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Assemblée générale du 2 décembre 2017

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

2 décembre 2017

Rédaction du compte rendu : Nicolas FOREST

Présents : Étienne Akamatsu, Valérie Bonnet, Charles Boyer, Emmanuelle Carlin, Jean-Pierre Carlet, Didier Carsin, Alain Champseix, Stéphane Clerjaud, Benoît Da Silva, Henri Dilberman, Didier Brégeon, Patrick Dupouey, Nicolas Forest, Nicolas Franck, Laurence Gissinger, Pierre Hayat, Castel Jean, Laurent Kuhr, Jean-Louis Lanher, Michèle Lepeuve, Julien Le Gallo, Jacques Nadal, Bertrand Nouailles, Marie Perret, Simon Perrier, Audrey Pomarès, Agnès Ribaud, Agathe Richard, Gérard Schmitt, Patricia Verdeau, Pierre Windecker

L’assemblée générale se tient à Paris, au Lycée Henri IV ; elle est présidée par Gérard Schmitt qui ouvre la séance à 10 h.

1. Rapport moral

En tant que président de séance, G. Schmitt rappelle trois principes destinés à assurer une discussion constructive, et invite chacun des participants à en tenir compte : (1) être bien intentionné, (2) s’attacher à argumenter son propos en vue de parvenir à un accord, (3) n’intervenir au second tour de parole que si l’on a quelque chose de nouveau à dire.

Il donne la parole à N. Franck pour le rapport moral, qui remercie le Bureau pour le travail accompli, dans un contexte difficile, mais favorable : le besoin de philosophie est en effet explicitement reconnu par le Ministère, dont les représentants ont par exemple demandé à plusieurs reprises pourquoi les professeurs de philosophie ne sont pas davantage présents en E.S.P.E. Les réorientations politiques du nouveau quinquennat présidentiel induisent le retour à une logique disciplinaire. À ce titre, lors de la rencontre avec l’APPEP, le ministre de l’E.N. a demandé si les jeunes collègues sont au niveau. Le petit comité conduit par N. Franck a répondu qu’ils sont excellents, ce que confirment P. Verdeau, S. Clerjaud et V. Bonnet.

Nous devons, poursuit N. Franck, être de plus en plus présents, au travers des initiatives déjà existantes telles que le prix lycéen ou les 24 heures, la réflexion qui a commencé à être menée sur l’enseignement de la philosophie au Lycée, et aussi en profitant de la reconnaissance de l’Association par les collègues, le Ministère et la presse.

La reconstruction du site internet par le prestataire qui en a été chargé a pris un peu de retard ; il devrait être prêt en janvier. Les choses ont plutôt bien avancé, assure N. Franck, qui souligne l’ampleur du travail : il faut notamment transférer une à une chacune des pages vers le nouveau site. Ce dernier contribuera à renforcer la visibilité de notre association. La fréquentation de l’actuel site est montée en flèche ces derniers jours. Il est de plus en plus référencé. Ces évolutions positives nous imposent un parachèvement : ce sera le sens des neuf motions qui seront discutées dans la seconde partie de l’A.G.

G. Schmitt poursuit le tour d’horizon en évoquant la situation de la revue. Il y a désormais deux secrétaires de rédaction. Bertrand Nouailles se charge de la réception des articles et des contacts avec les auteurs ; Gérard Schmitt s’occupe de la composition. Le seul point noir réside dans l’érosion du nombre d’abonnés. N. Franck indique qu’il faudrait un numéro d’ISBN pour que la revue puisse être distribuée en librairies. G. Schmitt évoque par ailleurs sa succession, qu’il faudra envisager. Il n’est que le troisième secrétaire de rédaction depuis 68 ans d’existence.

Dans la discussion qui suit, M. Lepeuve insiste sur deux points : d’une part le rapport positif de l’association avec les organisations syndicales, dont la réussite de l’action pour le rétablissement du CAPES interne donne une belle preuve ; d’autre part, la remise en question du baccalauréat comme premier examen universitaire, dont elle situe la première étape dans la sélection prise en charge dès cette année par les conseils de classes de Terminale. Elle estime pour cette raison que le contexte n’est pas si favorable que cela. N. Franck répond que le contexte nous est beaucoup plus favorable qu’il n’a été depuis longtemps. G. Schmitt précise que l’association n’a de légitimité que sur l’enseignement philosophique. Elle s’est néanmoins prononcée contre le contrôle continu. Pour le reste, il appartient aux autres associations de lutter contre les orientations non souhaitables de la réforme à venir.

