ASSOCIATION DES PROFESSEURS
DE PHILOSOPHIE DE L'ENSEIGNEMENT PUBLIC
Régionale d'Orléans - Tours
Dreux, le 08 février 2003.
Cher(e) collègue,
Une consultation, énième, que nous espérons
tous dernière, se déroule actuellement, relativement
à la proposition qu'on peut appeler Fichant II.
Notre association s'est récemment déclarée
favorable à, je cite, " un tel programme ", souhaitant
sans ambiguïté son application, au plus vite, pour
en finir avec la situation actuelle et parce qu'il correspond
globalement à nos attentes.
Aucun programme ne conviendra jamais parfaitement à chacun.
On pourrait rediscuter à l'infini de l'absence ou de la
présence de telle ou telle notion. Pour information, vous
trouverez ci-joint la présentation que fait le GEPS de
son travail. Il nous semble au moins qu'il a su répondre
aux critiques faites de la première version. Il propose
notamment une forme de détermination qui, à la fois,
ne soumet pas nos cours à une philosophie particulière
et répond à la nécessité de savoir
ce que doivent maîtriser nos élèves, ceci
sans définir des contenus de cours qui ne pourraient être
que des morceaux d'histoire de la philosophie, conduisant professeurs
et élèves à la récitation.
De la participation de tous à cette consultation dépend
que nous en finissions avec le flou dans lequel nous sommes actuellement.
S'il importe pour l'APPEP que soit clairement soutenu le travail
du GEPS, chacun d'entre nous peut et doit néanmoins proposer
les critiques qui sont les siennes. Nous avons de notre côté
souvent jugé excessivement lourd le programme des sections
S et ES. La question des astérisques se pose aussi dans
ces sections. Il ne s'agit pas de discuter de la justesse ou non
d'une hiérarchie, mais de signaler que, compte-tenu des
difficultés que nous rencontrons, cela nous prive quelquefois
d'oeuvres rendues plus accessibles par leur langue, sans être
nécessairement moins enrichissantes pour nos élèves.
Mais il importe d'abord que soit très
clairement signifié notre désir de voir ce projet
devenir le programme de philosophie des classes terminales.
Vous trouverez aussi ci-joint un texte signé de l'APPEP
et de deux autres associations, réponse à un "
avis réservé " de CNP qui nous fait craindre
le pire (bien qu'on ne sache pas s'il faut y voir un document
officiel pour plus de renseignements, nous contacter). Pour ce
qui nous importe à long terme, ce texte invite finalement
au travail en aval du programme, celui d'une formation continue,
qu'avait recommandé la commission de suivi présidée
par Jean-Claude Pariente. Nous sommes fortement favorables à
un tel suivi, permettant à la fois de nous instruire de
nos expériences et d'envisager les améliorations
possibles dans le cadre de ce programme.
Si l'APPEP n'est pas l'association monolithique, fermée
à tout débat et à tout changement, que certains
se complaisent à décrire (qu'ils viennent donc à
nos réunions !), il est vrai que nous sommes au moins d'accord
pour penser que tout ne sera pas résolu par un programme.
Nous refusons l'idée d'un échec propre à
notre enseignement, ce qui n'est aucunement nier les difficultés
ou refuser d'envisager une réflexion sur notre enseignement,
sa pratique. Mais, à comparer avec les autres disciplines,
nous refusons la culpabilisation qui a servi d'argument pour justifier
ce qui s'est présenté comme " modernisation
". Nous ne sommes, à l'APPEP, pas partisans de ne
nous adresser qu'aux " héritiers ". Mais prétendre
qu ' " enseigner autrement " permettrait de surmonter
les difficultés, et notamment de réaliser l'égalité,
n'est qu'un slogan. Il n'a que trop souvent servi à masquer
le renoncement. Comment croire que l'on pourrait ainsi décréter
l'élève nouveau qui réussit indépendamment
d'un contexte social, culturel, psychologique ?
Quant à notre enseignement, on a voulu fonder sur un désarroi
légitime (et d'abord vécu !), une conception de
l'enseignement de la philosophie que nous refusons parce qu'elle
n'est pas celle d'un enseignement philosophique.
Que nous a-t-on proposé en philosophie pour nous "
adapter " ? Certes pas l'ignorance, mais la philosophie prise
comme objet indépendant de celui qui l'énonce, identifiable
et reproductible. Les questions d'approfondissement se présentaient
alors comme l'esquisse du remède. Mais croit-on vraiment
qu'un cours unique est la solution ? Un répétiteur
ne donne rien à penser parce qu'il ne pense rien. Lequel
d'entre nous serait réellement satisfait de voir ainsi
ses élèves " réussir " ?
Pour autant, et particulièrement pour les plus jeunes
d'entre nous, qui n'ont pas connu le passage à un enseignement
de masse, il ne saurait être question de se retrancher derrière
une nostalgie d'ailleurs discutable. À la fois nous pensons
qu'il ne s'agit aucunement de gommer un contexte, celui de l'École
dans son entier, par on ne sait quelle technique d'enseignement,
à la fois nous jugeons nécessaire de réfléchir
aux difficultés qui sont les nôtres.
De ce point de vue, nous ne croyons pas qu'il n'y a rien à
faire et que tous les problèmes ne sont dus qu'à
des causes extérieures. Nous croyons à la nécessité
que se continue et même se développe le travail d'harmonisation
des corrections (au-delà des seules journées préparant
à la correction du baccalauréat). Le travail des
commissions de sujets est sans doute primordial. Mais ce travail
ne vaudra rien sans un travail de comparaison des cours que chacun
fait.
Pour la régionale, son président,
S. Perrier.
E-mail : simon-perrier@club-internet.fr
tel : 02 37 91 19 58
Lycée Rotrou, Les Marchebeaux, 28104 Dreux.
L'APPEP a un site : http://www.appep.net/
Ceux d'entre vous ayant un e-mail peuvent me le communiquer s'ils
souhaitent recevoir des informations ou adhérer.
Adresse du site du ministère pour des contributions individuelles
:
http://www.eduscol.education.fr/D0016/default.htm
