1.
Le baccalauréat.
A l'heure où nous étions reçus,
le Ministre avait décidé de retirer du texte de
la loi d'orientation les projets concernant la réforme
des épreuves et l'introduction du contrôle continu.
Mais il nous a été dit que le cabinet du Ministre
ne renonçait pas à cette réforme et que le
recours partiel au contrôle continu était toujours
un objectif. Nous avons donc rappelé notre attachement
à un examen terminal garant de l'égalité
du diplôme. Pour ce qui concerne la philosophie, nous avons
insisté sur notre attachement à une épreuve
écrite terminale dans toutes les séries la
progressivité de l'enseignement philosophique tout au long
de l'année exige que le niveau acquis ne puisse vraiment
s'apprécier qu'en fin d'année.
2.
La revalorisation de la série L.
Nous avons plaidé pour une mise en uvre rapide
de ce chantier la diminution du nombre d'élèves
dans cette voie devenant dramatique. Nous avons rappelé
que l'introduction d'une solide option de mathématique
pouvait renforcer cette série et ouvrir de réels
débouchés post-bac interdits à l'heure actuelle.
En ce qui concerne le projet d'introduction de l'enseignement
philosophique en classe de première L, nous avons dit à
M.Sherringham que nous étions favorables au principe, mais
sous certaines conditions :
- le maintien de l'horaire actuel de 8h en classe terminale
- que l'horaire de première ne soit pas inférieur
à 2h
- qu'il ne s'agisse pas d'une simple " préparation
" (le terme nous a paru tout au moins ambigu) à la
philosophie, mais d'un véritable enseignement philosophique.
- que le programme de cet enseignement fasse l'objet d'une sérieuse
réflexion dans laquelle nous souhaitons avoir notre part
et qui puisse s'articuler à l'enseignement de terminale
sans se substituer à lui.
M. Sherringham nous a répondu que le Ministère ne
songeait pas à remettre en cause l'horaire de terminale
L et que, dans l'état du dossier, on envisageait 1h1/2
pour la classe de première.
3.
L'enseignement de l'histoire des sciences en première
S
M.Sherringham nous a dit avoir lui-même souhaité
comme c'était le cas dans la version primitive du
projet que la notion d'épistémologie apparaisse
dans l'intitulé de cet enseignement. Nous avons nous-mêmes
regretté cette disparition. Nous avons dit que, du fait
de leur formation, les professeurs de philosophie pouvaient, avec
profit pour les élèves, intervenir dans cet enseignement.
4.
Les concours de recrutement des professeurs
Nous avons souligné que si par le passé
le nombre des professeurs de philosophie était suffisant
pour assurer l'enseignement et les remplacements, la situation
était largement en train de changer : déjà
certaines académies recrutent des vacataires. Après
avoir rappelé notre attachement à des concours nationaux,
nous avons renouvelé notre désapprobation de la
suspension du CAPES interne pour la session 2005 et nos réserves
sur les concours " spécifiques " et " réservés
". Nous avons réitéré notre demande
d'une programmation pluri-annuelle des postes aux concours qui
permet aux étudiants d'entamer des études en connaissant
clairement les possibilités de débouchés.
Nous avons enfin manifesté notre incompréhension
devant le déséquilibre du nombre de postes offerts
entre l'agrégation et le CAPES de philosophie.
5.
Les horaires.
Nous avons évoqué la question de l'horaire
de philosophie en terminale S qui est toujours sujet à
des interprétations inacceptables dans certains établissements.
Les diverses circulaires de rentrées prévoient les
possibilités de 4h classe entière ou de 3h dont
une dédoublée et nullement celle de 3h classe entière.
Nous avons insisté sur la nécessité de garantir
aux élèves une égalité dans la formation
et la préparation à l'examen. Nous avons demandé
que ces exigences soient rappelées aux chefs d'établissements.
Nous avons demandé à M.Sherringham ce qu'il en était
des menaces de suppression de l'heure de première chaire
les professeurs de philosophie étant tous concernés
par cette mesure. Il nous a été répondu que
le Ministère réétudiait l'ensemble du dossier
des horaires et dédoublements, en vue d'une révision
d'ensemble du système dont la finalité " économique
" n'est pas cachée. Nous avons souligné la
spécificité des tâches du professeur de philosophie
et insisté sur le fait qu'un alourdissement de ces tâches
serait inacceptable et néfaste à la qualité
de l'enseignement.
6.
La philosophie dans les IUFM
Indépendamment de la préparation au CAPES
de philosophie et du suivi des stagiaires, nous avons déploré
le peu de place fait à la philosophie dans la formation
des maîtres, aussi bien pour le premier que pour le second
degré.
M.Sherringham nous a dit que le Ministère étudiait
la possibilité d'introduire dans les IUFM un enseignement
de " Philosophie de la laïcité ". Nous lui
avons dit tout notre intérêt pour un tel projet et
surtout nos souhaits d'être consultés avant toute
mise en place.
L'entretien a été fort courtois et ouvert, mais
cela ne doit pas nous empêcher d'être vigilant sur
toutes les mesures qui porteraient atteinte à notre enseignement
et notamment au niveau des horaires. Cela exige de nous
une conscience critique mais aussi une mobilisation pour avancer
des propositions qui visent à améliorer notre enseignement.