Le rapport moral est adopté à l’unanimité.

2. Rapport financier

Le Trésorier, Henri Dilberman, présente le rapport financier qui porte sur l’exercice du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017. Il souligne tout d’abord les points suivants : le nombre d’adhérents est en baisse sensible (le nombre de démissions est supérieur à celui des nouvelles adhésions) ; la proportion d’actifs parmi les adhérents diminue (près de 50% des adhérents sont des retraités) ; les adhésions se font de plus en plus tardivement. Le Trésorier indique que la hausse des dépenses n’est pas liée à un quelconque dérapage de la gestion, mais s’explique par deux choix majeurs : la distribution gratuite de la brochure d’accueil et la rénovation du site. Si, parallèlement, les recettes sont en baisse, le déficit, absorbé par le livret A, est cependant moins important qu’on ne pouvait le craindre : il s’élève à 5622,13 euros. Le Trésorier rappelle que la générosité des collègues est toujours la bienvenue.

Les commissaires aux comptes, Charles Boyer et Castel Jean, présentent leur rapport : ils notent que tous les documents nécessaires à leur mission de contrôle leur ont été fournis, ils louent la rigueur et la clarté de la gestion financière de l’association, déclarent la trésorerie saine et donnent quitus au trésorier, qu’ils félicitent pour la qualité de son travail.

Le rapport financier est adopté à l’unanimité.

L’un des commissaires aux comptes, Charles Boyer, annonce son souhait de mettre un terme à ses fonctions pour des raisons personnelles. Emmanuelle Carlin accepte de se porter candidate.

Castel Jean et Emmanuelle Carlin sont élus à l’unanimité.

3. Élection du bureau

A l’issue du dépouillement, les résultats du vote sont proclamés. Sont élus membres du bureau national :

Valérie Bonnet : 99 voix

Didier Brégeon : 96 voix

Jean-Pierre Carlet : 96 voix

Alain Champseix : 96 voix

Stéphane Clerjaud : 98 voix

Henri Dilberman : 99 voix

Bernard Fischer : 99 voix

Nicolas Forest : 98 voix

Nicolas Franck : 97 voix

Pierre Hayat : 99 voix

Jean-Louis Lanher : 91 voix

Alexandre Lepezel : 92 voix

Bertrand Nouailles : 96 voix

Marie Perret : 99 voix

Simon Perrier : 94 voix

Audrey Pomarès : 98 voix

Agathe Richard : 95 voix

Gérard Schmitt : 99 voix

Patricia Verdeau : 97 voix

Pierre Windecker : 92 voix

4. Examen des motions

Nicolas Franck rappelle que les motions soumises à l’assemblée générale sont le fruit d’un travail mené depuis un an et demi (contributions individuelles ou collectives, enquêtes et réunions dans les Régionales, colloque national) et constituent la synthèse de notre réflexion sur l’enseignement de la philosophie au lycée.

Motion 1, sur le programme

Le dernier paragraphe introduit une proposition nouvelle : l’oral du second groupe porterait non plus sur une œuvre, mais sur un thème d’étude, choisi librement par le professeur pendant l’année. L’enjeu est de réhabiliter l’étude d’une œuvre suivie en la libérant des contraintes de l’oral du second groupe (d’autant que celui-ci pourrait disparaître à l’issue de la réforme du baccalauréat). Pierre Hayat souligne que cette motion réaffirme un principe fondamental pour l’APPEP : l’existence d’un programme de notions (expression qui a le mérite de la clarté) sans orientation doctrinale ; il ajoute que la proposition d’une réduction du nombre de notions est en cohérence avec les attentes des collègues, exprimées de façon massive dans l’enquête sur le baccalauréat. Jacques Nadal critique l’imprécision de certains passages, relève l’ambiguïté de l’expression « notions communes » et tient au caractère obligatoire de l’étude d’une œuvre. Nicolas Franck rappelle qu’une motion n’est pas un texte juridique. Alexandre Lepezel propose d’introduire dans le programme des notions tournantes à articuler avec des notions permanentes. Pierre Windecker suggère plutôt de transformer certaines notions en repères. Le texte est amendé dans deux directions : une expression plus ferme de certaines positions et une définition plus claire de ce que nous nommons notion.

