18/04 au Sénat par M. Jean-Léonce Dupont sénateur UDF, en charge des questions d’éducation auprès de François Bayrou. Etaient présents Nadine Heckler et Sylvie Revuelta de l’APV, Paul-André Bucher de l’APCEG, Bernard Capdupuy de la SLNL, Romain Vignest de l’APL, Mireille Ko de la CNARELA, Hubert Tison de l’APHG, Philippe Blanc de l’APPEP.  Après un présentation  de la conférence ,de son histoire , de ses actions et de ses principes, chaque représentant d’association a exprimé ses préoccupations propres ; Romain Vignest sur l’état de délabrement de l’enseignement du français et l’éviction de la littérature hors de l’école tant au niveau des programmes que de la formation des professeurs ( par ex. l’éventualité, au nom du référentiel européen des langues vivantes, de l’institution d’un capes de lettres avec option littérature), Mireille Ko sur la marginalisation croissante voire l’éradication de l’enseignement des langues anciennes par des procédés divers, en particulier dans les établissements « sensibles », Hubert Tison sur la question de l’autorité et de la formation des professeurs par rapport aux difficultés auxquelles se trouvent confrontés de nombreux collègues historiens lorsqu’il doivent  parler de certains faits historiques ; il a fait état en particulier de la méconnaissance de certains élèves sur le contenu religieux dont il  se prévalent pour mettre à mal le bon déroulement des cours.

Nos collègues de lycée professionnel ont fait état  du risque pédagogique que constitue  la formation par alternance, dans la mesure où les professeurs sont amenés à évaluer et éventuellement à valider des parties importantes d’une formation dont ils ne maîtrisent ni les modalités ni le contenu.

Bernard Capdupuy s’est montré très critique sur la bivalence qui semblait avoir les faveurs de notre interlocuteur, essentiellement  pour des raisons budgétaires. A ce propos, Nadine Heckler a fait remarquer que la polyvalence des professeurs de l’enseignement professionnel était fondée sur le type de public et la nature de l’enseignement  dispensé en LP ; ce qui fait donc le caractère pointu de cet enseignement n’est pas transposable à l’enseignement disciplinaire de l’enseignement  général à moins de vouloir en changer la nature. L’entretien devant prendre fin, j’ai transmis à M. Dupont l’adresse aux candidats du bureau de l’association des professeurs de philosophie.

Le nouveau président de la république étant élu, la Conférence reprendra contact avec Xavier Darcos, en charge des questions d’éducation auprès du candidat Nicola Sarkozy.

Je profite de ce compte rendu pour demander aux représentants des associations de m’envoyer un texte court et simple sur les questions qu’ils souhaiteraient voir évoquer lors des rencontres auxquelles ils ne pourraient participer afin que je puisse en faire état en leur nom.

Pour finir, je voudrais adresser, au nom de la Conférence, mes remerciements à tous ceux qui ont pu participer à ces rencontres  et plus particulièrement à Claude Lobry pour son assistance remarquablement efficace, en particulier dans la constitution du dossier adressé aux candidats, et à Romain Vignest dont l’action énergique et persévérante nous a permis de les mener à bien ; nous lui devons aussi le retour, précieux à tous égards, de nos collègues de l’APHG au sein de la Conférence.

Philippe Blanc
Secrétaire général de la Conférence

 

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