Compte-rendu de l'audience avec M. Mark Sherringham,
conseiller du Ministre de l'éducation nationale

 

Edouard Aujaleu, Simon Perrier et Eric Oudin, respectivement président et vice-présidents de l'APPEP ont été reçus à leur demande au Ministère, le lundi 14 février 2005, par M. Mark Sherringham, conseiller du Ministre de l'éducation nationale. Six points ont été abordés :

 

1. Le baccalauréat.
A l'heure où nous étions reçus, le Ministre avait décidé de retirer du texte de la loi d'orientation les projets concernant la réforme des épreuves et l'introduction du contrôle continu. Mais il nous a été dit que le cabinet du Ministre ne renonçait pas à cette réforme et que le recours partiel au contrôle continu était toujours un objectif. Nous avons donc rappelé notre attachement à un examen terminal garant de l'égalité du diplôme. Pour ce qui concerne la philosophie, nous avons insisté sur notre attachement à une épreuve écrite terminale dans toutes les séries ­ la progressivité de l'enseignement philosophique tout au long de l'année exige que le niveau acquis ne puisse vraiment s'apprécier qu'en fin d'année.

2. La revalorisation de la série L.
Nous avons plaidé pour une mise en uvre rapide de ce chantier ­ la diminution du nombre d'élèves dans cette voie devenant dramatique. Nous avons rappelé que l'introduction d'une solide option de mathématique pouvait renforcer cette série et ouvrir de réels débouchés post-bac interdits à l'heure actuelle.
En ce qui concerne le projet d'introduction de l'enseignement philosophique en classe de première L, nous avons dit à M.Sherringham que nous étions favorables au principe, mais sous certaines conditions :
- le maintien de l'horaire actuel de 8h en classe terminale
- que l'horaire de première ne soit pas inférieur à 2h
- qu'il ne s'agisse pas d'une simple " préparation " (le terme nous a paru tout au moins ambigu) à la philosophie, mais d'un véritable enseignement philosophique.
- que le programme de cet enseignement fasse l'objet d'une sérieuse réflexion dans laquelle nous souhaitons avoir notre part et qui puisse s'articuler à l'enseignement de terminale sans se substituer à lui.
M. Sherringham nous a répondu que le Ministère ne songeait pas à remettre en cause l'horaire de terminale L et que, dans l'état du dossier, on envisageait 1h1/2 pour la classe de première.

3. L'enseignement de l'histoire des sciences en première S
M.Sherringham nous a dit avoir lui-même souhaité ­ comme c'était le cas dans la version primitive du projet ­ que la notion d'épistémologie apparaisse dans l'intitulé de cet enseignement. Nous avons nous-mêmes regretté cette disparition. Nous avons dit que, du fait de leur formation, les professeurs de philosophie pouvaient, avec profit pour les élèves, intervenir dans cet enseignement.

4. Les concours de recrutement des professeurs
Nous avons souligné que si par le passé le nombre des professeurs de philosophie était suffisant pour assurer l'enseignement et les remplacements, la situation était largement en train de changer : déjà certaines académies recrutent des vacataires. Après avoir rappelé notre attachement à des concours nationaux, nous avons renouvelé notre désapprobation de la suspension du CAPES interne pour la session 2005 et nos réserves sur les concours " spécifiques " et " réservés ". Nous avons réitéré notre demande d'une programmation pluri-annuelle des postes aux concours qui permet aux étudiants d'entamer des études en connaissant clairement les possibilités de débouchés. Nous avons enfin manifesté notre incompréhension devant le déséquilibre du nombre de postes offerts entre l'agrégation et le CAPES de philosophie.

5. Les horaires.
Nous avons évoqué la question de l'horaire de philosophie en terminale S qui est toujours sujet à des interprétations inacceptables dans certains établissements. Les diverses circulaires de rentrées prévoient les possibilités de 4h classe entière ou de 3h dont une dédoublée et nullement celle de 3h classe entière. Nous avons insisté sur la nécessité de garantir aux élèves une égalité dans la formation et la préparation à l'examen. Nous avons demandé que ces exigences soient rappelées aux chefs d'établissements.
Nous avons demandé à M.Sherringham ce qu'il en était des menaces de suppression de l'heure de première chaire ­ les professeurs de philosophie étant tous concernés par cette mesure. Il nous a été répondu que le Ministère réétudiait l'ensemble du dossier des horaires et dédoublements, en vue d'une révision d'ensemble du système dont la finalité " économique " n'est pas cachée. Nous avons souligné la spécificité des tâches du professeur de philosophie et insisté sur le fait qu'un alourdissement de ces tâches serait inacceptable et néfaste à la qualité de l'enseignement.

6. La philosophie dans les IUFM
Indépendamment de la préparation au CAPES de philosophie et du suivi des stagiaires, nous avons déploré le peu de place fait à la philosophie dans la formation des maîtres, aussi bien pour le premier que pour le second degré.
M.Sherringham nous a dit que le Ministère étudiait la possibilité d'introduire dans les IUFM un enseignement de " Philosophie de la laïcité ". Nous lui avons dit tout notre intérêt pour un tel projet et surtout nos souhaits d'être consultés avant toute mise en place.

 

L'entretien a été fort courtois et ouvert, mais cela ne doit pas nous empêcher d'être vigilant sur toutes les mesures qui porteraient atteinte à notre enseignement ­ et notamment au niveau des horaires. Cela exige de nous une conscience critique mais aussi une mobilisation pour avancer des propositions qui visent à améliorer notre enseignement.

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