La motion amendée est adoptée à l’unanimité.

 

Motion 2, sur le baccalauréat

Une reformulation de notre exigence de figurer en épreuve terminale est proposée ; l’amendement est adopté à l’unanimité.

Sur proposition de Michèle Lepeuve, l’ajout d’une précision relative au baccalauréat (« premier grade universitaire ») est soumise à discussion : n’est-ce pas utile de le rappeler ? est-ce l’objet de cette motion ? n’est-ce pas équivoque ? L’amendement est adopté par 14 voix pour et 11 voix contre.

Autre proposition de Michèle Lepeuve : demander que les autres disciplines (dont nous n’avons pas intérêt à l’affaiblissement) continuent à faire partie des épreuves terminales. Simon Perrier et Marie Perret soulignent que nous ignorons la position des autres disciplines et que nous ne pouvons pas parler à leur place. Alain Champseix note que certaines disciplines semblent même favorables au contrôle continu. La proposition est rejetée par 23 contre et 4 pour.

Didier Brégeon met en garde contre l’usage du mot « critique » pour qualifier l’explication de texte : l’expression ne risque-t-elle pas d’être interprétée comme un appel à une « partie critique »? Pierre Windecker pense qu’il faut en effet éviter d’accréditer cette idée, Jean-Pierre Carlet rappelle combien le mot empoisonne depuis longtemps les réunions de correcteurs. Gérard Schmitt et Patricia Verdeau considèrent néanmoins que le mot est juste, tandis que Jean-Louis Lanher souhaite insister sur le caractère problématique du texte. Selon Jacques Nadal il n’y a pas lieu de définir les épreuves. Une proposition est mise au vote : la suppression du mot « critique » et l’insistance sur l’ambiguïté de l’actuelle consigne dont l’APPEP demande la reformulation. L’amendement est adopté à l’unanimité, moins une abstention.

 

Motion 3, sur la spécificité de l’enseignement de la philosophie dans la voie technologique

La discussion porte tout d’abord sur le mot « spécificité » dont certains (comme Didier Carsin) contestent la pertinence, mais que d’autres (comme Bertrand Nouailles ou Alexandre Lepezel) défendent en raison des difficultés spécifiques qui se posent aux collègues qui enseignent dans ces classes. Le terme est maintenu, par 17 voix pour et 6 voix contre.

Didier Carsin critique par ailleurs l’idée que l’épreuve serait inadéquate et que l’APPEP devrait être favorable à sa redéfinition. Étienne Akamatsu considère que la transformation des épreuves ne changerait rien aux problèmes qui se posent dans ces classes. Pierre Hayat rappelle que, dans l’enquête sur le baccalauréat, les collègues se sont massivement prononcés en faveur de changements. Le paragraphe en question est maintenu par 20 voix pour et 3 contre.

Alain Champseix et Agathe Richard proposent l’ajout d’une formule qui soulignerait les bénéfices que l’enseignement de la philosophie apporte aux élèves des séries technologiques. L’amendement est adopté à l’unanimité.

Motion 4, sur l’EMC

Didier Carsin commence par rappeler les textes réglementaires, peu compatibles avec l’esprit de notre enseignement. Alain Champseix souligne cependant la teneur philosophique du programme d’EMC en terminale et Agathe Richard considère que l’on peut réellement y faire de la philosophie et de façon intéressante pour les élèves. Faut-il pour autant exprimer notre « attachement » à l’EMC ? s’interroge Michèle Lepeuve. Peut-être faut-il préciser, comme le propose Jean-Pierre Carlet, que nous sommes attachés au programme et aux visées de l’EMC ? Ou nuancer, comme le suggère Alexandre Lepezel, notre attachement à un enseignement moral et civique, qui n’est pas nécessairement celui qui existe ? Pierre Hayat et Pierre Windecker, rejoints par Nicolas Franck, pensent néanmoins que, pour des raisons stratégiques, nous devons manifester clairement notre intérêt pour l’EMC et nous positionner par rapport à ce qui existe.

La motion est adoptée par 22 voix pour, 2 voix contre et 1 abstention.

Motion 5, sur l’enseignement de la philosophie en amont et en aval de la classe terminale

La discussion porte sur l’opportunité de prendre position sur une hypothèse : la philosophie en classe de première comme enseignement de spécialité. Il y a là une contradiction avec l’affirmation que la classe de terminale est le lieu naturel de la philosophie (Didier Carsin), cependant il faut bien tenir compte d’une certaine demande sociale (Pierre Windecker) et de l’actualité (l’hypothèse de l’enseignement de spécialité existe bien). Quelques mots sont modifiés et le paragraphe sur la classe de première est supprimé : la motion est adoptée à l’unanimité.

Ensuite, l’assemblée générale donne mandat au bureau pour rédiger une contribution à la commission Mathiot, contribution dans laquelle sera abordée l’éventualité d’un enseignement de spécialité en première.

Motion 6, sur l’enseignement de la philosophie en lycée professionnel

Faut-il exprimer notre souhait d’un enseignement de philosophie en lycée professionnel ? Doit-on demander la création d’un CPLP ? Julien Le Gallo propose de mieux articuler ces deux points, notre souhait devant être conditionné par l’existence d’un concours spécifique. Jean-Pierre Carlet met en lumière le cas particulier des lycées agricoles. La motion amendée est adoptée à l’unanimité, moins une abstention.

Motion 7, sur la formation

Patricia Verdeau propose un amendement qui précise la place de la philosophie dans la formation des enseignants du 1er degré et des CPE. Didier Carsin souhaite l’ajout du mot disciplinaire pour qualifier la formation continue dont nous demandons la garantie. La motion amendée est approuvée à l’unanimité, moins une abstention.

Motion 8, sur les professeurs contractuels

Plusieurs reformulations sont proposées, sur la présence d’un tuteur (Laurence Gissinger) ou le droit à la formation (Alexandre Lepezel). Gérard Schmitt défend le principe du concours contre certaines procédures de titularisation. La motion amendée est adoptée par 12 voix pour, 3 voix contre et 9 abstentions. L’idée de rédiger une autre motion portant exclusivement sur le nombre de postes aux concours est approuvée.

Motion 9, sur les services

Dans la mesure où l’assemblée générale a donné mandat au bureau pour rédiger une contribution à la commission Mathiot, deux paragraphes du texte initial deviennent caduques. La motion est adoptée à l’unanimité.

Motion 10, sur les postes

Nous exprimons notre préoccupation face à la baisse du nombre de postes aux concours dont nous venons de prendre connaissance ; une motion est rédigée et adoptée à l’unanimité.

La séance est levée à 16h45.

 

Motions adoptées

 

Motion 1, sur le programme

 

L’APPEP se reconnaît dans le double objectif défini par l’actuel programme des classes terminales : « L’enseignement de la philosophie en classes terminales a pour objectif de favoriser l’accès de chaque élève à l’exercice réfléchi du jugement, et de lui offrir une culture philosophique initiale. Ces deux finalités sont substantiellement unies. »

Elle considère que le principe de laïcité et l’exigence de liberté pédagogique sont les conditions de la réalisation de ces deux objectifs.

Elle est attachée à un programme de notions choisies parmi les plus communes, qui sont à la fois ordinaires et universelles, font écho à l’expérience familière de tout homme et renvoient à des usages véhiculés par la langue. Ainsi, elles ne sont pas des thèmes arbitrairement choisis, ni des concepts déterminés par l’histoire de la philosophie. Elles donnent l’occasion de réfléchir sa propre expérience et de clarifier ses représentations spontanées. Elles sont la garantie d’un programme qui ne suppose aucune orientation doctrinale et qui fait droit au pluralisme constitutif de l’enseignement de la philosophie.

Pour que le cours ne soit pas un simple survol de ces notions les plus communes, mais soit l’occasion, pour les élèves, de se les approprier et de les conceptualiser, l’APPEP demande la réduction de leur nombre.

Elle souhaite que les notions ressortissant traditionnellement à la métaphysique ne soient pas écartées du programme. D’une part, les questions qu’elles permettent de soulever relèvent autant que d’autres de la rationalité philosophique. D’autre part, elles intéressent les élèves, et on doit considérer comme un impératif qu’elles ne soient pas laissées au hasard des opinions et des émotions, mais examinées d’un point de vue rationnel et critique.

Les repères de l’actuel programme ont une vertu opératoire pour l’étude des notions et le traitement, par les candidats, des sujets proposés au baccalauréat.

La constitution d’une culture philosophique initiale passe par l’étude des auteurs de la tradition, dont la lecture favorise le décentrement d’avec soi et, par conséquent, le jugement critique. Dans les classes de la voie générale, l’APPEP demande donc que figure au programme le principe de l’étude suivie d’au moins une œuvre, en entier ou par extraits, articulée à l’étude des notions.

Elle souhaite que les professeurs choisissent librement un thème d’étude qui permette d’articuler les notions du programme à partir d’une perspective qu’ils jugent intéressante et utile aux élèves. Ce thème fera l’objet de l’interrogation du second groupe d’épreuves du baccalauréat.

 

Motion 2, sur le baccalauréat

 

L’APPEP est fermement attachée à l’examen anonyme et national du baccalauréat, premier grade de l’enseignement supérieur. Elle exige que la philosophie continue d’être une épreuve terminale de l’examen pour tous les candidats.

L’APPEP s’inquiète du projet d’extension du contrôle continu, qui, s’il était adopté, désorganiserait le travail dans les lycées, conduirait à des pressions des familles et des chefs d’établissement sur les professeurs, soumettrait les élèves à une évaluation permanente, incompatible avec la sérénité que l’enseignement exige et ferait dépendre la valeur du diplôme de la réputation de l’établissement.

L’écrit

L’APPEP est attachée à la dissertation et l’explication de texte.

La réflexion à laquelle la dissertation fait appel ne consiste pas à construire dans l’introduction un problème qui serait déjà compris dans tous ses aspects et que le développement ultérieur n’aurait plus qu’à instruire de manière presque mécanique. La dissertation apprend aux élèves à ordonner leur pensée, à instaurer un rapport critique aux opinions spontanées et, par la définition et la conceptualisation, à clarifier ce dont ils parlent. Par l’expérimentation et la formulation progressive de difficultés précises, elle les incite à hiérarchiser les opinions et les thèses, ainsi qu’à soutenir la position qui leur semble la plus consistante. Elle permet de sortir du relativisme naïf et d’apprendre la responsabilité intellectuelle.

L’explication de texte permet aux élèves de se confronter à une pensée singulière. Elle leur apprend à être attentifs à la logique et aux détails d’un raisonnement. Elle est l’occasion d’instaurer un rapport réfléchi et, en ce sens précis, critique au texte. Sa finalité n’est donc pas de rendre compte d’un problème qui serait en surplomb par rapport au texte, et dont celui-ci ne serait qu’une illustration. C’est pourquoi l’APPEP souhaite une reformulation de l’énoncé accompagnant le texte proposé aux candidats, qui lèverait cette ambiguïté.

L’APPEP souhaite que le plus grand soin soit apporté à la confection des sujets du baccalauréat.

Les sujets de dissertation doivent être formulés de façon simple, directe et aisément compréhensible par les candidats. Ils doivent explicitement interroger au moins une notion du programme.

L’idée principale des textes proposés à l’explication doit être aisément identifiable ; ils ne doivent pas contenir d’éléments dont la compréhension suppose la connaissance de la doctrine de l’auteur.

L’oral du second groupe

Les contraintes horaires empêchent de préparer convenablement les élèves à l’exercice spécifique qu’est l’explication d’un extrait d’une œuvre complète. L’APPEP souhaite donc une redéfinition de l’épreuve orale du baccalauréat.

Elle propose que le candidat soit interrogé sur le thème d’étude travaillé pendant l’année. Ainsi, le choix et l’étude de l’œuvre suivie seront libérés des contraintes de l’oral du second groupe.

 

Motion 3, sur la spécificité de l’enseignement de la philosophie dans la voie technologique

 

Pour que l’enseignement de la philosophie soit réellement profitable aux élèves, l’APPEP exige qu’ils bénéficient de trois heures, dont une doit être dédoublée.

Constatant l’inadéquation de l’épreuve du baccalauréat, qui ne permet plus une évaluation satisfaisante des copies d’examen, l’APPEP est favorable à sa redéfinition. Tirant les leçons des erreurs du passé, elle considère que toute position figée, qui ignore les pratiques professionnelles effectives, et toute imposition de réforme sont également vouées à l’échec. Elle demande donc qu’une réflexion collégiale qui engage toute la profession soit organisée. Elle prendra toute sa part aux discussions qui seront alors menées.

 

Motion 4, sur l’EMC

 L’APPEP est attachée à l’enseignement moral et civique, à condition qu’il prenne appui sur des savoirs disciplinaires.

Elle exige que les heures dévolues à cet enseignement soient effectivement dégagées dans tous les établissements et dans toutes les séries, tout particulièrement dans la voie technologique.

Elle demande que les professeurs de philosophie volontaires soient chargés de cet enseignement, dont le programme en classe terminale prolonge celui de philosophie.

 

Motion 5, sur l’enseignement de la philosophie en amont et en aval de la classe terminale

 

À l’articulation du secondaire et du supérieur, la classe terminale est le lieu naturel de l’enseignement de la philosophie.

L’APPEP juge intéressantes les actuelles interventions des professeurs de philosophie en seconde et première, à la condition qu’elles soient volontaires. Mais elle demande expressément que des bilans réguliers et détaillés de ces expérimentations soient publiés.

L’APPEP demande que les professeurs de philosophie soient associés à la formation des collègues qui se chargent, dans le premier degré et au collège, des discussions à visée philosophique.

Elle souhaite un renforcement sensible de l’enseignement de la philosophie en CPGE scientifiques, en BTS et en IUT ainsi que dans toutes les filières des études universitaires.

 

Motion 6, sur l’enseignement de la philosophie en lycée professionnel

 

L’APPEP souhaite l’introduction progressive et concertée d’un enseignement de la philosophie en lycée professionnel. Afin d’assurer cet enseignement, elle demande que la philosophie devienne l’une des disciplines de recrutement des professeurs de lycée professionnel dans le cadre des CPLP.

Elle veut être associée à l’élaboration du programme et à la définition des exercices adaptés aux besoins des lycéens de la voie professionnelle et à la structure du lycée professionnel.

 

 

 

Motion 7, sur la formation

 

L’APPEP rappelle que les concours de recrutement du second degré doivent rester nationaux dans le cadre de disciplines précises.

Elle s’oppose au recrutement local des professeurs.

Elle est attachée à une formation disciplinaire de haut niveau.

Elle considère que la philosophie doit occuper une place significative et plus importante qu’aujourd’hui dans la formation des professeurs du premier et du second degrés, et des CPE.

Elle demande que le service des stagiaires soit limité à huit heures et qu’ils bénéficient d’une formation disciplinaire consistante, principalement assurée par des professeurs qui conservent une charge d’enseignement au lycée.

Elle souhaite qu’une formation continue substantielle dans la discipline soit garantie à tous les professeurs de philosophie dans toutes les académies.

 

Motion 8, sur les professeurs contractuels

 

L’APPEP s’inquiète du recours croissant aux professeurs contractuels. Elle demande que leur soient assurées des conditions de travail qui ne fassent pas obstacle aux missions qui leur sont confiées ; qu’ils bénéficient à leurs débuts du soutien d’un tuteur et d’une formation ; qu’ils aient un droit plein à la formation ; que la possibilité de passer un concours spécifique, qui reconnaisse leur expérience, leur soit garantie ; que des possibilités de titularisation leur soient ouvertes.

 

Motion 9, sur les services

 

Les professeurs ont besoin de temps pour préparer leurs cours, corriger les copies de leurs élèves, mais également pour continuer à lire et se former. C’est pourquoi l’APPEP demande qu’aucun professeur n’ait plus de quatre classes.

Les élèves ont besoin d’un enseignement substantiel, qui ne soit pas une initiation superficielle à la philosophie. L’APPEP demande donc qu’aucun élève n’ait moins de quatre heures de philosophie en série générale.

L’enseignement de philosophie a également besoin de régularité et d’équilibre. Concentrer les heures de philosophie à certains moments de l’année scolaire renforcerait le bachotage. L’APPEP est donc hostile à la semestrialisation des enseignements et à l’annualisation des services.

 

 

Motion 10, sur les postes au concours de recrutement

L’APPEP s’indigne de la diminution du nombre de postes mis au concours de recrutement pour la session 2018.

Elle demande un nombre de postes qui réponde aux besoins et évite le recours massif à l’emploi de professeurs contractuels.